Vovez Stat. 15. Rich. II, c
[10 février 1306.] Le hasard fit que Comyn et Bruce arrivèrent vers la môme époque a Dumfries, probablement pour se rencontrer avec les nouveaux juges qui tenaient leur cour dans la ville. Bruce demanda une conférence particulière dans le chœur de réglise des minorités ; et le choix même de l'endroit autorise le soupçon que les deux chefs avaient des motifs de se tenir en garde l'un contre Vautre. Si ce fut le résultat d'une trahison préméditée, ou seulement l'impulsion soudaine de la colère, jamais on ne le saura; mais l'entrevue eut lieu ; la conversation s'échauffa, et Bruce plongea sa dague dans le sein de Comyn, le vit tomber, et courut à la porte de l'église. Il était pâle et agité ; et aux questions de ses serviteurs, il répondit : «Je crois que j'ai tué Comyn. — Vous ne faites que le croire?» s'écria un d'entre eux, et il s'élança avec ses compagnons dans l'église. Comyn respirait encore; et avec des soins convenables il aurait pu vivre. Les moines l'avaient transporté derrière l'autel ; et son oncle , sir Robert Comyn, avait été appelé a son secours. A l'approche des assassins, sir Robert tira son épée, et fut tué par Christopher Seaton, beau-frère de Bruce. Kilpatric se jetant sur Comyn, plongea son poignard dans le cœur du malheureux , qui ne pouvait se défendre i.
C'est tout ce que l'on connaît, peut-être plus que l'on ne connaît réellement, de la cause et des circonstances du meurtre. Mais les historiens écossais sont mieux informés. Ils nous disent que Comyn s'était obligé par serment et par contrat à appuyer la prétention de Bruce à la couronne ; qu'il livra ensuite le secrel à Edouard, qui, un soir après boire, révéla son intention de mettre toute la famille h mort; que le comte de Gloucester donna avis à Bruce du danger, en lui envoyant une paire d'éperons et douze sous d'argent ; que le patriote , pour empêcher qu'on nv suivît ses traces sur la neige, fit ferrer ses chevaux"** rebours, alla par des chemins de traverse de Londres h Lochmaben en sept jours; et rencontrant sur la route un piéton d'apparence suspecte, le tua, et trouva sur lui des lettres de Comyn à Edouard ; qu'il se rendit immédiatement à Dumfries, fit venir Comyn dans l'église, lui montra les lettres qu'il avait interceptées, et que,
1. Compare* Hem. 219. West. 453. Knvght. 2494. Wals. 91. Ford, xn, T. Halles, i, 292. La cause assignée par le vieux poète dont les vers ont été conservés par Fordun, est l'ancienne querelle entre les deux familles.
Causa sua? moitis est vêtus discordia fortis.
Ford, xn, 7.