CHAPITRE IX
étak un gentilhomme écossais, élevé et enrichi | par le roi Jacques; le second: un fils cadet de lord Ricb , et le favori de Buckingham. La plupart étaient des hommes de plaisir plutôt que des gens d'affaires , et ne se rendaient au conseil que parce que c'était un devoir attaché aux emplois qu'ils occupaient.
Le grand sceau était toujours tenu par lord Coventry, jurisconsulte profond , exclusivement dévoué à ses devoirs comme juge. 11 parlait rarement au conseil , et, quand il le faisait, son opinion était ordinairement défavorable aux prétentions illégales et despotiques de la cour. On ne devait pas s'attendre à ce qu'un ministre de ce carcatère s'avançât dans l'estime de son souverain ; cependant Charles lui laissa cette place jusqu'à sa mort, durant le long espace de seize années.
Le comte de Manchester, lord du sceau privé, était aussi un jurisconsulte éclairé et plein d'expérience. 11 avait succédé à Coke dans la place de lord grand juge , et avait donné 20,000 liv. pour l'emploi de lord trésorier, qu'il fut obligé de résigner à la fin de l'année pour la place inférieure et moins lucrative de lord du sceau privé. Sa pauvreté en faisait un conseiller soumis, et son autorité servait à neutraliser dans le conseil les opinions plus libérales du lord garde des sceaux.
Ce ne fut que quelques semaines avant l'assassinat de Buckingham que le bâton blanc , l'objet idolâtré de Manchester, fut arraché de ses mains , et placé dans celles de sir Richard Weston, chancelier de l'échiquier. Weston, par ses talents et son habileté, avait réalisé les promesses de son patron et l'attente de son souverain. Le succès lui donna de la présomption , et il osa porter ses regards sur la place dont le poignard de Felton avait renversé le dernier possesseur. Charles arrêta son ambition : il paya ses dettes, lui donna des terres, le créa comte de Portland I, mais lui refusa le monopole du pouvoir dont avait joui Buckingham. Weston avait néanmoins de grands droits à la reconnaissance de son souverain : dans la perception d'un revenu qui provenait principalement de sources illégales, il brava, pour le ser-
landhouse . d'où il prit ses titres de baron de Kensuigtonetdecomtcdelloilaod.
vice du roi , la haine du peuple ; et ses ennemis, pour le rendre encore plus odieux, ajoutèrent à l'accusation d'injustice le crime encore plus impardonnable de papisme. «Je le dénonce, criait Elliot dans la dernière session du parlement, comme le plus grand ennemi de la nation, qui continue à édifier sur les fondations abandonnées par son maître. Tous nos maux sont concentrés dans sa personne : c'est à lui qu'il faut attribuer les innovations dans notre religion et la violation de nos libertés » (1).
Mais la politique religieuse dont se plaignait Elliot , qu elle tendit à l'innovation ou qu'elle s'appliquât â écarter tout changement , était l'ouvrage d'un bien différent personnage, dont l'influence et le sort réclament une mention plus particulière. Laud attira l'attention publique, vers sa trente-troisième année, par un acte qu'il déplora jusqu'au dernier jour de sa vie (1605, 26 déc.). 11 prêta le secours de son ministère à un mariage prétendu entre Mountjoy, son patron, et lady Rieh, dont l'époux était encore vivant. Celte faute, le résultat de sa servilité et de sa dépendance, fut effacée par le repentir qui la suivit ; et il se rendit utile à Neile (1609, 17 sept), évêque de Rochcster, qui le recommanda au roi Jacques. Cet ecclésiastique soumis se traîna lentement sur l'échelle des bénéfices. Après douze années, on récompensa ses services par l'évèché de Saint-David; et le zèle du nouveau prélat entreprit d'arracher la comtesse de Buckingham (1621 , 29 juin) au culte catholique qu'elle professait. Quoiqu'il ne parvint pas à la convertir, il gagna, ce qui était pour lui d'une plus haute importance, la confiance de son fils. Le favori le choisit peur son confesseur et le dépositaire de ses secrets. Il en reçut des avis et des informations, et fit un fréquent usage de sa plume et de ses talent* (1626, 20 janv.). Après la mort de Jacques, il fut rapidement transféré de Saint-David à Balh et Wells (1628, lô juill ), et de là au siège plus
(I) Voyez les caractères de ces ministres tracés par la plume de Clarendon , llist. , i , 45-65. La cause des «oupçoo» contre Weston venait de ce que sa femme et ses filles étaient catholiques. Les catholiques eax-n<émes étaient convaincus , d'après la sévérité avec laquelle il faisait payer les amendes des réfractairrs, que c'était uo protestant très-orlbodoie. Clarendon , i , 50. On a cependant des raisons de croire qu'il devint catholique a ♦a mort. Mémoires de Strafford , i , 389.