‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 84 sur 563 · Wals · texte numérisé non relu

Wals

CHAPITRE DEUXIÈME. t,w ils poussèrent leurs déprédations jusqu au Humbor ; sur celle de l'ouest, jusqu'à la rivière de Lune. Les tentatives des habitants pour arrêter les progrès des pillards aboutissaient invariablement it leur propre destruction; et les plus heureux étaient ceux qui étaient en état de payer de fortes sommes pour être épargnés des envahisseurs *. Tous les projets de défense ou de vengeance formés par le conseil du roi étaient dérangés par les dissensions qui existaient entre lui et les principaux barons. De part et d'autre, l'opiniâtreté était égale ; ils persistaient , eux à demander, lui a refuser l'exécution des « ordonnances. » S'il les sommait de remplir leur devoir on parlement, ou de raccompagner contre les Ecossais, ils alléguaient constamment que, jusqu'à ce que les ordonnances fussent mises en vigueur, leur présence pouvait être suivie de conséquences funestes pour eux-mêmes. Parfois, cédant à la force des circonstances, Edouard sembla y acquiescer. [17 février.] Pendant le parlement de Lincoln, le comte de Lancaster fut placé à la tête de l'administration'2, et les barons se flattèrent d'avoir enlevé leur mesure favorite. Mais le roi saisit chaque fois la première occasion de s'affranchir de la domination de ses sujets; et trouva toujours dans sa noblesse des personnes disposées a associer leur fortune a celle de leur souverain. Les deux partis se voyaient avec défiance et aversion : même lorsqu'ils vivaient en harmonie apparente, leur animosité réelle n'étoit qu'assoupie ; et le plus léger incident, un procès ou une querelle particulière, la réveillait plus furieuse que jamais. Ils s'accusaient Tun l'autre d'une alliance clandestine avec le roi d'Ewsse. Lancaster prétendit qu'en arrêtant un messager il s'était rois en possession de l'acte original signé par Edouard lui-même. U est difficile de croire que personne ait pu être trompé par un roensonge aussi palpable. Les royalistes rétorquèrent l'accusation, et entourèrent leurs assertions de tant de probabilités , que le comte jugea nécessaire d'offrir le gage de bataille a quiconque ocrait la renouveler.

Si le roi d'Ecosse comptait sur ces dissensions pour la sûreté de son royaume lorsqu'il alla au secours de son frère en Irlande,

1- Les habitants de l'évèché de Ripon payèrent 1,600 marcs, et l'année suinte les bourgeois en payèrent 1,000. Abbrev. Placit. 336. Rot. 60.

2. En 1316, le 3 mars, le comte accepta la présidence du conseil à trois contons : qu'il lui serait permis de s'en démettre , si le roi refusait de suivre son **» ; que rien d'important ne se ferait sans le consulter ; et que les conseillers '"utiles seraient congédiés de temps en temps par l'autorité du parlement. Ces éditions furent engistreeslà sa demande. Rot. Pari, i, 352.

ses espérances ne furent point déçues. Edouard s'empressa de se rendre à York, fit les préparatifs nécessaires, et convoqua ses tenanciers militaires à Newcastle; mais les grands barons désobéirent, et leur désobéissance fit perdre l'occasion propice. Cependant le roi resta plusieurs mois dans le nord ; et le plan d'invasion fut remplacé par quelques incursions de pillards, qui aboutirent généralement a la déconfiture des agresseurs. Il revint au sud pour recevoir les deux cardinaux Joscelin d'Ossatet Lucas de Fieschi, légats de Jean XXII, qui venait de monter sur le trône papal [1317], et espérait signaler le commencement de son pontificat en terminant la guerre destructive qui depuis plus de dix ans était allumée entre l'Angleterre et l'Ecosse. Les légats étaient porteurs de lettres d'exhortation pour chaque prince , et d'une bulle dans laquelle le pape, de sa propre autorité, proclamail une trêve de deux années, comme acheminement h une paix durable [18 juillet]. Edouard, après avoir consulté un grand conseil, se soumit respectueusement h un mandat qu'il avait probablement provoqué en secret; et immédiatement il parut des ordonnances royales pour la suspension des hostilités. Les cardinaux envoyèrent demander un sauf-conduit à Bruce, qui était de retour dans ses états, et attendirent sa réponse à Durham1. Après bien des difficultés et des délais affectés, les messagers furent admis en présence du roi. Bruce écouta avec un respect apparent l'exhortation du pontife , mais refusa d'ouvrir les lettres des légats, parce qu'elles étaient adressées au « noble seigneur Robert de Brus, le commandant de l'Ecosse.» Les messagers firent observer que tant qu'une contestation était pendante, il ne convenait point au saint-siége de donner à l'une des deux parties un titre qui pourrait porter préjudice au droit de l'autre : « Mais, dit Bruce, vous me donnez un litre qui porte préjudice à mon droit. Je suis roi, et reconnu comme roi par les'puissances étrangères.

1. Ils allèrent à Durhani en compagnie du lord Henri Beaumont et de son frère Louis, évèque élu de Durham. Entre Rushyford et Ferryhill, environ à six lieues de Darlin-ton , ils furent attaques tout à coup par une* bande de voleurs, qui s'étaient cachés dans le bois d'Asshe. Les cardinaux furent dépouilles de tout ce qu'ils avaient , mais ils eurent la permission de passer outre; les Beaumont furent retenus captifs jusqu'à ce qu'ils eussent payé des rançons exorbitantes. Rym. in, 663 669. Ang. B*c. i, 738. Gilbert de \îiddleton, capitaine des voleurs, à cause de l'arrestation de son cousin Adam de Svvinburn , avait appelé sous son étendard nombre de proscrits et d'aventuriers , et pillé impunément les comtes de Northu nberland et de Durham. Quelque temps après il fut pris par trahison dans le château de Mitford, et subit à Londres la mort des traîtres. Scala Vhron. in Lrl. Coll. n, 518. Pari. Writs, n. App. p. 118. Ahhvev. Placit. 3-20. Rot. 112. Les biens-meubles de Middleton furent évalués à «615 1. 12 s. 1 d., ses terres à 98 1. 1 s. 4 d. par an. Ibid.

Page 1