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CHAPITRE XI

On eut soin d'entretenir l'irritation publique par une infinité de bruits ; mais ce qui enflamma surtout les passions de la populace , ce fut d'abord un rapport qu'une armée française était prête à venir au secours du roi, puis qu'elle avait pris possession de Guernesey et de Jersey, et enfin qu'elle venait de débarquer à Porslmouih. Il est certain qu'il y avait motif à inquiétudes. Monlague , favori de la reine, avait été reçu à la cour de France , une armée s'assemblait en France , et une flotte avait été réunie sur la cote de Bretagne. Mais Montreuil, l'envoyé français, eut peu de difficulté à convaincre les meneurs populaires, par le moyen du comte de Holland,que l'armée était destinée à la guerre dans le Pays-Bas, et la flotte à la protection du Portugal , et que Richelieu ne songeait pas à prêter assistance à un prince qu'il considérait comme un ennemi personnel. Néanmoins, l'irritation de la populace était encore moulée à un tel point que l'envoyé fut plusieurs fois prévenu de sauver sa vie en se cachant, et que la reine, alarmée , fit diriger ses équipages sur Whileball, afin de pouvoir chercher un asile à Portsmouth (6 mai). Si elle avait quitté la cour, sa vie eût été en danger; mais sa fuite fut arrêtée par une remontrance des lords au roi, et deux heures après I on sut que le colonel Goring avait révélé au parti populaire les secrets confiés à son honneur (l>

En même temps les ennemis de Strafford poursuivaient, avec une rigueur inflexible, l'accomplissement de leurs vues. Ses amis avoués furent éloignés de la chambre des lords

chambre* de cris furieux et d'assourdissantes clameur», et demander justice, prompte justice contre le comte.» État du royaume , ». 424.

(1) Le passade ordinal a été effacé dea Journaux des tords; mais White'ock, qui ne pouvait rieo ignorer, puisqu'il était un des commissaires, nous apprend que les articles qu'on juflea prourés étaient les 15* et 19* ( WhHelork , 45 ). Radcliffe dit qu'on décida que le 15' et te 23* article, relatif a l'avis d'employer l'aimée d'Irlande en AnQletene, et peut-éire un de plus, étaient prourés , nuis que ta mémoire pouvant le tromper, U s'en réfère aux Journaux. Il ajoute que le nombie dans la division fut de 22 contte 16 (Mém. de Sirafford , u , 432). Mais quels que fussent tes articles; le bill passa dans la même forme qu'on l'avait reçu d<s commune». Vojeiiedans Rushw , vui, 750.

par les menaces de la canaille, et les pairs catholiques étaient exclus par leur refus de souscrire à la protestation : quoique 80 pairs eussent assisté aux débats à Westminster-Hall, il n'y eut pas la moitié de ce nombre pour discuter le bill d'attainder ; la majorité vota que deux des charges , la quinzième et la dix-neuvième , étaient prouvées. Ces articles l'accusaient d'à* voir placé des soldats chez de paisibles habitants, sans raison légitime, et d avoir, de sa propre autorité , imposé un serment illégal à tous les Écossais résidants en Irlande. En réponse à la question de la chambre , les juges qu'elle avait mandés prononcèrent que de te!s délits méritaient les confiscations et les peines dues à la trahison. Le bill fut lu une quatrième fo s le lendemain (8 mai), et passa sans amendement. Une députalion se rendit chez le roi pour lui demander sa sanction au nom des chambres, et la prompte exécution du délinquant. Tout ce jour, la cour présenta une scène de terreur et de désolation : a chaque heure , des nouvelles étaient apportées, de l'irritation de la populace , de rassemblements tumultueux sur la place du palais, d où s'élevaient des cris et des menaces de vengeance; et il existait une conviction générale, que le refus du roi serait suivi de l'irruption violente de la canaille dans l'intérieur de White-Hall, de l'arrestation de sa personne et de celle de la reine, ri du massacre de leurs serviteurs. Un peu après quatre heures , la députation arriva au palais et fut admise ; la foule qui l'accompagnait, formée de 2,000 hommes, la plupart avec des armes , se tint à la porte. Nous ne savons ce qui se passa dans l'intérieur; mais après quelque délai , un ministre, probablement le même docteur Burgess, parut à une fenêtre, et annonça que le roi avait promis de se rendre le lundi malin à la chambre des lords, et de donner son assentiment royal. Le peuple se dispersa aussitôt en poussant des cris de triomphe (l).

Strafford avait déjà écrit à Charles une lettre très-éloquente et très-touchante (4 mai). Il affirmait encore son innocence sur l'accusation capitale, et , en preuve de son assertion , il en

(I) Journ., 242. Roaelli,2t rca^g- H se rendit par la prairie à Wbitellall, et trouva la rtine^afflUiissima, liquefa* «cendosi in pianio. »

HISTOIRE D'ANGLKTERRE.

appelait à la mémoire du roi lui-même : néanmoins il était prêt , il était impatient de sacrifier sa vie, comme le prix de la réconciliation entre le souverain et le peuple. Il voulait, d'après cela , mettre la conscience du roi en liberté , en le suppliant de donner son assentiment au bill d'attainder. « Mon consentement, sire, ajoutait-il, vous acquittera plus devant Dieu , que tout ce que pourrait faire le monde entier. Aucun traitement n'est injuste envers celui qui veut le subir ; et comme, grâce à Dieu, K pardonne à tout le monde, de même, sire, Je vous donne ma vie périssable, avec tout l'empressement possible, comme un juste retour de vos excessives faveurs. Qu'il vous plaise seulement de jeter un regard de bonté sur mon pauvre fils et sur ses trois sœurs, mais seulement en proportion de ce que leur père infortuné paraîtra, dans la suite, plus ou moins coupable. » On peut cependant mettre en question la sincérité des sentiments magnanimes qu'il exprimait avec tant d'énergie. Il savait que trois mois auparavant, une pareille proposition avait sauvé la vie de Goodman ; et , lorsqu'il apprit que le roi avait acquiescé à sa demande, il se leva avec surprise de sa chaise, en s'écriant: a Ne mettez pas votre confiance dans les paroles des princes, ni dans les enfants des hommes, car on n'en peut espérer aucun bien(l). » Le roi passa le dimanche dans le plus violent chagrin (9 mai). Devait-il rompre la parole donnée aux deux chambres, ou se rendre complice du meurtre d'un serviteur fidèle? Dans cette perplexité, il appela les juges , et leur demanda sur quelle base ils avaient rétK>ndu aux lords (9 mai); il fit venir les évèques, et leur exposa les irrésolutions de sa conscience. L'un d'eux , Juxon , de Londres , lui conseilla de ne pas répandre le sang d'un homme qu'il croyait innocent. Williams, et trois autres nrélats, répondirent que, quelle que fût son opinion particulière comme Charles Stuart , sa capacité politique, comme roi , le forçait à y concourir avec les deux chambres du parlement. En même temps, il lui rappelèrent tous les dangers qui le menaçaient lui et sa famille; que l'esprit public de la capitale était dans un état d'irritation lrès-a!armaiit; que les bruits

(1) Rusliworth. vin , 713

des complots les plus Invraisemblables se répandaient de toutes parts , et qu'on y ajoutait foi; qu'un refus de sa part provoquerait un tumulte, dont on ne pouvait contempler les conséquences sans horreur. La soirée était avancée; il céda, et signa, en pleurant, la commission qui donnait son assentiment au bill(l).

Charles fit un dernier effort pour conserver la vie d'un serviteur qui lui était si cher (Il mai); il descendit de son trône, et parut en suppliant devant se» sujets. Renvoya, par les mains du jeune prince de Galles, une lettre aux lords; demandant qu'en sa faveur, les deux chambres voulussent bien commuer la peine de mort en un emprisonnement i perpétuité.

Mais les tigres, altérés du sang de Slrafford, furent inexorables; ils refusèrent même la prière que leur fit le roi d accorder un sursis jusqu'au samedi , afin que le comte pût mettre ordre à ses affaires temporelles (2). Le lende-

(1 ) Mémoire» de Strafford , il, 432. Clarendon , i, '257. Malheurs de Laud, 177.

(2) Journaux des lords, iv, 245. Burnet rapporte, d'après Hollea, qui avait épousé la sœur de Slrafford , qu'il conseilla le plan suivant pour sauver la vie du comte: Que Strafford sollicitai un sursis très-court pour airanger ses affaires; que le roi, sa pétition a la main, demandai aux chambres de se contenter d'un châtiment moins sévère; que Uolles déterminât ses amis a accéder a la proposition , sous préleiie que Slrafford retournerait à ses premiers principes, et serait entièrement i eux. Cependant, la reine, avant entendu dire que dans ce cas Slrafford devait l'accuser, conseilla son époux d'envoyer la lettre, qui eût produit son effet, si elle ne l'avait persuadé d'y ajouter le post-scriptum .«S'il doit mourir, ce sera ebarilé de lui accorder un sursis jusqu'à samedi, • ce qui, remarqua i il , élail une très-malencontreuse addition a (oui le message. Temps présent de Burnet , 30. Cela n'est point exact. Nous apprenons de Laud que Slrafford sollicita un sursis jusqu'au samedi , et que Holles lui promit la vie, s'il voulait employer son crédit auprès du roi pour obtenir l'abolition de l'tfpiscopat. Mais il ajoute , en s'appuyaut de l'assertion du comte a l'archevêque liu»er, que Slrafford repoussa celte condition. Malheurs de Laud , 177. Le roi n'envoya pas nou plus la requête avec ce post-scriptum conditionnel ; car il est question de ceue même condition dans toute la lettre. « Si cela peut être fait uns mécontenter mon peuple. — S'il n'y a que la mort qui puisse satisfaire mon peuple , fiai justifia.» Journaux, 245. Le fait est, ainsi que le dit tssex a 11) de, que tout autre châtiment moins rigoureux ne pouvait satisfaire les ennemis du comte, lesquels étaient persuadés, que si l'on épargnait sa vie , le roi , à la clolure du parlement , lui ferait grâce, tt ('élèverait

CHAPITBR XI.

main malin, l'infortuné Strafford fut conduit au lieu de l'exécution. Il avait demandé que l'archevêque Laud, aussi détenu à la Tour, lut donnât sa bénédiction de la fenêtre de sa cellule. Le prélat parut, il leva la main; mais la douleur trompa son courage, et il tomba sur le plancher, privé de sentiment. Sur l'échafaud, le comte montra du calme et de la dignité. Il témoigna sa satisfaction de ce que le roi ne pensait pas qu'il méritât un châtiment si sévère; protesta devant Dieu qu'il n'était pas aussi coupable qu'on pouvait le croire, du grand crime dont on l'accusait, et déclara qu'il pardonnait â tous ses ennemis , non-seulement en paroles, mais du fond du cœur. Un seul coup sépara sa tète de son corps. Les spectateurs, dont le nombre moulait, dit-on, à 100,000, se conduisirent avec décence; mais le soir le peuple témoigna son contentement par des feux de joie, et brisa les fenêtres de ceux qui refusèrent d'y concourir (I).

Ainsi périt, après de longsdébats, le comte de Strafford , le champion le plus capable et le plus dévoué des prétentions de la couronne, et l'ennemi le plus actif et le plus redoutable des libertés du peuple. Il était naturellement sévère, impérieux, emporté et vindicatif. Dans l'exercice de ses fonctious , il s'abandonnait â ses passions, sans égard pour les dispositions de la loi ou les formes de la justice; et, du moment où il se fut attaché à la cour, il fit tous ses efforts (et ses lettres le prouvent), pour élever le pouvoir du trône sur les ruines de ces droits , dont il avait été jadis le plus ferme défenseur. Comme président dans le nord , il déploya d'abord son caractère et ses prétentions : en Irlande, il foula aux pieds , en toute liberté, les privilèges du peuple; et, après la rupture avec les Ecossais , il ne cessa de répéter au conseil que le roi avait le droit de prendre ce que le parlement avait refusé d'accorder. Cependant , quoique ses délits fussent nombreux et bien reconnus, on pouvait, avec raison, mettre en question le droit de le punir. Ses amis soutinrent que, lorsque les

encore au-dessus de leurs iêt«. Sa mort était leur sûreté. Clarendon, i,212.

(I ) Ou peut voir, dans les traiié* de Somris , différente» copiei de sou dijeour» , if , 23f -295.

peines sont si sévères, la nature du délit doit être clairement définie, afin de mettre le sujet en état de connaître et d'éviter le danger; qu'il était possible que Strafford ne crût pas commettre une trahison , en agissant dans l'affaire du ship-money d'après les anciens précédents et la décision récente des juges; que la doctrine de trahison «constructive et cumulative, » sur laquelle les communes s'appuyaient, était nouvelle et étrangère aux lois; qu'il était injuste, de la part de ses persécuteurs, après l'avoir accusé devant les lords, d'interrompre le procès , parce qu'ils prévoyaient qu'il serait' acquitté ; et qu'en rendant le bill d'attainder, en employant la force pour intimider les tords, et en adoptant des moyens indirects pour arracher le consentement du roi. ses adversaires avaient suffisamment prouvé que leur but était de satisfaire leur vengeance autant que la justice. De leur côté , ceux-ci prétendaient que l'homme qui cherche â détruire les libertés nationales ne doit jamais compter sur l'impunité , parce que son crime n'aurait pas été exactement décrit dans le livre des statuts ; que ce cas, quand il se présente , doit être soumis à la décision de toute la législature; qu'il n'y a pour le sujet aucun danger à craindre, parce que les tribunaux ordinaires ne prennent point ensuite pour exemple les procédés du parlement; et que l'attainder de Strafford était nécessaire pour empêcher les ministres qui le remplaceraient d'imiter sa conduite. Peut-être serait-il difficile de décider entre ces arguments contraires. Quant à moi , il me semble que, dans un bon gouvernement, il vaut mieux laisser aux coupables tous les avantages qui peuvent dériver de l'insuffisance de la loi, que de les punir en se départissant des formes sacrées de la justice.

Cependant le sang de Strafford n'avait point encore satisfait les communes : elles annoncèrent leur intention, non-seulement de procéder contre l'archevêque Laud, d'après l'accusation intentée contre lui, mais encore d'accuser six des juges, comme coupables de trahison ou de malversations ; Wren, évêque d'EIy, d'avoir cherché à changer la religion, en y introduisant la superstition et l'idolâtrie; et treize autres prélats, pour leurs procédés illégaux dans la dernière convocation. Mais,

HISTOIRE D'AftGl.KÎK!lRF.

malgré leurs menaces, elles furent lentes a ' frapper. La multiplicité des affaires détourna : leur intention , et elles se trouvèrent arrêtées par de nouveaux sujets de débats. Nous dirons plus tard comment se terminèrent plusieurs de ces persécutions.

Mais une personne d'un rang plus élevé, la reine flle-mème, commença à trembler pour sa sûreté. Elle était catholique, elle avait été élevée à la cour d'un monarque despotique, et Ion savait qu'elle possédait la tendresse et la I confiance de son époux, circonstances dont une seule suffisait pour exciter la jalousie des patriotes, et exposer la princesse aux fausses observations d'hommes qui, avec touies leurs prétentions à la piété, pratiquaient soigneusement la doctrine que la fin sanctifie les moyens (1). Ils la dépeignirent au peuple comme chef d'une faction, dont le but était d'établir le despotisme et le papisme; Ton faisait chaque jour circuler des fables ridicules, et Ton publiait des libelles diffamatoires pour prouver l'influence pernicieuse qu'elle était censée exercer sur l'esprit faible de son mari. Il est vrai que, depuis la mort du duc de Buckingham, Charles n'avait voulu d'autre favori que sa femme; qu'il lui confiait ses sollicitudes, ses craintes, et ses desseins ;qu'il désirait que tous ceux qui sollicitaient des faveurs employassent sa médiation , afin qu elle put avoir le mérite de les servir; et que quelquefois il transmettait , par son intermédiaire , ses ordres à ses amis intimes. Mais la suite de cette histoire prouvera qu'elle ne réplait pas son opinion; qu'en beaucoup de circonstances, il entendait qu'elle se soumit implicitement à sa volonté ; et que , quand une fois il avait pris sa détermination, il n'était pas au pouvoir delà

(I) Clarrndon, dans le Portrait de lord Di(jl>y , dit: • IU »e permettaient d user de (ou* te* artifice* possibles pour Tenir a bout de ce qu'il* voulaient faire. Comme d'abord leur système fut véritablement de faire ce qui convenait au bien public, et ce qu'on devait désirer raisonnablement pour y arriver , il» finirent par ne plu* se faite scrupule de faire lout ce qui pourrait probablement leur donner le dessus, de quelque manière que ce fot , ou que cela touchât à l'honneur ou a t'inlérét des personnes qu'il» rroyairut ne pas appruuver ou ne pas favoriser leur* dmciu*. • Mém. dcC.ljrcudon.ui. Supplément, liv m. Uarendnn était un adversaire; mais son asservi est prouver par le» fait*.

reine, par le raisonnement ou l'imporlunité , de lui faire changer de dessein (I). Sa mère , que la haine de Richelieu avait chassée de Krance, avait trouvé, durant les deux dernières années , un aMle en Angleterre; mais Htm popularité de la fille s'étendit jusque sur la fugitive. Elle demanda une garde pour la protéger contre les insultes de la populace, et Charles la détermina à retourner sur le continent. Henriette, effrayée des menaces de se* ennemis, fit connaître son intention d'accompagner sa mère; mais les communes s'interposèrent (17 juillet): à leur sollicitation, les lords se réunirent à elles pour lut demander, par une pétition, qu'elle restât parmi eux; et la reine , dans un discours gracieux, prononcé en anglais, non-seulement donna son consentement , mais enrore déclara qu elle était prête à faire tous les sacrifices qui seraient agréables à la nation (2).

Jusqu'ici, sur la plupart des sujets, les deux chambres s'étaient prêté un mutuel appui : toutes deux avaient déclaré que la cour de présidence d'York était contraire aux lois; que |a convocation n'avait pas le pouvoir défaire des règlements qui liassent le clergé ou les laïques sans le consentement du parlement, et que les évêques et les ecclésiastiques ne pouvaient posséder de charges séculières, ni être juges ou magistrats. Elles avaient successivement adopté plusieurs bills donnant à la couronne le droit de tonnage et de pondage, mais seulement pour un terme très-limité, afin que la répétition de cette concession établit plus solidement leur droit ; et d'autres bills qui abolissaient les cours de chambre étoiléc et de haute commission; qui défendaient la levée du ship-money, et qui détruisaient toutes les pratiques vexatoircs de chevalerie, et des bornages dans les forêts royales. Elles avaient, de plus, obtenu le consentement du roi à deux actes importants, l'un qui arrêtait que des parlements triennaux pourraient s'assembler d'eux-mêmes, sans être convoqués par le roi (3) , et l'autre qui les investissait d'un pou-

(1) Voyez-en deux exemples dans le* lettres qu'il lui écrivit de Newcaatle, dans les Mémoires de Uarendon , H , 295 et »uiv.

[7) Jmiriuut, iv, 311-317.

■ 3, U* corvocmoiisdevaifntctre faite» au nom du roi

CHAPI'

voir souverain, puisqu'il défendait la dissolulion, la prorogation, ou l'ajournement du parlement actuel , sans le consentement préalable des deux chambres (1). Mais les prétentions élevées par tes communes , et le pouvoir qu'elles exerçaient, commencèrent à provoquer la jalousie des lords: beaucoup de ces derniers manifestèrent la résolution de s'opposer à toute nouvelle tentative de subvenir l'ancienne constitution de la législature, ou les droits indubitables delà couronne; et le roi, pour obtenir l'appui ou se rendre plus Favorables les chefs de l'opposition parmi les pairs, donna les diverses charges de gouverneur du prince.de lord chambellan, de lieutenant d'Irlande et de président de la cour des pupilles, aux comtes de Hertford , d'Essex, de Lcicestcr, et au lord Say. Un nouvel esprit parut animer la chambre haute, qui, sans hésiter, rejeta (8 juin) successivement deux bills envoyés par la chambre basse , l'un { 29 juillet ) pour exclure , les évéques de leurs sièges, et l'autre dans le but , disait-on , de pourvoir à la « sûreté de la vraie religion» (2). Les lords voulaient que les évéques ne siégeassent ni dans le conseil privé, ni dans la chambre éloilée , ni dans les cours de justice, ni dans les commissions séculières.

par le chancelier ou le garde du grand sceau , qui était obligé à cela par serinent; à ton défaut , par douze pans assemblés a Westmin»ier ; »'■! n'y avait pas de pair» assemblé* , alors un certain jour , les sbenfg , maires , c<>nslables, etc., devaient, sans autre examen, procéder aux élections des représentants sous des peines d e» -sévères.

(1) Charles donna son amen liment 1 ce bill le jour même où il consentit à la mort de Sirafford , ptoUtblenient afin de pouvoir adoucir les ennemis de ce seigneur.

(2) Journaux, iv. 257, 269, 273, 281, 288, 298, 311 , 333, 3 itf , 357 . Pour solder le* a nuées a nglaises et éi ©ssaues, on vota un impôt qui taxait les duc» à 100 liv., le» marquis à 80 liv., les comtes à 6>) liv., les vicomtes et le» bin us a 60 liv., les baronnets et les chevaliers du Bain a30iiv , les chevaliers a 20 liv., les éciryers à lOliv., les (;eiittUbommes de 100 liv. par an à 5 liv., et Us réfraciaire* au double. L'échelle descendait , selon le ranj; et la profewion , à toutes personnes au-dessus de seize ans . et ne r< ce vaut pas d'aumônes ; pour celles ci , la plus bas»e laxe était de 6 pence. Traité de Somers , iv, 2. y Celle taxe produisit 157,061 liv. 16 sous II p. */\ lbid.,p. 383. Le licteur est prévenu que, dans l'ancien temps , les trois états se taxaient eux-mêmes séparément , et l'on avait const rvé de ces anciennes coutumes, que les lords nommas, sent des receveurs pour eux mêmes et pour Us douairières qui avaient le privée de rwù ie , 358, W.

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