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Mais ils refusèrent de les priver de leurs sièges dans la législature; quant au second bill, qui proposait de substituer au gouvernement épiscopal celui des presbytériats avec un surintendant, ils le rejetèrent à la seconde lecture ( 8 juin).
Ces symptômes de mésintelligence entre les lords et les communes présentèrent aux yeux du roi la perspective la plus agréable, car il conservait toujours l'espérance de parvenir à dicter la loi à ses adversaires: dans cette vue, il chercha encore une fois à intéresser l'armée à sa querelle. Avec son approbation, et sous sa signature, on envoya un modèle de pétition, que devaient signer les officiers, à sir Jacob Ash'ey, qui agissait pour le comte de Holiand, commandant en chef de l'armée dans le Yorkshire. Elle établissait les nombreuses et importantes concessions que le roi avait faites à ton peuple , rappelait les assemblées tumultueuses qui avaient dernièrement essayé de diriger le souverain et les deux chambres, et demandait une autorisation pour que Carn ée marchât sur Londres , afin de protéger la personne royale et le parlement. Mais la vigilance des patriotes découvrit ce projet; leur promptitude le déjoua (1). Bientôt s'ouvrit une nouvelle source d'inquiétudes. Le roi annonça brusquement son intention de se trouver en personne dans le parlement d'Écosse le 15 juillet ; et cette mesure offrit une énigme, dont la solution n'était pas facile pour ses ennemis ou ses amis dans les deux chambres. La jalousie des derniers s'alarma de nouveau : ils devinrent moins empressés pour la conclusion du traité avec les covenantaires; chaque jour ils opposèrent de nouvelles difficultés, ils présentèrent d'autres sujets de discussion . mais Charles ne put être détourné de sa résolution. Pour s'accommoder à leurs convenances, il retarda son départ de douze heures, maisrefusa d'attendre davantage, et, ayant donné son assentiment au bill de pacification entre les deux royaumes, il quitta Londres en toute hâte (3) (10 août), traversa, sanss'arrè-
(1) Voyez les tnltrrofialoires de Leg&c , Aalbey, Coniers, Huuks, Lucas, et O Nul, dm» la collection de Husbadd et les Journaux des lords , 411. Journaux des communes, 17 nov.
(2) Charles chargea une commission de donner ta san ction royale a certains bills , l<»i*qu i!s seraient passes
ter, les quartiers de l'armée du comté d'York, accepta, avec une satisfaction apparente, une invitation de dtuer avec Leslie, à New-Caslle, et lorsqu'il entra dans la capitale de l'Écosse, il fut reçu par uoe députa lion des états (14 août).
Les chambres à Westminster continuèrent à siéger après son départ; mais leurs mesures se bornèrent à faire des dispositions pour le licenciement de l'armée , la formation d'un comité de chaque chambre destiné à siéger pendant l'ajournement, et à la nomination de commissaires chargés d'accompagner le roi en É cosse, sous prétexte de lui faire honneur; mais en réalité ayant pour mission de surveiller sa conduite, et de correspondre avec le comité de Londres. Ensuite les chambres s'ajournèrent au milieu d'octobre ( I ) (30 août).
Charles sentait qu'en Écossc une réaction s'était opérée lentement daus les esprits des hommes modérés, qui, satisfaits des concessions déjà faites par le souverain, commençaient a considérer d'un œil soupçonneux l'obstination et les prétentions des meneurs populaires. Quelque temps auparavant, un parii s'était secrètement formé sous les auspices du comte de Monlrose, et les seigneurs avaient été amenés à souscrire une ligue, par laquelle ils s'obligeaient à s'opposer « aux pratiques particulières et indirectes de quelques hommes, et à s'appliquer à toutes les voies d'intérêt public qui pouvaient tendre à la sûreté de la religion, des lois, et des libertés. » Le langage de cet acte, quelles que pussent être les vues de ses auteurs, était évidemment en accord avec celui du covenant. Mais dès qu'il vint à la connaissance du comité des états, il fut déclaré que c'était une violation de la clause qui prohibait toute tentative de diviser les vrais adorateurs de Dieu; et Monlrose et ses amis, ayant protesté contre toute intention de divisiou, livrèrent laligue aux
aux chambre*. Les commune* firent un bill pour étendre Ici pouvoirs de» commissaire* à loua les bilts qui panseraient. A leur requête, les lord» Mégérenl pour cet objet le dimanche suivant. Mais ils élevèrent a dessein tant d'objections, qu'il ne fut prêt que le lundi matin; et Charte* , refusant d'attendre plus lonctemps, commença soo voyage. Journaux , iv, 21)1 , 310-357.
(I) Charles refusa designer la commission, tout en consentant à recevoir les commissaires. Journaux de Loodrc»,382 . 3S3.
flammes (1). Par leur soumission , ils espéraient désarmer le ressentiment de leurs ennemis; mais persistant encore dans leurs desseins, ils ouvrirent une correspondance avec le roi, et rassurèrent du triomphe sur les meneurs des coveoantairess'il voulait seulement honorer le parlement de sa présence, confirmer toutes ses concessions antérieures, et réserver judicieusement la distribution des honneurs et des emplois pour la fin de la session. Charles fut persuadé, mais il eut toujours le malheur d'être entouré d'hommes qui abusaient de sa confiance. Avis de l'échange de messages fut envoyé au comité des étals , et suivant des instructions venues de Londres (4 juin), Walter Slewart fut saisi, près de lladdington , portant une lettre du roi à Monlrose, cachée dans le pommeau de sa selle. Correspondre avec le souverain ne pouvait être un délit contre la loi ; mais le rccèlement de la lettre offrait matière à soupçon ; d'autres papiers de caractère mystérieux furent trouvés surlc messager, et quelques jours après, Monlrose, le lord Napier, sir Georges Sterling, et sir Archibald Stewart, furent, après un court interrogatoire , conduits avec beaucoup d'apparat à travers la capitale, et renfermés dans le château (2).
L'avis, quoique des plus mortifiants pour le roi , le confirma dans son dessein de visiter l'Écosse. 11 avait maintenant à sauver non-seulement Traquaire et les quatre autres qui , sous le nom d'incendiaires , avaient été exceptés du pardon, mais aussi Monlrose et les «chefs de bandes et conspirateurs,» ainsi qu'on les appelait, dont les vies étaient maintenant exposées à un danger non moins grand. S'il laissait sacrifier ceux-ci à la vengeance de ses ennemis, comme il avait laissé immoler Strafford, où pourrait-il trouver des hommes qui voulussent vouer leurs services à la cause de la royauté? Avec cette résolution, il se rendit au parlement d'Écosse, quoique la conduite précédente de la chambre ne fût guère de nature à entretenir ses espérances. La soumission de Traquaire, appuyée par les recommandations les
(I) Voyez la ligue et ta dcckralion subséquente dans Mon irose et les rovena itaires de M. Napier, t, 325,
(2 Ibid., 440-168.