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étaient des traîtres (1), en faisant connaître son intention de lever 10,000 volontaires, de se mettre lui-même à leur tête, et de châtier en personne les rebelles de leur audace. Les deux chambres ne voulurent pas se prêter à un projet formé pour donner au prince, qu'ils avaient offensé, une grande force militaire; et ils préférèrent voter des secours en hommes, en argent, et en approvisionnements; mais, voulant, en même temps, ménager leurs ressources pour les (roubles qu'ils prévoyaient dans l'intérieur du royaume, ils mirent peu d'empressement A faire exécuter ces décisions. Le projet qu'ils pressèrent surtout , et pour lequel ils obtinrent le consentement forcé du roi , fut de lever une forte somme sur le gage des terres des insurgés, que l'on supposait déjà confisquées par suite de la rébellion. A ce
milles les plus distinguées du voisinage; mais il échoua complètement dans l'un des principaux objets de son voyage. Il avait été informé que sir John Hotham avait peu d'attachement pour la cause populaire, et qu'il ne fallait que la pré* sence du roi pour en obtenir qu'il livrât le» magasins de Hull (23 avril). Confiant son secret à trois ou quatre serviteurs intimes, Charles envoya son fils, le duc d'York, et .«on ne veu , le prince électeur , à Hull , comme en partie de plaisir. Ils furent reçus et traités avec tout le respect dû à leur rang. Le matin suivant , le gouverneur reçut deux lettres , une de sir Lewis Dives, qui lui annonçait que le roi voulait dîner avec lui ce jour là; l'autre d'une main inconnue peiit-étre, de VV. Murray, plus tard comte de Dysart,qui lui donnait a entendre qu'on avait l'intention de le tuer à sa
dessein, 2,600,000 acres furent réservés par première faute. Hotham ordonna de lever le
arrêt du parlement, et l'on promit aux souscripteurs, surla foi publique, qu'ils recevraient, pour chaque somme d'argent avancée par eux,
pont . de fermer les portes , et de garder les murailles. A onze heures , Charles arriva : ses ordres, ses promesses, et ses menaces, furent
une quantité proportionnelle des propriétés également dédaignées. A quatre heures, son confisquées. Ce plan réussit ; mais, s'il soulagea fils et son neveu revinrent près de lui , et une le trésor épuisé, il servit aussi à cimenter heure après il ordonna que Hotham fût pro-
l'union des insurgés et à redoubler leurs clamé traître, à son de trompe. Les deux cham efforts. La publication de l'ancien arrêté qui , bres déclarèrent que cette proclamation était
défendait l'exercice public du culte catholique leur avait prouvé qu'il y allait de leur religion; celui-ci leur démontra que leurs propriétés étaient tout aussi exposées. Ils étaient réduits à l'alternative, ou d'abandonner, ou de conquérir leur culte, et de perdre l'héritage de leurs pères (2}.
A York , le mi n'était plus gêné par le voisinage des deux chambres. Au lieu des insultes journalières de la populace, il recevait les loyales adresses de diverses corporations d'habitants, et sa cour était fréquentée par les fa-
(1) Carte, m, 53. Rushworlb, ir,472, 473. Les lords juge* demandèrent au roi de signer plusieurs copies de celte proclamation, afin qu'ils pussent l'envoyer daim différentes province*, et prouver son aulbeulicilé par sa signature. A cet effet , quarante copies furent imprimées et signées par lui. Mais dans la suite on en fit la base d'une accusation contre lui, comme si, en limitant le nombre a quarante , il avait voulu que la proclamation fiU peu connue , tandis que ce nombre était réellement beaucoup plus Grand que celui qu'on lui avait demandé a toc sa signature.
(2) Ru»bw.,iv,553â563
une violation des privilèges du parlement (I).
Cette malheureuse tentative fut suivie d'une foule de pétitions, plaintes, réponses, répliques, remontrances , et protestations, dans lesquelles les écrivains des deux partis déployèrent beaucoup de talent, quoique l'avantage parût rester au roi. Il maintenait que les armes déposées à Hull étaient sa propriété particulière, il les avait achetées de l'argent qu'il avait emprunté, avant l'invasion des Écossais ; que la ville lut appartenait , car elle provenait de la couronne, et était toujours tenue par charte royale ; et que la forteresse était à lui, puisque le commandement de toutes les fortifications du royaume lui appartenait (2) ; mais il était inutile de parler de droits, lorsque la guerre, quoique cachée, existait déjà entre les partis. Les deux chambres avaient déjà voté une
(1) Clarendon , t, 606-516. Husband . 138. Rusbwortb, iv, 565-599 , et les Journaux , t, 16- 26. Los Uotliain se repentirent plus lard; mais ils furent arrêtés et décapités par ordre dn parlement.
(2) Ruibwortb, iv, 507-568.
HISTOIRE D'ANGLRTKHRK.
levée de 16,000 hommes, pour s'opposer au roi, qui prétendait faire la guerre au parlement. Les troupes disciplinées de Ixmdrcs, sous le commandement du général Shippon (20 mai), témoignèrent le plus grand attachement à la cause. Les armes qui élaicut à llull furent transportées à la Tour; un emprunt forcé, à huit pour cent, payé en argent ou en vaisselle, remplit le trésor ; des sommes considérables furent employées à acheter des munitions ; le comte de Warwick (la commission de Northumberland avait été révoquée par le roi) prit le commandement de la flotte, et le comte d'Essex fut nommé général eu chef (12 juill.) , avec la promesse solennelle des lords et des communes, qu'ils vivraient et mourraient avec lui dans la querelle nationale (1).
D'un autre coté, le roi ne restait pas oisif. Beaucoup de membres de la grande et de la petite noblesse, le clergé, et les universités, lui prêtèrent de l'argent ; un vaisseau, que la reine envoya de Hollande, lui amena un secours en armes et en munitions, avec 16 pièces de canon ; les gentilshommes du comté lui offrirent leurs services, et , en opposition à l'ordonnance rendue pour lever la milice, il donna des commissions d'équipement d'après l'ancien usage (12 juin), dans chaque comté séparé. Tout le royaume se trouva en confusion (2). Dans chaque province et presque dans chaque municipalité, on levait en même temps des troupes pour le roi et le parlement. Dans le midi , ce dernier avait l'avantage, les basses classes voyaient en lui depuis longtemps une protection contre les entreprises illégales de la
(1) Journaux, 8, 20,34,41,50,61,66 , 60,70 , 87, 01 , 105, 121 , 140,152, 181, 180, 190, 200- La piye de» soldat* était de 8 p. par jour pour l'infanterie , 2 ». 6 p. pour la cavalerie, c'est-à-dire 10 p. pour l'entretien du cheral . le rrsie pour le cavalier, lbid. , 190, 197 ; le oéuéral en chef recevait 10 livres , le Général de cavalerie 6 livres par jour.
(2) On objecta d'abord que les commissions données par le roi a York ne pouvaient avoir de valeur , parce que le fjrand « eau n'y était pas apposé. Tour remédier a cette difficulté, l.yiileton, le garde des sceaux, se laissa entraîner par Hyde à emporter les sceaux , et il se rendit à York au mois de mai. Les deux chambres furent irritées. Mais, pour leur propre sûreté, elles ordonnèrent de fabriquer un nouveau grand sceau, et le confièrent à leurs commissaires. Vie de Clarendon , 61-64. Histoire , i , 568 574 Rusbworih , iv , 718. Journaux des lords, 03
royauté, et la prompte vengeance qu'on avait tirée des derniers symptômes de désobéissance engageait les classes plus élevées à feindre des sentiments qu'elles n'éprouvaient [ pas. Dans beaucoup de villes il y eut des ren- | contres entre les partis; le sang coula, et l'on se fit réciproquement des prisonniers ; lorsque les royalistes avaient le dessous, leurs propriétés étaient pillées par la populace (1).
Cependant beaucoup de personnes , â York, et au parlement , travaillaient toujours à effectuer une réconciliation. Le roi, disaient-elles, avait fait de grandes concessions; tout ce qu'on pouvait désirer était des sûretés pour l'exécution, et pourquoi ne les obtiendrait -on pas aussi aisément par un traité que par la guerre? Charles demandait une réponse aux propositions qu'il avait faites au commencement de Tannée, et ses adversaires, pour faire cesser la clameur de leurs adhérents, présentèrent dix-neuf articles , comme base d'une pacification. Ils étaient rédigés en tout sur le modèle des concessions obtenues par les Écossais : que toutes les matières importantes seraient discutées et conclues dans le parlement ; que les membres du conseil, les grands officiers d'État, le grand juge, et le baron de l'échiquier, seraient toujours choisis avec l'approbation du parlement (22 juin), cl demeureraient en place tant qu'ilsse conduiraient bien ; que les gouverneurs et les tuteurs des enfants du roi seraient aussi choisis par le parlement ; qu'on ne négocierait le mariage d'aucun membre delà famille royale sans son consentement; que le roi licencierait toutes ses gardes, révoquerait ses proclamalions, et maintiendrait l'ordonnance relative a la milice dans toute sa force , jusqu'à ce que la question fût décidée par un bill; qu'il serait ; fait une réforme dans l'Église et la liturgie; ! qu'aucun nouveau pair ne siégerait au parlej ment , à moins qu'il ne fût admis du consente- ' ment des deux chambres ; que les pairs papistes seraient privés du droit de voter jusqu'à ce qu'ils • se fussent conformés, et que les enfants des catholiques seraient élevés dans la foi protestante.
Charles répondit qu'il consentait à coucou rir à l'éducalion obligée des enfants catholi-
(i; lbid , 71, III , 115, 117, 119, 182, et Mecuriu» ' Rusticus.