Roi. Pari i, 386. Ryley
m HISTOIRE D'ANGLE TKKKK.
du roi eurent parfois de la diticulté a se procurer du pain pour la table. Par malheur, la saison suivante fut extraordinairement pluvieuse et orageuse ; de sorte que les récoltes les plus précoces furent endommagées par la pluie, que les autres ne parvinrent pas à maturité, et avant Noël la disette de Tannée précédente avait doublé. Poursurcroît de calamité, un mal pestilentiel se jeta sur le bétail; et le manque de nourriture et l'insalubrité des aliments produisirent parmi le peuple des dyssenteries et autres maladies épidémiques. Le parlement, convaincu de son erreur par expérience, révoqua le maximum» [14 février J316] ; et le roi, a la suggestion des citoyens de Londres, fit fermer les brasseries, dans l'idée que, « sans cette mesure, non-seulement les indigents, mais les classes moyennes périraient inévitablement faute de nourriture. » Cependant les prix continuèrent de monter jusqu'à ce que le quarter de froment se vendît dix fois sa valeur ordinaire ; et les pauvres furent réduits a se nourrir de racines, de chevaux, de chiens et des animaux les plus dégoûtants. Ou rapporte même, ce que, pour l'honneur de l'humanité, nous devons espérer n'être pas vrai, que des hommes mangèrent les cadavres de leurs compagnons, et des parents ceux de leurs enfants 2.
La persistancé de cette calamité avait appris aux plus prodigues à ménager leurs ressources. Beaucoup de seigneurs renvoyèrent de leurs châteaux les nuées de domestiques et de créatures qui y fourmillaient d'ordinaire ; et ces infortunés, sans moyens honnêtes de subsistance, n'eurent d'autres ressources pour, vivre que de piller leurs anciens patrons, ou leurs voisins inofTensifs. Tous les comtés étaient infestés de bandes de voleurs, dont la rapacité désespérée ne pouvait être réprimée parla terreur ou par les châtiments de la loi. Les habitants furent forcés de se liguer pointeur propre défense ; les associations furent opposées aux associalions ; chaque parti se livra aux représailles d'une justice expéditive; et le pays entier ne fut qu'un vaste théâtre de rapines, d'anarchie et de meurtres 3.
Durant cette période d'une détresse sans exemple, les F.eossais, enhardis par leur dernière victoire et par la timidité de leurs ennemis, se répandirent a plusieurs reprises sur les frontières, ei ravagèrent avec impunité les comtés du nord. Sur la côte de l'est,