‹ Histoire d' AngleterreChapitre 15 sur 307 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Expéditions maritime» et piraterie». — HavMn*. — Orale. — Cavendish. — Mécontentement de* Hollandais. - Perle de Sluya ou de l'Écluse. — Retour de Leicesier. — Ilatton est fait chancelier. — Préparatifs de Philippe — et d'Elisabeth. — Ij flotte sort de Lisbonne, — entre dans la Manche, — est dispersée,

est forcée de retourner par le nord de l'Ecosse. —

Magnanimité de Philippe. — Elisabeth visite l'année a Tilbury. - Mort de Leiceslcr. - Son caractère.

L'esprit d'entreprises commerciales qui s'était éveillé sous Marie semblait avoir envahi toutes les classes de la société, sous le régne d'Elisabeth. On forma , pour l'extension du négoce et la découverte des terres inconnues, des associations et des compagnies; on projeta des expéditions : et l'espoir d'un immense profit qui se réalisait rarement , bien que I on crût toujours le saisir, entraîna un grand nombre de personnes à sacrifier toute leur fortune, et porta même les ministres, la noblesse, et jusqu'à la reine, à risquer des sommes considérables dans les entreprises les plus hasardeuses. Les agents de la compagnie russe s'efforcèrent de pénétrer

France , celui qu'elle honorait le plus parmi tous les hommes, dont elle préférait les intérêts même aux siens , et qu'elle était prête a secourir contre ses ennemis, en hommes , en argent, en vaisseaux et en troupes allemande*. L'Aubespine arait d'avance résolu de ne faire aucune remarque sur U mort de Marie ; mais il profita de l'occasion que lui offrait ces dernières paroles pour exprimer le vœu que la reine prouvât par ses actions l'estime qu'elle témoignait avoir pour son maître. Envoyer des nommes et dis munitions a ceux qui portaient les armes contre lui , solder des Allemands pour le combattre , s'emparer de vaisseaux français, et traiter l'an.bassadeur français comme elle l'avait traité depuis quatre mois, n'étaient pas des preuves convaincantes d'amitié ni d'estime. Elle répondit qu'elle n'avait rien fait contre Henri, mais qu'elle avait aidé le roi de Navarre contre le duc de Guise. Il lui demanda si prêter ce secours sans le consentement de Henri n'était pas agir dans un royaume étranger comme elle ne souffrirait pas qu'un prince étranger agit dans le sien Il ne rapporie pas sa réponse, mais il ajoute qu'elle parla pendaut trois heures. Ibid.

en Chine, par la Moscovie et la Perse. Les marchands, en Turquie, achetèrent et importèrent les productions du Levant; les marins anglais explorèrent une partie des côtes d'Afrique et de celles de l'Amérique, et l'on fit des tentatives multipliées, dans des directions opposées, pour découvrir un passage aux Indes orientales, à travers les glaces qui couronnent les limites septentrionales de l'ancien et du nouveau continent. Des aventuriers rapportèrent des richesses et de l'honneur à leur patrie. Mais beaucoup d'enire eux, éloignés de leur pays, affranchis du frein des lois, s'abandonnèrent aux plus affreux excès; leur rapacité dédaigna les droits des natious et le cri de l'humanité; et si nous admirons leur habileté, leur courage et leur persévérance, nous ne pouvons cependant les comparer qu'à des voleurs publics et des assassins (1).

Le fameux sir John Hawkins acquit d'abord de la célébrité, en ouvrant le commerce des esclaves. Il fit trois voyages sur les côtes d'Afrique, troqua des articles de peu de valeur contre un grand nombre de nègres, traversa l'Océan Atlantique (1563) pour visiter Hispaniola (Haïti ou Saint-Domingue) et les établissements espagnols en Amérique, et reçut, en échange de ses captifs, des cuirs, du sucre, du gingembre et des perles. Ce commerce était cependant illicite; et, dans la baie de Saint- Jean d'Ulloa, Hawkins fut surpris ( 1567) par le vice-roi d'Espagne, qui arrivait d'Europe avec une flotte de douze voiles. Les escadres ennemies se regardèrent réciproquement avec soupçon et méfiance; une trêve douteuse se termina par un engagement général; et à la fin, quoique les Espagnols eussent beaucoup souffert , Hawkins perdit sa floue, ses trésors et la majeure partie ds ses compagnons. De six vaisseaux dont il avait le commandement, deux seulement s'échappèrent : de ceux - ci, l'un périt en mer, et l'autre, la Judith, barque de 60 tonneaux , commandée par Francis Drake , ramena en Europe ce qui restait de ces aventuriers. Le lecteur sera sans doute étonné en apprenant que les deux plus grands vaisseaux des six qui

(I) Hakluyt, passim. Slow, 681. 684 , 729. Camden, 243 , 306 , 332 , 360 , 449. Paru, i, 524-5Î6; 575 583.

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