II
jusqu'au Forth, fut forcé de revenir sans avoir accompli aucune aclion d'éclat ni fait une seule conquête : et ce ne fut pas la seule honte. [15 sept.] Ayant nommé des gardiens des Marches et licencié son armée, il restait en sécurité dans le Yorkshire; mais les Ecossais avaient formé lo plan de le surprendre. Marchant jour et nuit, ils parurent soudain [\k oct.] devant l'abbaye de Biland, où le roi était, attaquèrent les chevaliers qui raccompagnaient, et prirent Henri de Sully, seigneur français, et Jean de Bretagne, comte de Richmond. Edouard s'enfuit précipitamment a York. Les Ecossais l'y suivirent, restèrent jusqu'au soir devant les portes, défiant la garnison, et à leur retour ravagèrent la contrée sans rencontrer d'opposition
On crut généralement que cette incursion des Ecossais avait dû s'effectuer de connivence avec quelque commandant des frontières ; et le soupçon du roi s'arrêta bientôt sur Harclay, qui, en récompense de ses services , avait reçu le comté de Carlisle , et avait été fait gardien des Marches de l'ouest. On découvrit qu'il avait entamé une négociation avec le roi d'Ecosse. Quand Edouard l'invita a sa cour à York, il refusa d'obéir; et bientôt après sir Henry Fitz-Hugh l'arrêta par ordre du roi [3 mars 1323]. Il était accusé de s'être obligé , par écrit et par serment , à maintenir Bruce et ses héritiers sur le trône d'Ecosse; d'être convenu de nommer conjointement avec ce prince douze personnes qui régleraient les affaires des deux royaumes, et d'avoir décidé beaucoup de gens à jurer l'observation de ce traité. Si ces faits étaient vrais, nous devons en conclure que l'élévation de Harclay avait altéré son jugement, ou qu'il avait consenti à devenir l'agent de la faction de Lancaster, qui, bien qu'elle languît dans un état d'abaissement, n'avait pas abandonnné l'espoir de la vengeance. Il fut dégradé, et subit dans toute sa rigueur la punition des traîtres 2.
1. WaU.,117. MoorôOfi. Barb. 385-394. Ford, nu, à. Pour l'aider dans cette expédition, les commerçants, et non le parlement, lui accordèrent un droit additionnel d'un an sur l'exportation des laines et des cuirs. Varh Writs, il. App. 229.
2. Rym. ni, 98.5, <»rtflfH'.>l, 999, 1000. Voici la substance du jugement: Attendu que notre seigneur le r ù, en raison de la loyauté qu'il croyait avoir observée en vous, Andrew Harclay, vous fit comte de Carlisle, et'de sa propre main vous ceignit do l'épee et vous donna un fief du comté, avec chlteaux, villes, terres et tenements, pour soutenir le rang de comte, et que cependant vous avez traîtreusement, faussement et malicieusement été à Robert Bruce pour le maintenir en opposition à la volonté du roi, cette cour décrète que vous serez dégradé, et pérorez le titre de comte pour vous-même et vos héritiers à toujours, et que vous serez dépouillé de votre épée, et que vos éperons d'or seront arrachés de vos talons. Et attendu que vous Andrew, homme lige de notre seigneur le rofr, contrairement à votre hommage, foi et allégeance, avez été traîtreusement à Ro-