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XXIV-XXVIII

et les lordsdu conseil, jurèrent l'observation du traité public , dans la chapelle royale de Westminster (1) (20 juill.). Le roi jura seul l'exécution du traité secret, à l'hôtel des ambassadeurs d'Espagne, et en présence de quatre témoins(2).

Le serment du roi ne donna pas cependant une entière satisfaction. La conduite antérieure de Jacques avait jeté sur son caractère un vernis de déloyauté , et les doutes de Philippe étaient entretenus par les dépèches de ses ambassadeurs (2). Il demanda que le mariage fût consommé en Espagne , et que la princesse et sa dot restassent jusqu'au printemps suivant , comme le gage que l'indulgence promise aux catholiques leur serait immédiatement accordée. Mais, sur ces entrefaites, la patience du prince s'était épuisée, et l'intérêt et l'orgueil portaient son compagnon à lui conseiller de retourner en Angleterre. 1° Buckingbam avait appris que ses ennemis secrets étaient plus nombreux qu'il ne les avait supposés. Son absence les avait enhardis à souffler aux oreilles du roi des propos sur son indiscrétion et ses abus de pouvoir , et les amis de Bristol étaient habiles

(1) Malgré sa Irtlre, 1'arcbcvèque Abbot prêta le scrment avec iea collègues, condescendance qui charma le roi. • J'ai maintenant a voui annoncer de* miracle*: noire grand primat t'est conduit admirablement bien , » etc. Mémoires de Hard , i, 428.

(2) Jacques protesta préalablement qu'il n'entendait pas renoncer à son droit de mettre en vigueur les !< is contre les catholiques , s'ils troublaient le gouvernement ; qu'il promettait sans crainte ce qui concernait le rapport de ces lois, parce qu'il éuit sûr qu'il ne pourrait l'effectuer, et qu'il ne serait pas lié par son serment , si le mariage ne s'accomplissait pas. Prynne, 40. Mém. de Hard , i, 428-430. Mém. de Clarendon , 1 , 10. Il n'aurait rien juré, s'il n'avait promis de ratifier tous les arrangements faits par Ctiarles a Madrid. Ellis , Lettres originales , n ,

(3) Ce n'était pas sans quelque raison. lorsque les ambassadeurs demandèrent au roi de publier une proclamation qui défendit toute persécution des catholiques pour des motifs de conscience , il répondit qu'une proclamation n'était qu'une suspension des lois , qui pouvait être annulée par une autre proclamation , et n'engagerait pa» son successeur. Il préférait leur accorder une immuni;é de toute punition pour l'avenir, et défendre aux magistrats, aux juges et aux évéques , de mettre les lois a exécution contre eux. Mai* quand celte résolution fut no tiSée au garde des sceaux , il reiusa de publier celle dé fensc , comme une chose qui n'avait point encore de précédent dans te royaume. Mémoires de Hardwicke, i, 437. Cabala, 297. Rufbworth , 101.

à peindre, sous de vives couleurs, les affronts faits à cet habile ministre, par l'arrogance et la présomption du favori. Il connaissait le caractère facile et crédule de son maître : il ne savait quelles impressions feraient les attaques répétées de ses ennemis, et il commença a écouter les prières de ses serviteurs , qui le pressaient , dans l'intérêt de sa propre grandeur , ! de revenir en Angleterre et de reprendre sa première place auprès de son souverain. 2° I.a prolongation de son séjour à Madrid lui était devenue insupportable, et pouvait être dangereuse pour sa sûreté. Ses fréquentes querelles avec Olivarez, bien qu'apaisées, en apparence, par les ordres de Philippe et de Charles, avaient fait naître une inimitié mortelle entre les deux favoris. La légèreté de ses manières, la publicité de ses amours, et son inconvenante familiarité avec le prince , blessaient journellement la gravité des Espagnols , et le roi luimême avait dit, du moins on le prétendait, que sa sœur ne serait jamais heureuse, si un homme aussi violent et aussi immoral continuait à jouir de la confiance de son mari. Le duc s'aperçut qu'il s'était aliéné l'estime de la cour d'Espague, et le ressentiment d'un côté, l'intérêt de l'autre, l'entraînèrent à s'opposer à ce mariage, qu'il avait eu tant a cœur d'accomplir (1 ).

La mort inattendue de Grégoire XV avait été une nouvelle cause de délai. Comme on n'avait fait aucun usage delà dispense accordée par le pape, il devint nécessaire d'en obtenir une nouvelle de son successeur ( M juillet ). En même temps, on signa un traité additionnel (26 juillet et 4 août), par lequel le prince s'engagea a épouser l'infante & Madrid, à l'arrivée de la réponse dè Home, et le roi s'obligea à l'envoyer en Angleterre, le premier jour du mois de mars suivant (2\ Charles, cependant, n'avait

(1) « Il e*t certain que 1« roi d Espagne et (et ministres ont conçu un grand mécontentement contre mi lord duc de Buckingliaoï. Ils lui supposent tant d'influence sur Voire Majrtté et sur le prince, et ils le regardent comme si mal disposé pour eux et pour leurs intérêts..., qu'a inoins que vous ne trouviez quelque moyen de réconcilialion, ou que vous ne leur prouviez qu'il ne pourra troubler le bonheur de l'infante , » etc. Rris:ol au roi , Mém. de llard. , i , 477-479. Cabala . n . 118 . 99 . 271 . 276 , 308 , 358. Lettres de llowell , 138. Journaux , 22t.

(2) En réjouissance de cet arrange r.eui . il y eut un combat public de taureaux , et un brillant tournoi ou le

pas l'intention de se lier par eet arrangement : il assura son père qu'il ne consentirait jamais à aucune cérémonie de mariage, sans être assuré que sa femme le suivrait ( 29 juill. ), et pour seconder son projet , il demanda que le roi lui envoyât l'ordre de revenir immédiatement. L'arrivée de cet ordre nécessita de nouvelles conventions (22 aoùl ). On stipula que les fiançailles seraient célébrées avant la fête de Noël ; que le prince serait représenté , dans cette cérémonie , par Philippe ou par son frère don Carlos, et qu'une procuration avec pleins pouvoirs serait déposée , à cet effet , entre les mains du comte de Bristol , et remise au roi par ce ministre, dans les dix jours qui suivraient la réception de la réponse du pape. Ces articles furent jurés de part et d'autre : l'infante prit le titre de princesse d'Angleterre, et on lui forma une cour proportionnée à sa nouvelle dignilé. Philippe et Charles se séparèrent comme des frères (29 août), en se promettant le plus vif attachement , et leurs favoris , en se déclarant ouvertement leur inimitié. «Je me montrerai toujours, dit Buckingham à Olivarez, l'humble serviteur du roi, de la reine et de la princesse, mais le vôtre jamais.» «Je m'honore du compliment, répliqua le Castillan» (I).

Malgré les serments et les apparences, le mariage projeté était déjà rompu dans l'esprit de Buckingham, et probablement dans celui de Charles. De Ségovic, Clcrk, l'un des serviteurs du favori, revint à Madrid, cl, sous prétexte de maladie, fut reçu dans la maison du comte de Bristol. «Son apparition inattendue excila de l'étoonemenl (2); mais il ne laissa percer son dessein réel que lorsque, trompé pur une expression ambiguë de son bote, il se persuada que le rescrit du pape était arrivé. Aussitôt, il déposa dans les mains du comte de

roi, ses frères, et la noblesse, déployèrent loule leur magnificence. Voyez en la description dans les Traités de Soiners, u ,532 540.

<l) Traiiés de Somers, n, 545. Mém. de Hard., i . 432, 43tf, 470, 479,489. Cabala,338. Rusbvrortb , 103. Prynne, 49 ; Mém. de C.larendou , i , App. xxt, nix.

{2, « C'est une des créatures du duc de Buckingham, et cependant il demeure dans la maison même du comte de Bristol... Nous craignons que ce Clerlt n'ait apporté quelque cluwe pour embrouitier cette affaire. > Lettres de llowell. H8. Mém. de Hard., i, 481. Journaux dcsloixU, CU I alula, 107, 2 11.

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