‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 95 sur 563 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Enfin la guerre destructive qui , à quelques intervalles près , avait duré vingt-trois ans , et avait plusieurs fois répandu le carnage et la misère sur la moitié de l'Ecosse et sur les comtés du nord de l'Angleterre, commençait à tirer h sa fin. Bruce sentait que son royaume avait besoin d'une longue tranquillité pour réparer les désastres cle tant de campagnes; et les deux nations conclurent une suspension d'armes de treize ans, qui devait rester en vigueur jusqu'à l'expiration de ce terme, môme en cas de mort d'une des parties contractantes, ou de toutes les deux».

En paix avec les nations étrangères et avec ses sujets, Edouard pouvait maintenant espérer de jouir de la tranquillité à laquelle il était depuis si longtemps étranger. Mais le parti de Lancaster n'était pas éteint, ni sans espoir de sortir de ses cendres. Dans le peuple en général, et particulièrement dans le clergé, il inspirait une forte sympathie. On regardait le comte et ses compagnons comme les champions des libertés; on révérait comme des martyrs ceux qui avaient été exécutés ; il circulait des bruits de cures miraculeuses opérées à leur intercession. Edouard et ses ministres * n'ignoraient pas cette popularité de leurs adversaires, et l'apparition soudaine de bandes armées dans plusieurs comtés, la surprise audacieuse du château de Wallingford par un chevalier nommé Walton, et la découverte d'un complot pour assassiner le vieux Spenser, excitèrent et redoublèrent leur méfiance. Ils réussirent à prévenir une tentative qui avait pour but de délivrer de prison quelques-uns des chevaliers pris à Boroughbridge ; cependant un des captifs, Roger lord Mortimer de Wigmore, l'homme dont ils craignaient le plus l'activité et le ressentiment, eut le bonheur d'effectuer son évasion. 11 avait été deux fois convaincu de trahison, et deux fois il avait du sa vie a la clémence du roi. Las de sa détention 2, il corrompit la fidélité de Girard d'Asplaye, un des officiers de la Tour, qui, dans un repas donné aux gar-

bert Bruce, l'ennemi mortel de notre seigneur le roi, etc., cette cour décrète que, pour cette même trahison , vous serez traîné au gibet , pendu et décapité ; — que votre cœur, vos boyaux et vos entrailles, d'où sortirent ces traîtresses pensées, seront arrachés et réduits en cendres, et que les cendres en seront dispersées au vent, et que votre cœur sera divisé en quartiers et envoyé à Carlisle, Newcastle, York et Shrewsbury, et que votre tète sera placée sur le pont de Londres pour l'exemple , afin d'apprendnyuix autres à ne pas commettre de pareilles trahisons contre leur seigneur lige. Rym. 099. Pari. Writs, n. App. 262. Il est question ici d'éventrer et de couper en quartiers; mais le lecteur observera que cela ne devait point avoir lieu quand la victime était encore- en vie, mais après la décapitation.

Page 1