‹ Histoire d'Angleterre (volume 4)Chapitre 96 sur 563 · Rym · texte numérisé non relu

Rym

2. Packington dit qu'il avait reçu avis qu'on voulait l'exécuter- Lel Coll. n, 467 . .

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diens [2 août], mêla une drogue soporifique à leur boisson. Tandis qu'ils dormaient, Mortimer passa, au travers du mur de sa chambre, dans la cuisine du palais attenant : une échelle de cordes l'aida a monter et à descendro plusieurs murailles; et un bateau qui était au bord de l'eau le transporta de l'autre côté de la Tamise. Là il trouva ses domestiques et des chevaux, gagna la côte du Hampshire, et s'embarquant sur un navire qu'on lui avait préparé, il s'évada en France. Edouard, ignorant la direction qu'il avait prise, envoya de plusieurs côtés l'ordre de l'arrêter. Mortimer entra au service de Charles de Valois, et peu de temps après assouvit sa vengeance sur le prince qui s'était abstenu de lui ôter la vie, qu'il devait perdre d'après la loi l.

Charles le Bel venait de succéder h son frère Philippe le Long sur le trône de France. Il est impossible de se faire une idée précise de l'objet réel de ce prince dans la querelle qu'il eut avec le roi d'Angleterre : la seule chose évidente, c'est qu'il cherchait des prétextes a hostilités, et rejeta avec dédain les offres les plus

* honorables. Il se plaignait de ce qu'Edouard n'avait point assisté h son couronnement, et ne lui avait pas fait hommage pour la Guienne; et de ce que sa ville de Saint-Serdos avait été Illégalement détruite par le sénéchal de ce duché. Le roi répliqua qu'il n'avait point été sommé de faire hommage ; que la ville de Saint- Serdos était notoirement sur son territoire; qu'il ignorait la conduite de son sénéchal : mais que cet officier, .s'il avait mal agi, en répondrait devant la cour du duché. En môme temps il offrit de faire hommage à un jour marqué, si l'armée française était retirée de la Guienne, et de soumettre le sujet de leur querelle h l'équité des pairs de France ou h l'arbitrage du pape [22 sept. 1324]. Mais Charles fut inexorable; son armée inonda l'Agenois ; et ce ne fut que par la reddition de la Réole, la dernière forteresse de cette province, qu'Edmond, comte de Kent et frère d'Edouard, put acheter une trêve de quelques mois2.

Durant cet intervalle, le pape employa toute son influence a rétablir la paix entre les deux rois. Edouard, quoiqu'il eût fait des préparatifs pour une expédition en Guienne, se déclara prêt h faire tous les sacrifices compatibles avec son honneur; Charles, au contraire, ne parlait que de conquôtes, et refusa avec hauteur d'écouter aucune proposition. Cependant il fut artificieusement

1. Ahhrev. Placit. p. 343- Rot. 37. Rym. iv, 7, 9, 20, 22. Knyght. 2543. Moor, 596. Bîande, 84.

• 2. Rym. iv, 00, 95, 100. Wals. 120, 121.

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suggéré aux envoyés du pape, que si la reine d'Angleterre venait à la cour de France, le roi pourrait accorder aux sollicitations d'une sœur ce qu'il refusait h un négociateur indifférent1. Edouard tomba dans le piège : Isabelle se rendit en France avec une suite brillante [31 mai 1325]; et on conclut un traité qui rappellera au lecteur la déception commise sous le dernier règne au sujet de ce même duché. Les troupes de Charles devaient se retirer sur son territoire, celles d'Edouard aux environs de Bayonne : la possession de la Guienne devait alors être donnée au roi de France, qui nommerait un sénéchal agréé des deux parties, et rendrait cette province à Edouard dès qu'il aurait fait hommage, mais garderait l'Agenois jusqu'à ce que son droit eût été jugé par les pairs de France, et si la sentence n'était point en sa faveur, jusqu'à ce qu'il eût été indemnisé des frais de la guerre *. Quand ce traité ignominieux fut communiqué à Edouard, on le requit de répondre dans le courant de la semaine : son conseil, tenant à éviter le blâme, refusa de donner un avis sur un sujet qui exigeait la décision de son parlement; et le roi, au bout de quelques jours, approuva à contre-cœur les conditions qui avaient été stipulées par sa . femme. 11 se mit alors en roule pour la France [30 juillet], afin de faire hommage à Beauvais; mais il fut retenu à Douvres par une maladie, et envoya un messager à Charles pour en expliquer la cause de son retard 3 \L2U août]. Le noir complot qui étonna bientôt les nations de l'Europe était-il déjà formé? nous n'avons aucun moyen de le savoir; mais on fit réponse que si Edouard voulait transférer la possession de la Guienne et du Ponthieu à son fils, Charles, à la prière d'Isabelle, recevrait l'hommage du jeune prince aux conditions auxquelles il avait consenti à recevoir celui du père. L'offre fut acceptée, quoiqu'elle eût un caractère suspect : les résignations nécessaires furent faites ; et le jeune Edouard, enfant de douze ans> après avoir promis à son père de hâter son retour et de ne point se marier pendant son absence, fit voile avec une suite brillante pour la côte de France4 [iU sept.]. Mais à l'étonnement général, quoique la cérémonie eût été promptement accomplie, semaines sur semaines s'écoulèrent, et ni la mère ni le fils ne parurent disposés à retourner en Angleterre.' Morlimer avait rejoint Isabelle à Paris ; il fut fait premier officier de sa

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