CHAPITRE XI
ses Etals d'Angleterre ? (26 sept.) 1° On envoya à Ixmdres une députation de six lords, qui , sur leurs obligations, réalisèrent un emprunt de 200,000 liv. ; 2° on nomma seize pairs pour se rendre à Rippon, et ouvrir une négociation avec huit commissaires désignés par les covenantaires (1). Mais, dès le commencement (ôoet), ceux-ci firent unedemandequi surprit et embarrassa le roi et ses conseillers. Quand les Écossais étaient d'abord entrés en Angleterre , ils avaient montré la modération la plus exemplaire. Les dévots pensaient alors qu'il n'était permis de piller personne, excepté les idolâtres papistes (2). Leurs scrupules, cependant, furent promptement apaisés. La retraite des royalistes mit les comtés de Northumberland et de Durham à leur merci , et , de ce moment, ils avaient exigé des habitants une contribution de 6,600 livres par semaine , confisqué toutes les propriétés des catholiques, avec les dîmes et les rentes du clergé, et pris à discrétion les charbons et les fourrages pour leur consommation. Mais ces ressources commençaient à manquer, et , sous prétexte que la négociation les empêcherait de chercher des quartiers plus abondants, ils demandèrent hardiment un subside de 40,000 liv. par mois.
11 était évident pour les commissaires que le roi ferait en définitive cette concession : leur principal objet fut d'en réduire le montant, et de changer le mode de payement. Far adresse et persévérance, ils surmontèrent toutes les difficultés, et conclurent des traités séparés, l'un avec des gentilshommes du nord , qui, sur la foi de la promesse solennelle qu'ils seraient remboursés sur le premier subside accordé par le parlement, consentirent à lever chaque semaine une somme de 6,000 livres, par taxe de comté sur les habitants de Northumbcrland , Cumberland , Westmoreland, et Durham ( 20 oct.); et l'autre avec les Écossais, qui s'engagèrent, aussi longtemps que ce subside serait
(1) Les commissaires anglais étaient les comtes de Bedford , Elerlford , Essex , Salisbury , Warwick , Bristol, llolland, Bcrksbire, le vicomte Mande* ille, les
• lords Pagtt, Wbarion, Brook, Pawlel, Howard , Savile, et Dunsmore. Ceux d'Écosse étaient Duufermline, Loudon , sir Patrick , Hepburne, sir Williams Dou^Ij» , Smith , Wedderburne , llendersoo , et Johuson
(2) Ném. de tlardvf ,n, 158.
payé, à s'abstenir de tous actes d'hostilité et de toute demande à main armée (1). Le traité fut aussitôt envoyé à Londres. Le roi et les lords se hâtèrent de s'y rendre, afin d'arriver à temps pour l'ouverture du parlement, et les commissaires écossais les suivirent , à leur loisir, amenant avec eux une députât ion des plus instruits et des plus zélés de leurs ministres (2).