‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 75 sur 563 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

tomba dans l'attaque, et ses hommes se rendirent aux assaillanis 1 [là mars]. Alarmés de ces pertes, les Ecossais qui tenaient encore pour les Anglais sollicitèrent du secours, et les habitants des trois comtés du nord se plaignirent d'être abandonnés par io roi aux incursions déprédatrices de leurs voisins. [1316] Enfin la nouvelle arriva que Mowbray, gouverneur de Stirling, avait consenti a rendre cette importante forteresse, si elle n'était point secourue avant la fete de saint Jean-Baptiste. Edouard, ostensiblement en paix avec ses sujets, jugea l'occasion favorable pour une expédition en Ecosse. 11 convoqua [27 mai], ses tenanciers militaires à Berwick, ordonna des levées d'infanterie dans le pays de Galles et dans les comtés du nord de l'Angleterre, et demanda assistance aux chefs des tribus irlandaises. Mais tous ses projets furent traversés par la discorde civile. Dans des conférences réitérées qui durèrent sept semaines, les ordonnances furent appuyées par les barons et repoussées par le roi : le clergé des deux ordres refusa une aide; et les comtes.de Lancastre, deSurrey, de Warwick et d'Arundel, et probablement beaucoup d'autres, influencés par leur exemple, désobéirent aux sommations. [18 juin] Uno semaine avant le jour fixé pour la reddition de Stirling, Edouard partit de Berwick; et quoique l'armée fût encombrée d'uno longue suite de chariots de provisions et de machines de guerre, il arriva dans le voisinage de Stirling la veille de la fête ?. Bruce avait employé le temps à faire des préparatifs pour le combat. Son armée, composée de trente mille hommes de choix, s'étendait du ruisseau de Bannock à droite au voisinage du château à gauche 3, et était protégée en front par des fosses étroites creusées

L Ford. xii. Barb. 211. Lel. Coll. Il, 546.

2. 11 est impossible de savoir au juste quelles étaient les forces d'Edouard. Fordun les élève ridiculement à 340,000 chevaux, et à un nombre égal de fantassins. Mais les vers qu'il cite comme autorité peuvent avoir un sens différent. Ford. XII, 21. Comme les plus puissants comtes ne vinrent point (Wals. 104,, ci que plusieurs autres furent excusés par les ordonnances royales (Rym. m, 476 , il est probable que la cavalerie n'était pas aussi nombreuse qu'à l'ordinaire. Celle d'Irlande ne parait pas être arrivée. L'infanterie convoquée par ordres aux shériffs montait à 21,540 hommes. Rym. m, 431. Lord Hailes, en contradiction avec Hume, fait la remarque que ces fantassins furent fournis par douze comtés et par quelques lords ; et que si tous les comtés et les barons d'Angleterre fournirent leur contingent dans une. proportion égale , l'armée doit avoir monté à un nombre immense. (Annal, n, 41.) Mais il n'y a pas de preuve qu'ils le firent. Les comtés en question fournirent 14,500 honimes, parce qu'ils étaient situés le plus près de l'ennemi : les 7,040 restants furent demandés au pays et aux marches de Galles, parce que le roi avait besoin d'hommes accoutumés à combattre dans les forêts et les montagnes, et « capables de chasser l'ennemi à locis fortibus et morosis, ubi equitibus difficilis patebit accessus. » Rym. m, 481.

3. La plupart des écrivains représentent les Ecossais comme ayant leur front

dans la terre et cachéos par des claies recouvertes de gazon, suffisamment fortes pour porter un homme à pied, et suffisamment faibles pour s'enfoncer sous le poids d'un chevalier armé et h rheval. Douglas et le grand maître commandaient le centre ; Kdouard Bruce était chargé de l'aile droite, et Randolf de la gauche. Les hommes d'Argyle, de Carrick et des îles composaient un corps de réserve ; et a distance dans une vallée étaient quinze mille hommes que le roi n'osait mener au combat, mais à qui il avait donné pour instructions de se montrer dans la chaleur de l'action comme une nouvelle armée accourant au secours de ses compatriotes1.

La veille de la bataille, il y eut une chaude affaire entre les avant-postes des deux armées, qui se termina en faveur des Ecossais. Bruce de sa hache d'armes fendit le crâne de Henri de Bohun, chevalier distingué; et ses troupes saluèrent la prouesse «le leur souverain comme un présage de victoire. Au point du jour [24 juin], ils s'assemblèrent autour d'une éminence, sur laquelle Maurice, abbé d'Inchaffray, célébra la messe, et harangua ses auditeurs sur le devoir de combattre pour la liberté de leur patrie. A la fin de son discours, ils répondirent par de bruyantes acclamations; et l'abbé, pieds nus, un crucifix h la main, marcha devant eux jusqu'au champ de bataille. Aussitôt qu'ils furent en ordre, il leur parla de nouveau, et quand il pria, ils tombèrent tous à genoux. « Ils s'agenouillent, s'écrièrent quelques Anglais; ils demandent merci. — Ne vous y trompez pas, repartit Ingelram d'Umfraville; ils demandent merci, mais c'est seulement à Dieu 2. »

11 est difficile de recueillir dans les récits contradictoires des écrivains écossais et anglais les particularités de cette bataille. Les Ecossais, a très-peu d'exceptions près, combattaient à pied, armés de haches d'armes et de lances. Le roi paraissait à leur tête, et portait les mêmes armes que ses sujets. L'attaque fut faite . par l'infanterie et les archers de l'armée anglaise; et le choc fut si terrible, la résistance si obstinée, que le résultat resta longtemps douteux. Bruce fut forcé de faire avancer sa réserve, et, comme

au sud , et S tirlin g derrière eux. J'ai suivi lord Hailes, qui décida le fait après inspection du terrain (n, 42). Il faut remarquer toutefois que Moor donne la même position aux Anglais. Ils combattirent le soleil dans les veux ; s'ils eussent .•ittendu jusqu'à midi, il eut été à leur droite. Moor, 594.

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