CHAPITRE VIII
comme uo rival, repoussait ses avis, et le traitait avec négligence et dédain.
Lesdispensesavaient étéaccordées ; mais pour satisfaire la politique d'Oiivarez, deux séries d'instructions avaient été aussi envoyées au nonce Massini,rune pour être consultée en particulier, l'autre pour être rendue publique. Par la première, il était ordonné de ne pas délivrer de dispense an roi d'Espagne jusqu'à ce que ce monarque la demandât , et, dans l'intervalle, afin de procurer aux Bretons catholiques les meilleures conditions qu'il serait en son pouvoir ; par la seconde, il était chargé d'exiger, comme chose essentielle, le rapport des lois pénales et la conversion du prince à la foi catholique, non qu'il y eût aucun espoir d'obtenir ces demandes, mais parce que ce refus pourrait fournir un prétexte pour refuser aussi longtemps que cela s'accommoderait aux vues du cabinet espagnol. Massini obéit fidèlement à ses instructions , et cela offrit un vaste champ aux discussions et aux délais. Chaque proposition était débattue entre les parties, puis portée devant le conseil , et de là transmise à une junte de théologiens, à qui Olivarez prétendait qu'il appartenait proprement de prononcer, parce que la question touchait la conscience du roi. Le résultat de ces négociations fut un traité public et un traité secret (1) : le premier, conforme aux premiers arrangements, stipulait que le mariage serait célébré en Espagne, et ensuite ratifié en Angleterre; que les enfants resteraient jusqu'à l'âge de dix ans sous la surveillance de leur mère; que l'infante et ses serviteurs auraient une église et une chapelle pour le libre exercice de leur religion, et que ses chapelains seraient espagnols et soumis à l'autorité canonique de leur évéque. Le traité secret contenait quatre articles : qu'aucune des lois pénales relatives â la religion ne . serait exécutée; que le culte catholique serait toléré dans les maisons particulières ; qu'on ne ferait aucune tentative pour détoufner lu princesse de la foi de ses pères , et que le roi emploierait toute son influence pour obtenir du parlement le rapport des lois pénales. Jacques
(I) Dépêche» du cardinal liudovisto . 18 avril t623. Dumont, v.part.u, 10 Mémoire* de Uarendon,i, App.,