CHAPITRE Vlll
ni ers retrouvèrent leur liberté après une courte détention, et des soumissions convenables (1).
Si Jacques condamnait comme souverain l'ambition du palatin, il compatissait comme père aux malheurs de sa fille et de ses enfants. Jusqu'à présent tous ses efforts en leur faveur avaient été sans succès; sa dernière querelle avec le parlement avait ajouté à ses embarras, et il ne lui restait d'espoir que dans l'amitié et la médiation du roi d'Espagne. Plusieurs années auparavant, il avait cherché à se lier avec la France, en demandant la main de Christine pour Henri, son fils aîné, et à la mort de Henri, pour Charles, le seul fils qui lui restât (2). Les artifices de la cour de France prolongèrent la négociation pendant trois ans, et j elle se termina par le rejet absolu des conditions proposées par Jacques. Le duc de Lcrme, ministre d'Espagne (16! 7), saisit le moment favorable pour offrir l'infante dona Maria à la place de Christine, bien qu'on ait lieu de j croire qu'il n'avait pas l'intention de conclure i ce mariage, et qu'il ne mettait ce projet en avant que comme un appât , pour détourner le roi d'Angleterre de sa liaison avec la cour de France. Jacques , toutefois , reçut avec joie cette proposition , dans l'idée que les richesses du père procureraient à la princesse une dot considérable , et qu'il trouverait dans ce puissant monarque un allié plus important. Ses intentions furent vivement secondées par Gondomar, l'ambassadeur d'Espagne, et par Digby, depuis comte de Bristol , ambassadeur d'Angleterre à Madrid, qui tous deux regardaient l'accomplissement de ce mariage comme un gage de leur future grandeur. Par leurs soins, la difficulté la plus grave, la différence de religion, fut surmontée en apparence : vingt articles, qui j assuraient à la princesse le libre exercice du culte catholique en Angleterre (1620,27 avril), furent approuvés par les deux souverains, cl Jacques consentit à promettre au roi d'Espagne qu'il ne souffrirait plus que les prêtres catholiques fussent exécutés, sans autre motif que
(1) Rusvrorth, i , 55.
(2) Henri mourut le 6 norerobre, et le 9 du même mois oo proposa à sa place le prince Charles a la prinresse, tant Jacques désirait former celte alliance, tl tant il montrait d'indifférence pour la perle de son fils. Birch, 3*2.
d'avoir exercé leurs fonctions, et qu'il accorderait aux catholiques réfractaires toute la tolérance qui serait en son pouvoir (1). Quoique la négociation fat tenue secrète, son objet transpira ; le clergé et les plus zélés de ses auditeurs annoncèrent que la religion courait le danger de voir le rétablissement du papisme; d'où résulta la pétition des communes, qui amena la dissolution du parlement.
Les dernières infortunes du palatin stimulèrent de nouveau les efforts de Jacques , qui voyait, dans une alliance de famille avec l'Espagne , le seul moyen possible de conserver à son gendre ses États patrimoniaux. Mais son ardeur fut cruellement réprimée par la temporisation proverbiale du cabinet d'Espagne, et par la répugnance de Philippe à confier sa fille, enfant de douze ans , à une cour où l'on pouvait la détourner de la foi de ses pères. Mais Philippe mourut, et l'avènement de son fils, Philippe IV, ranima les espérances du monarque breton. Jacques et Charles écrivirent tous deux au nouveau roi et à son favori Olivarcz (14 mars) : ils engagèrent Gondomar à retourner en Espagne ; Digby, le nouveau comte de Bristol , le suivit, pour accélérer la négociation; et il arriva bientôt une réponse favorable, qui exprimait un vif désir , de la part de Philippe, de conclure le mariage de sa sœur, et son intention, à la demande de Jacques, d'interposer ses bons offices en faveur du palatin (2).
Comme démarche préparatoire, le roi d'Espagne devait demander au pape une dispense, par l'intermédiaire de son ambassadeur, le duc d'Albuquerque, et du père Maestro, ecclésiastique attaché à la légation espagnole en Angleterre. H avait été convenu que Jacques ne paraîtrait pas dans la négociation ; mais telle élait son impatience, qu'il dépécha à Rome George Gage, gentilhomme catholique, avec des lettres pour le pape et pour les cardinaux Ludovisio et Bandini , tandis que Buckingham, son favori , employait au même dessein Bennet , prêtre catholique , et agent du clergé séculier (3). Le pontife répondit à la requête de ces envoyés, qu'il ne pouvait accorder la dispense
(i\ Voye i la lettre dans l'rynoe , p. 8.
Ci! Rnsworlli , i , 56
r.y Vnyf * la note R a la fin du rolume.
canonique qu'autant qu'il en résulterait un avantage pour l'Église; que bien que Jacques eôt fait de grandes promesses au dernier roi d'Espagne, il n'en avait encore tenu aucune , et qu'il devait d'abord soulager les catholiques du poids de ses lois pénales, ce qui servirait de base suffisante à la dispense (I).
Ces insinuations ne furent pas perdues pour le roi d'Angleterre (1622, 25 juill.). 11 ordonna au chancelier d'accorder leur pardon, sous le grand sceau (12 août) , à tous les catholiques réfraciairesqui le réclameraient dans le cours de cinq ans, et il autorisa les juges à mettre en liberté, dans leurs tournées, tout réfractairc qui pourrait et voudrait donner caution de sa comparution ultérieure. Cette indulgence éveilla les craintes des zélateurs, et, pour apaiser leurs plaintes, Williams allégua (17 sept ): 1° qu'il était devenu nécessaire d'apporter quelque modification aux rigueurs précédentes, pour satisfaire les princes catholiques, qui menaçaient d'établir contre les protestants , dans leurs Ktats. des lois semblables à celles qui pesaient sur les catholiques en Angleterre; 2° que ces adoucissements étaient au fond assez insignifiants : car si les réfractaires n'étaient plus en prison, «ils avaient toujours les fers aux pieds,» et pouvaient être repris à volonté; 3° qu'il n'en résulterait aucun danger pour la suprématiedu protestantisme, puisque l'indulgence ne s'étendait ù aucun des prisonniers détenus pour des actes religieux, que la loi j avait classés au rang des crimes capitaux. Mais j si ces arguments étaieut propres à apaiser les | prolestants, ils alarmèrent les catholiques : o i j soupçonna Jacques d'agir avec sou ancienne ; duplicité, et lorsque Gondomar se vanta, en Espagne, que 4,000 catholiques avaient été délivrés de prison, on lui répondit qu'ils avaient toujours «les fers aux pieds,» et qu'ils ne jouiraient de cette liberté qu'aussi longtemps qu'il conviendrait au roi (2).
( 0 1-fltre manuscrite de Bcnnct ,cn ma possession. Pr) niic, p. 8. Il parait , d'après les Mémoires de Hardwirke , que, duranl ce» nécociations, le roi écrivit dciu lettres,! detu différents papes. I* plu* grand secret fut observé. I*a ! seule chose qu'on ait memionnée de leur contenu , c'est j la demande faite au pape de retirer les jésuites des pojt- : sessions britannique* Mémoires de llardw., i, 458 . 4<î9
'21 Oodd, il. 419. Cabata, 291-205. Kuswortb, i. I.". Piymtc, 13 .11, 15.
Tandis que le roi négociait en faveur du palatin, les ennemis de ce prince avaient ouvert la campagne. Ileidelberg s'était rendu; Manheim était menacé; et, selon toutes les apparences , peu de semaines allaient enlever pour jamais au palatin les derniers restes de son patrimoine. Ces nouvelles réveillèrent l'énergie de Jacques, qui se plaignit de résultats si différents de ceux qu'il devait attendre de l'intervention de la cour d'Espagne (3 oct.) , et qui ordonna à Bristol de revenir en Angleterre, s'il ne recevait sous dix jours une ré|»onsc satisfaisante (I). Mais Philippe lui démontra que le blâme ne pouvait lui en être imputé : il ordonna aux troupes qu'il avait dans le Palatinat d'agir d'accord avec celles de Jacques, et le traitéde mariage marcha rapidement verssa conclusion. Jacques et son fils signèrent les articles religieux relatifs à lïnranle (1623, ôjanv ), après plusieurs corrections faites a Rome, et promirent de plus, sur leur parole de roi et de prince, que les catholiques n'éprouveraient plus de persécution ni de contrainte, pourvu qu'ils bornassent l'exercice de leur culte aux maisons particulières (2). On arrêta que la dot de la princesse serait fixée a 2,000,000 de ducats: que les fiançailles seraient célébrées quarante jours après la réception de la dispense, et que la princesse partirait, trois semaines après, sous la conduite de don Duartc de Portugal. Les deux derniers points de la discussion, l'époque de la consommation du mariage, que les Espagnols désiraient retarder de quelques mois, et les termes du payement de la dot , que l'une des parties voulait éloigner et l'autre rapprocher, furent même, après quelques débats, fixés à l'amiable (2 mars); et Bristol et son
(I) A cette dépêche , cependant, était jointe une noie particulière qui défendait a Bristol de revenir sans de nouveaux ordres, • quoique , disait Jacques, tous deviez dire ouvertement et publiquement le contraire, afin que nuis puissions nous en appuyer auprès du parlement , s< lon qu'il conviendra à notre service. • Pryune , 20.
(2' Les articles avec les corrections ont été publiés dans le Mercure français, ix, 517, et dans Dumont, tiorps diplomatique , 5' partie , u , p. 432, mais plus correctement par Prynne, p. 4, oii la première colonne contient les articles convenu» par Jacques et Philippe III, cl la seconde, ci s mêmes articles, corrifiés par (irér.oire XV. Voyez aussi 1rs Mémoires de Clarendon, i.
CHAPITKK VIII.
coadjuteur Aston, l'ambassadeur résident , se félicitèrent réciproquement d'avoir amené à une issue favorable celle longue et difficile négociation (1).
Ce fut à ce moment même que deux étrangers, qui se donnaient les noms de John et de Thomas Smith, arrivèrent, sur le soir (7 mars), à l'hôtel du comte de Bristol , à Madrid. C'étaient le prince de Galles et le marquis de Buckingham , qui avaient quitté l'Angleterre à l'insu de tous, excepté du roi, et qui s'étaient rendus déguisés , et suivis de trois personnes seulement, dans la capilale de l'Espagne (2). L'idée de ce voyage extraordinaire provenait d'abord de Gondomar, durant son ambassade, l'été précédent , et les dépêches que l'on avait reçues de cet ambassadeur en avaient hâté l'exécution. Il se présenta à la jeune imagination de Charles, comme une aventure romanesque qui effaçait en galanterie le célèbre voyage de son père pour demander Anne de Danemark ; Buckingham s'en promettait quelque chose de plus que du plaisir, la gloire de terminer un traité qui, depuis sept ans, tenait les nations en suspens, et l'occasion de fonder son crédit, non-seulement dans l'esprit du prince, mais dans celui de la future épouse (3).
Bristol reçut ses honorables hôtes avec tout le respect dù à leur rang, mais sans témoigner aucune surprise. D'après ses conversations avec Gondomar, il avait deviné ce projet de voyage , et pour le prévenir il avait récemment expédié un messager qui avait passé les voyageur* dans le voisinage de Bayonne (4). Mais quoiqu'il affectât un air de satisfaction, il éprouvait le plus vif désappointement. Buc-
(I ; Mémoire de Hardwickc, 400, 404, 4%, 49S. Prynne, 14, 25. Mémoires de i.larcridon , p. i , App., x\x.
(2) Sir Francis Cottington , Endymion Porlcr, et sir Richard Grabam.
(3) Lettre* de Howell, 10* édiiion , p. 132. Ellis, Lettre» original?*, m, 131. Le comte de Bristol observa devant le» lord» que le voyage avait été arrêté entre Buckingham et Gondomar, et qu'il le» CD convaincrait. Journaux , 485, 610. Buckingham , cependant, assura, dit Gerbier , que c'était lui même qui l'avait conçu. Il espérait par la sauver le Palalinat , ou du moins mettre a l'épreuve la sincérité des Espagnols. D'israeli , ui , 412. Manuscrits de Sloane, 4,181.
(4) Le prince l'arrêta , ex ouvrit se» dépêches ; mais ne pouvant les dérhi'frcr, il le laissa continuer. Mémoires de Uardwirlf, i , 103
kingham s'interposait entre lui et l'achèvement de ses travaux , et il prévoyait que si l'arro- ! gance et les dérèglements du favori ne rompaient point le traité, sa rapacité et son ambition en recueilleraient tout le profit et toute la gloire.
Le roi, la noblesse, et la population de Madrid, curent l'air de ne savoir comment témoigner leur joie de cet événement inattendu. Le prince fut reçu avec tous les honneurs que l'ij magination espagnole put inventer : les prisons : furent ouvertes ; on lut remit la dispensalion des faveurs; on lui donna le pas sur le roi lui- : ineme, et on lui offrit deux clefs d'or qui lui permettaient l'accès des appartements royaux à toute heure (1) ; on regardait sa visite nonseulement comme une preuve de sa confiance dans l'honneur espagnol et comme un gage de son attachement pour la princesse , mais aussi comme un avant-coureur de sa conversion à la foi catholique. Cet espoir avait été déjà donné par Gondomar, et il y a lieu de croire que ce n'était pas sans fondement. Au milieu des assertions contradictoires de Buckingham et de Bristol, qui s'accusèrent ensuite réciproquement d'avoir conseillé celte mesure, il est difficile de distinguer la vérité; mais dans la première lettre que les deux voyageurs adressèrent au roi, pour annoncer leur arrivée (16 mars), ils demandèrent jusqu'à quel point ils pouvaient consentir à reconnaître l'autorité du pape. Quel que fût leur but, en présentant cette question extraordinaire (25 mars), il se trouva manqué par la réponse positive de Jacques (*2\
(1) Elli», m , 142. Jacques écrivit a ce sujet : • l/s nouvelles que vous me donnez de votre glorieuse réception me font craindre que vous ne méprisiez ici votre vieu» pere, » p. 13'J.
(2) • Si le pape ne veut pas accordt-r la dispense , nous serions bien aise d'avoir vos instructions pour savoir jusqu'à quel poiut nous pouvons nous engager a reconnaître l'autorité spéciale du pape , car nous pensons que , si vous consentiez à reconnaître le pape comme chef de l'Eglise de Jésus-Christ , le mariage se ferait sans lui • (10 mars). Le 25, Jacques répond «qu'il ne sait ce qu'ils veulent dire en parlant de reconnaître la suprématie spirituelle du pape- Sans doute , ils ne voudraient pas qu'il renonçât à sa religion pour le monde entier. Peut-être
' font-ils allusion à un passage de son livre, où il dit que, si le pape abandonnait son droit divin et son autorité sur tes rois , il le reconnaîtrait pour le premier évêque , auquel tou* le» appel* des ecclésiastique» devraient êlc*
ario HISTOIRE D'A
Cependant le prince n'hésila pas à promettre, « n réponse à une lettre du pontife, qu'il s'abslicndrait de tout acte d'hostilité contre la religion catholique romaine, et qu'il chercherait toutes les occasions d'effectuer la réunion des deux Églises (1).
En Angleterre, la soudaine disparition du prince avait excité la surprise et l'alarme : la nouvelle de son arrivée en Espagne, quoique célébrée , d'après les ordres du roi , par le son des cloches et par des feux de joie, fut reçue avec de vives marques de désapprobation. Mais Jacques resta fidèle à sa parole. Il refusa d'écouter ceux qui le blâmaient, et les faiseurs de remontrances (2) ; il envoya à Charles des officiers, des chapelains et des bijoux, et il éleva Buckingham au titre de duc, afin qi;e son rang pot égaler celui des grands d'Espagne les plus orgueilleux. Telle était l'aveugle confiance de ce prince, qu'il consentit de plus, sur la demande des deux coureurs d'avcnlurcs, à ce que leurs démarches fussent cachées à la connaissance du conseil , et qu'il s'engagea solennellement, par une promesse écrite , à ratifier tout ce qu'ils pourraient conclure avec
portés en dernier reswrt. C'en tout ce que sa conscience lui permettait de faire. Il n'ett pas homme à changer de religion, comme il change de chemise quand il revient du jeu de paume.» Mém. de Hard. , n, 401-411.
(1) < Ab omni deinuin actu teinperabimus, quialiquam
• prsc se speciem ferai nos a romana catholica religione
• aLtborrere, sed omw» polius captabimus occasiones,
« quo... in Ecclesiaiu unam uuanitniter coalesramus » Ib., [ i , 453. Cette lettre, dit lord Uareudon , est , avec votre ; permission, plus qu'un compliment , et Urbain VIII l'appelle : • lutteras t stes suas in romanos pouliâces volun-
• laiis.. Rusbwortb,i,91
(2) Parmi eux se trouvait l'archevêque Abbot, et sa lettre prouve combien son zele était amer comme théologien , et combien ses principes étaient solides comme homme d'Étal : • Par voire acte, dit-il au roi , vous travaillez à relever la damnable ei hérétique doctrine de
l'Église de Rome Vous vous montrez le patron de ces j
mêmes doctrines que votre conscience vous annonce j comme superstitieuses, idolâtres et détestables. Ajoutez ; & cela ce que vous ave? f a t en envoyant voire fils en fcs- \ pjf;i»e, sans le consentement de votre conseil et à Pinsu de votre peuple. Croyez, sire, que lors même qu'il reviendrait sain et sauf, les promoteurs de ce voyage ne ' resteront pas pénibles ni impunis D'ailleurs , cette tolé- [ rance.que vous avez essayé d 'accorder par une proclamation , ne peut f ire autorisée que par le parlement , S moins * que Votre Majesté ne veuille montrer a ses sujets qu'elle . s'attribue la faculté de renverser a sa xolotilé les loi» du 1 pays. . Pi y nne. 40 Rnsbworth, R5.
NGLETERRE.
le ministre espagnol (1). Jamais souverain ne se trompa d'une manière plus ridicule. Baby Charles et son chien Steenie (tels étaient les noms élégants qu'ils se donnaient eux-mêmes dans leurs lettres) se montrèrent au-dessous de la lâche qu'ils avaient entreprise. Charles fut imprudent, Buckingham vindicatif: au lieu de faire un mariage, ils entraînèrent le roi, sans défiance, dans une guerre ; et la douleur et les tracasseries qu'il en recueillit troublèrent et peut-être abrégèrent ses jours.
Ce n'était pas sans répugnance qu'Olivarez avait adhéré aux conditions proposées par Bristol et Aston. Il savait que le clergé et la noblesse d Espagne étaient opposés au mariage. Le roi, dans sa vingtième année, était encore mineur, et toute la responsabilité de la mesure pesait sur lui (2). L'arrivée du royal étranger lui donna l'espoir d'obtenir des conditions plus avantageuses. L'inexpérience du prince devait le rendre moins circonspect, et son ardeur moins opiniâtre ; il s'était imprudemment placé à la merci du ministère espagnol , et il devait se soumettre à acheter son épouse à tout prix, ou à encourir la honte d'avoir passé les mers comme le plus fou des chevaliers errants.
Dans sa conversation particulière avec Charles et Buckingham , Olivarez insinua que la négociation avec Bristol avait eu plus d'apparence que de réalité ; que maintenant , lorsque toutes les difficultés pouvaient cire écartées par la présence du prince et la sagesse de son conseiller, le moment était venu de traiter les affaires sérieusement (3). Les deux jeunes gens se laissèrent duper par les flatteries et la ruse de l'Espagnol. Malgré les remontrances des deux ambassadeurs, on recommença la discussion. Les articles déjà convenus furent remis en question, et Olivarez eut soin d'amener de nouveaux sujets de débats ; tandis que Buckingham , qui regardait Bristol
(1) Mémoires de tlardwuke.llO. ÎI7, 419. Calula , 12'.) Ellis, Lettres originales, m. 119.
(T, Mémoires de llard., i, 424-4'if;. Lettres de Itowell , 121, 125. Journaux de* lords . 226.
(3j Voyez, dans les Journaux des lords, les prai es données par nuckine,ham de la fausseté des fopa^nol»; et celles données, par Bristol, du contraire, 22l-:'20, 603. Il estévidînt que si les premières sont concluantes, elles se rapportent principalement a la négociation snus IMnliptir III