‹ Histoire d' AngleterreChapitre 141 sur 307 · RE X · texte numérisé non relu

RE X

rendre les forteresses royales. Ils furent accusés, par les plus zélés dos covenantaires, d'apostasie envers la cause de Dieu et de l'Église; et, pour se justifier, ils publièrent une a|K)logie, qui fut dans la suite condamnée par le conseil anglais, comme un libelle mensonger et séditieux (4 août), et brûlée, d'après ses ordres, parla main du bourreau (1).

Charles avait promis et se proposait de se rendre à Edimbourg, pour présider le parlement en personne. Il en fut détourné par de nouvelles preuves de « vaillance» de la part des «saintes femmes, «qui insultaient impunément ses amis, même les premiers officiers de l'État, quand ils paraissaient en public (2). Pour gagner les plus modérés, et découvrir les vues réelles des plus violents de ses adversaires, il ordonna à quatorze d'entre eux de se rendre à Berwick ; mais, soit qu'ils se méfiassent du roi, ou qu'ils eussent la conscience de leur culpabilité, la majorité désobéit, et trois bourgeois scument, ainsi que trois lords, Montrose, Loudon, et Lotliian , se hasardèrent à suivre leur souverain. De ces derniers, Montrose fut entièrement converti; Loudon et Lothian furent ébranlés par la condescendance et les protestations de Charles, pendant qu'llamillon, par sa dissimulation (il avait auparavant reçu du roi à cet effet autorisation el dispense) (17 juil.), obtenait des autres la plus grande partie des secrets du part» (3). Avant son départ pour Londres, le roi nomma Traquaire pour tenir a la fois le parlement el l'assemblée ; lui imposant une tache que toute I habileté humaine ne pou-

(1} Rtishworib, n, 915, 1023 Mém. de llardwicke, ii, 130-111. Mémoire» de Sydney, n, «M. Biblioib.-uuè royal.-, 181. Ihmilton de Btirnet, 140. Na'sou, i, 232 210, 251 Balrour, n. 324,529. Bilfourdit que le libelle brûlé contenait trois ou quatre articles «ignés par le roi, mais qui devaient éïre ternit secrets, pour que son honneur ne reçût aucune a teinte, n, 32». Cependant nous ne voyons dans iou;cx l< s querelles «ubséquenies que des promisses verbales, que l'on disait faites par le roi , et les lords se ' réduisirent a préiendr*» qu'elles ne pouvaient êire oubliées, 336, 310 , 341. Une d élies était que le clergé ne serait pas compris dans l'article qui rendait à tous les sujets dtt roi d Êco&seles biens dont ils avaient été privés. Laud, 170,171.

(2) Baillie.i, 181. Rusbw.,ii, 1024. Hamilton , par Burnet, 144.

(3) Mém. de ifardwicke, n, 141. Rusbwortb, u,9o5, 956,1021.

vait remplir, celle de diriger le zèle el de modérer le langage des enthousiastes religieux. Il voulait, à la vérité, tolérer ce qu'il n'était pas en son pouvoir d'empêcher ; et, avec la résolution de révoquer ensuite tout ce que la nécessité le forcerait actuellement à sanctionner, il autorisa le commissaire à consentir à l'abolition de l'épiscopat (27 juillet) , de l'office et des canons, des articles de Pcrlh et de la haute cour de commission ; mais il lui défendit d'admettre, dans aucun cas, des expressions qui désigneraient ces institutions et ces doctrines comme illicites en elles-mêmes, et contraires à la parole de Dieu ( 6 août ). L'assemblée fut la première ouverte : chaque député, avant son départ de la paroisse, avait été forcé de constater par serment son adhésion à la dernière assemblée incriminée de Glascow ; et , dans le préambule de leurs actes, ils curent soin d'employer toutes ces épithètes injurieuses et condamnables que le roi voyait avec tant d'horreur. Tout ce que le commissaire put obtenir fut qu'elles ne seraient pas introduites dans la clause de l'abolition elle-même, et que, dans le covenant, on ajouterait une plus expresse déclaration d'allégeance au souverain (30 août). Traquairc, quoique avec répugnance, donna la sanction royale à ces articles , et l'heureuse conclusion de l'assemblée fut accueillie par le peuple avec des cris de triomphe et des actions de grâce (I).

Dans le parlement, les covenantaires déployèrent autant de fermeté et d'obstination. Ils avaient le double objet de remplacer les lords spirituels, les évèques, qui, après l'acte de l'assemblée, ne pouvaient exister plus longtemps en Écossc, et de réduire le pouvoir que la couronne avait possédé jusqu'alors; de désigner les questions à discuter, et d'influencer les votes du parlement. Us permirent pour cette fois au commissaire de choisir les maîtres des articles, mais seulement comme une

(1) Rushwortb, il, 9«, 853-005, 102i Hamilton de Buroet, 140-151, 156 Nalsnn, i, 245 Balfour, ti. 351- 353. Charie* ne fut pas satisfait de la conduite de Traquaire. Sa Grande objection fut l'abolition de l'épiscopat, comme • illicite dans cette figlise d'Écosse. • Il aurait admit les mon «contraire à la constitution de l'Église d'Écosse;» ce mot «illicite* lui répugnait , dans la crainte que des novateurs n'en abusassent dans d'autres contrées Nalson, i, 255 Cela ne me parait qu'un jeu de mon.

affaire de politesse, et non comme droit; et ils proposèrent que les barons inférieurs, commissaires des comités, occupassent à l'avenir la place des évèques; que chaque ordre pût choisir librement hors de lui-même le nombre de lords des articles qui lui était alloué; que les patentes de pairies ne fussent délivrées qu'à ceux qui possédaient actuellement dans la contrée un revenu montant annuellement à 10,000 marcs; qu'aucun remplaçant par procuration ne fût jamais admis; que les châteaux d'Édimbourg, de Dunbarlon,et de Stirling, ne fussent confiés qu'à la garde des Ecossais; et que tous les actes en faveur de l'épiscopat fussent annulés. Traquairc se sentit trop faible pour résister au torrent : il prorogea le parlement durant quelques jours; et Charles, approuvant sa conduite, continua la prorogation à six mots (14 nov. ). Ainsi qu'à l'ordinaire, on protesta contre l'illégalité de cette mesure ; mais, en même temps, on promit que les Étals obéiraient, non parce qu'ils y étaient obligés par la loi, mais parce qu'ils voulaient prouver leur déférence et leur attachement à leur souverain (I).

Le roi était pleinement convaincu que, quoique la religion influençât la multitude, les chefs n'avaient pour objet que rabaissement de l'autorité royale. Pour les ramener à l'obéissance, il ne connaissait d'autre moyen que la force : et tandis qu'il cherchait dans son esprit des expédients pour se procurer des fonds a6n d'entreprendre une seconde expédition, la fortune, à ce qu'il- se persuada, vint lui offrir de nouvelles ressources. L'escadre hollandaise, commandée par de Wit, avait signalé dans la Manche une flotte espagnole composée de galions et de vaisseaux de transports , d'environ 70 voiles, sous le commandement de Oquendo (17 sept.). La poursuite commença. Van Tromp se joignit à de Wit. Oquendo chercha un asile dans les Dunes. Il avait perdu 3 vaisseaux, et ses adversaires en avaient perdu 2 ; mais ces derniers entrèrent avec lui dans la même rade, et de nombreux secours arrivant de la Hollande portèrent leur nombre à 100 voiles, sans compter les brûlots. L'opinion générale était que la flotte espagnole ne pourrait écnap per à sa destruction, lorsque Charles offrit de

(I) Balfour, n, 351-362. Nalson, i, 2C5-271

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