‹ Histoire d' AngleterreChapitre 125 sur 307 · H HISTOIRE D · texte numérisé non relu

H HISTOIRE D

élevé de Loudrcs : il entra au conseil privé, et reçut la promesse du siège de Canlerbury à la mort de l'archevêque Abbot. 1 a perte même de son patron devint un avantage pour lui. Charles, privé de son lavori, appela près de lui l'homme gui en était le conseiller. 11 connaissait déjà les sentiments et l'intrépidité du prélat, sa foi dans la doctrine d'obéissance passive , son zèle à presser la conformité ecclésiastique, et son opposition aux principes civils et religieux des puritains. Il résigna à Laud le gouvernement de l'Église, et I jud la gouverna pour le meilleur soutien de la prérogative.

Le roi reconnut enfin , et condamna l'imprudence qui l'avait inconsidérément plongé dans une guerre avec les deux grandes monarchies de France et d'Espagne. Heureusement ses ennemis, qui craignaient peu les efforts d'un prince engagé dans des querelles perpétuelles avec son parlement , l'avaient traité comme un enfant opiniâtre, se contentant de parer ses coups, sans les lui rendre. Soit générosité ou dédain, Philippe renvoya sans rançon les prisonniers faits à Cadix. Louis en fit autant pour ceux de l'Ile de Rhé. Le retour de ce dernier prince dans sa capitale cn< ouragea les ambassadeurs vénitiens à reprendre la négociation secrète , et à proposer de nouveau une paix entre les deux couronnes. On y opposa quelques difficultés qui furent aisément surmontées (I). Louis renonça à ^a demande en restitution du Saint-Esprit , bâtiment de guerre de 46 canons, construit à ses frais au Texel (14 avril), et pris illégalement dans le port

(1) Une objection élevée par let Français fnt que Roban , bien qu'il se dit l'allié de Charte* , ne voulait pas couseiiUr a la pacification , parce qu'il était en réalité le pensionnaire de l'Espagne ( Lettre* de Carlelon, xxv). I.a chme était véritable. Tandis qu'il sollicitait les protestants français de se joindre an roi d'Angleterre pour défendre leur religion , il suivait en réalité les ordres du cou»«il d'fepagne, dont il recevait 40,000 ducats par an. Lors de la conclusion de la paix entre Charles et Louis, Rohau fit avec Philippe un autre traité par lequel, en considération d'uu secours de 300,000 ducats, il s'engarjeaii a faire continuer la guerre par les protestants français, et promettait que, s'ils parvenaient à établir dans quelque partie que ce fût de la France un État indépendant , let catholiques y jouiraient des mêmes droits et d'une tolérance entière. Voyez les traités dans Dumont, > , part , ii t 582,483. Siri , Memorie recondite , vi, 616.

AiNGlJiTKRRE.

même, par sir Sack ville Trcvor; et Charles se contenta d'une promesse conditionnelle, et par conséquent illusoire, en faveur de ses alliés, les protestants français. Par une clause générale, les conquêtes faites de part et d'autre furent restituées, et les relations d'amitié et de commerce rétablies entre l'Angleterre et la France (1).

Les ouvertures de conciliation entre Charles et Philippe se firent d'abord par l'entremise de Gerbier, commandant de la cavalerie sous lord Ruckingbam , et le célèbre peintre flamand Rubens (2). Peu après, Cottington se rendit â Madrid, comme ambassadeur, et Coloma vint i Londres en la même qualité. Le traité de 1604 servit de base à la pacification (1630, 5 nov.); et Philippe, dans une lettre de sa propre main, s'engagea non-seulement à rendre au palatin I les portions de ses États actuellement occupées par les troupes espagnoles, mais à ne point cesser ses efforts qu'il n'eût procuré au monarque anglais des conditions satisfaisantes de l'empereur. En retour de cette concession, on passa un contrat secret et très- important, dont l'objet était d'accomplir le traité mystérieux relatif à la Hollande, autrefois commencé par Charles et Buckingham dans leur visite à la cour d'Espagne : le roi d'Angleterre joindrait ses armes à celles de Philippe pour la réduction des sept Provinces Unies, et le premier recevrait , comme compensation de son assistance, une certaine partie de ces provinces, comprenant l'Ile de Zélande, pour être possédée par lui en toute souveraineté. Ce traité fut signé par les deux ministres, Olivarez et Cottington -(1631, 31 janv.); mais le roi hésita quand il fallut donner sa ratification, et par ce retard il perdit le droit d'exiger dje Philippe l'accomplissement de sa promesse en faveur du palatin. Cependant, heureusement pour lui, la transaction fut tenue secrète. Si elle eût transpiré, ses sujets protestants l'auraient si- Ci) Dumont 580. Rush., u, 24. R>m., in, 60, 87. Kit conséquence de et traité , le Canada et l'Acadie , qui avaient été conquis par deux frères, David et Louis Kirck, furent rendus a la France.

i'2) Gerbier était aussi un peintre à l'aquarelle, né a Anvers ; il avait la confiance de Buckingham et du roi, et à la restauration il retourna en Angleterre avec Charles II. Walpole , dans ses anecdotes sur la peinture , ut lui a pas rendu justice, 189.

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