CHAPITRE DEUXIEME
seins, toutefois, commencèrent a se dévoiler. On leva des troupes en son nom : les barons de la faction de Lancaster furent requis de se joindre à elle à son arrivée en Angleterre ; les bruits les plus déshonorants pour le roi circulèrent et dans le royaume et à l'étranger, et les seigneurs de la Guiennc reçurent du jeune prince des ordres opposés a ceux qu'Edouard avait donnés comme administrateur pour son fils. Parmi les envoyés du roi h la cour de France, Tévêque d'Exeter, ministre d'une intégrité irréprochable, était principalement odieux au parti; et une tentative contre sa vie le força de retourner en Angleterre [1326]. 11 fut suivi de la plus grande partie de ceux qui avaient composé la suile de la reine et du prince, et qui étaient congédiés pour qu ils ne pussent être employés à espionner sa conduite* Fn même temps le roi de France, pour distraire l'attention ou multiplier les embarras du gouvernement anglais, envoya des troupes faire des incursions en Guienne. Edouard comprenait bien le danger de sa situation. Il ordonna [3 janvier] d'arrêter les colporteurs de fausses nouvelles, et de saisir toutes les lettres suspectes envoyées a l'étranger ou en venant; il écrivit de nouveau [18 mars] et dans des termes plus énergiques à son fils et au roi de France; et il finit par déclarer la guerre à ce dernier [1*2 juin], tant pour l'invasion de la Guienne que pour la détention de sa femme et de l'héritier présomptif de sa couronne 1 [6 juillet]. Charles, qui affectait toujours d'ignorer le deshonneur de sa sœur, se décida enfin, sur une lettre du pape pleine de sévères mais justes reproches, à la renvoyer de Pans; mais il lui avait en secret préparé un asile à la cour de son vassal, Guillaume, comte de Hainaut. La tous ses
par votre faute (si vous voulez bien vous le rappeler) nous vous avons adressé, comrT.e nous le devions, des paroles de correction en secret, suis aucune autre marque de sévérité. Et vous ne devriez pas , tant à cause de Dieu et des lois de la sainte Eglise, que de notre honneur et du vôtre, pour aucune raison temporelle, transgresser nos commandements , encore moins éviter notre compagnie. C'est pourquoi nous vous commandons et nous vous sommons , laissant de côté toutes feintes raisons et excuses, de nous venir immédiatement en toute hâte. » A Westirinster, 1" déc. — :V Du roi au prince. Après lui avoir ordonné de revenir, et de refuser son assentiment à tout mariage, le roi ajoute le postscriptum suivant : « Edouard, mon beau fils, quoique vous soyez d'un âge tendre, prenez tendrement nos commandements à cœur, et remplissez-les humblement et promptement, si vous voulez échapper à notre colère et terrible indignation , et si vous tenez à votre intérêt et à votre honneur. Et ne suivez aucun avis contraire à la volonté de votre père , comme le sage roi Salomon nous l'enseigne, et faites-nous dire immédiatement ce que vous comptez faire; en sachant ceci, que si nous vous trouvons dorénavant désobéissant à notre volonté, nous prendrons soin que vous vous en ressentiez jusqu'au dernier jour de votre vie, et que tous les autres fils apprennent par votre exemple à ne point désobéir à leur seigneur et père. » (Rym. iv, 1 Si, 212).