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■ ces politiques; et comme la chambre des communes ne voulait plus se laisser guider par h volonté du souverain, il devint nécessaire de la caresser en flattant son orgueï, ei reconnaissant son importance. Ce fut, néanmoins, avec la plus grande difficulté , que Jacques se soumit aux avis de son fils et de son favori , et consentit à partager avec le parlement une autorité qu'il regardait comme la prérogative principale de la couronne. Mais, fatigué par leurs prières et leurs remontrances, il leur permit de présenter aux deux chambres l'état des négociations avec l'Espagne, afin que, après une mûre délibération, les chambres des lords et des communes lut donnassent leurs avis réunis.
Il ouvrit ce parlement avec un ton beaucoup moins élevé qu'il n'avait coutume de prendre (1624, 19 févr.). Se rappelant, disait-il , les anciens mal-entendus , il arrivait avec le plus vif désir défaire son devoir, et de manifester son amour pour son peuple. Il avait été longtemps engagé par des traités ; il avait envoyé son fils en Espagne, avec l'homme en qui il avaitle plus de confiance, pour sonder les véritables intenlions de cette cour; il en avait reçu des propositions depuis leur retour : tout ce qui s'était jKtssé devait être soumis a leur examen, et il leur demandait leur avis «super totam mateariam.» Une chose ne devait pas être oubliée : « c'était de le juger avec indulgence, comme on voudrait soi-même être jugé. Dans les traités publics et particuliers, il avait toujours fait des réserves pour la cause de la religion ; quelquefois, il est vrai, il avait cru convenable de ne point faire exécuter les lois pénales dans toute leur sévérité, mais il n'en avait jamais dispensé qui que ce fût, el n'avait jamais rien défendu , rien changé, de ce qui concernait la religion. Je n'ai jamais, s'écriail-ii , rien promis ni cédé ; je n'en ai jamais eu l'intention dans mon cœur, et n'en ai jamais parlé a (I). Pour terminer, il les pria de le délivrer de
(I) • Ne se parjura-t-il pas quand il jura , le 20 de juillet, • quod nulla lez particularis contra caUiolicos ro- « manos lala, nec non leges générales sub quibus omnes «ex aequo comprebenduntur , modo ejusinodi tint, qu» • religioni romans répugnant, ullo uuquam trmpore, «nllo omntao modo aut raau, directe vel indirecte, •quoad dictos catbolicos romaoos exécution) mandabi- .tur?» Prynne, 44 ; Mémoires de Hard., I, 428-430.
tous soupçons, de se souvenir que le temps était précieux, et d'éviter toute recherche insultante ou irritante (1).
Quelques jours après (24 févr.), les deux chambres tinrent une conférence générale. Buckingham, dans un discours long et spécieux, leur développa toute sa conduite en Espagne. Leprince(tant il était déjà initié dans l'art de tromper), le prince se tenait auprès de lui pour aider sa mémoire et certifier son exactitude, avec deux secrétaires chargés d'extraits des dépêches qu'ils lui remettaient, afin d'appuyer son rapport. Le seul homme qui pot le démentir, le comte de Bristol (2), était absent et condamné au silence. Les ambassadeurs espagnols protestèrent contre le discours du duc, comme injurieux à leur souverain: ils affirmèrent que si l'un de leurs compatriotes avait parlé de la sorte du roi d'Angleterre en Espaguc, il eut payé de sa tète le crime de son insolence. Les deux chamlires , néanmoins , prirent le parti de Buckingham (27 févr.): elles déclarèrent que son discours n'atteignait que les actes des ministres espagnols, et non le roi lui-même ; et dans une adresse à la couronne ( 5 mars ), elles émirent leur opinion , que les deux traites pour le mariage et la restauration du Palalinat ne pouvaient s'exécuter avec honneur et sûreté (3).
Jacques frémit à la perspective qui s'ouvrait devant lui, mais il n'eut pas assez de force pour s'opposer aux avis précipités de son fils et de son favori. Après quelques débats faibles et sans résultat, il se soumit à sa destinée, et se laissa entraîner par le torrent. En réponse à l'adresse (31 mars), il observa qa'il y avait deux points à considérer : l'un de savoir s'il pouvait déclarer la guerre avec honneur et .«ans blesser sa conscience, ce qui le regardait exclusivement lui-même; l'autre, s'il possédait les moyens de la suivre avec vigueur, ce qui les
(1 ) Jour nain des lords, 209.
(2; Sou a liesse le prime, du le garde des sceaux, sur de fortes raisons, douie qu'il y ait nïreié a tout rcmrtire à U décision du parlement , de peur que cela ne mène a l'examen de dépêches particulières, dans lesquelles on verrait des contradictions. Il désire que l'on rompe avec l'Espagne sans produire les dépêches particulières. Ca
bala,
cbes de» Mémoires de Uardv» icke dé-
montrent que ce conseil était prudent.
(3) Journaux des lords, 220, 247.
concernait directement. Ses dettes étaient énormes ; sou lré.sor était vide, ses alliés pauvres, et les réparations de sa marine, la dépense de l'armée , et la défense de l'Irlande, demandaient des sommes considérables. Cependant , s'ils voulaient lui accorder des fonds, il les assura qu'aucune partie n'entrerait dans les coffres royaux, mais que le tout serait employé à la guerre, sous la surveillance de commissaires qu'ils éliraient par eux-mêmes (1).
Ce discours amena une seconde adresse, dans laquelle les deux chambres offrirent au roi ( 12 mars), en termes généraux , de l'aider de leurs personnes et de leurs fortunes. L'archevêque de Ganterbury fut chargé de la présenter, lâche bien convenable sans doute à un homme qui; glacé par l'âge, avait, six mois auparavant, juré de maintenir les articles religieux du traité avec l'Espagne ( 17 mars). Mais quand il félicita Jacques de s'être montré sensible au peu de sincérité des Espagnols : « Écoutez, s'écria le monarque, vous me faites dire ce qui n'est jamais sorti de ma bouche. Permettez-moi de vous dire que je n'ai jamais donné à entendre que je fusse sensible ou insensible à leur bonne ou mauvaise conduite. Buckingham vous a fait une relation dont vous êtes juges; mais je n'ai pas encore déclaré mon opinion (2). •
Le roi, pour conclusion, demanda une somme de 700,000 liv. sterling, afin de commencer la guerre, et un subside annuel de 160,000 liv. pour liquider ses dettes. L'énormité de la somme ébranla la résolution des communes; mais le prince et le duc les assurèrent (22 mars) qu'une moindre somme serait acceptée, et elles votèrent 300,000 liv. , qui devaient être levées dans le cours de l'année. A ce vote, on joignit une autre adresse (24 mars), qui avait pour but de justifier Buckingham contre les plaintes des ambassadeurs espagnols; et le tout fut suivi d'une proclamation où le roi annonçait la rupture des traités avec l'Espagne (3).
(1) Journaux des lords, 2J0.
(2, lbid.,250,261, 263.
(3j Ibid., 275, 278, 282. Journaux des communes, 270. Le comte de Rutlaud étonna tout le inonde en volant contre la demande du subside pour la guerre. Comparez te Diary de Laud du 21 de mars , avec les Jouruaux, 273.