‹ Histoire d' AngleterreChapitre 163 sur 307 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

autoriser les comités, dans, les divers comtés, i a presser des soldats, des artilleurs , et des chirurgiens. Sir Henri Vane, avec trois de ses collègues de la chambre basse, se rendit en hâte eu Ecosse, pour solliciter le secours d'une vmée écossaise; et, afin que Londres fût . assuré contre toute attaque, on traça une ligne de communication militaire autour de la ville, fous les matins, des milliers d'habitants , sans distinction de rang, furent convoqués, tour à tour, à cette tâche; ils se rendaient, tambour battant et drapeaux déployés, au lieu designé, et leurs femmes et leurs filles les y suivaient, pour les aider et les encourager pendant la durée de leurs travaux. En peu de jours, ce grand ouvrage , s'étendant à douze milles en circonférence, fut achevé, et la défense de la ligne, avec le commandement de 10,000 hommes, fut confiée à sir William YYalK r. Esscx, à la requête réitérée du parlement, signa la commission; mais il refusa d'y in.sérer le nom de son rival. Le blanc fut rempli par ordre de la chambre des communes (1).

Londres fut préservé du danger par l'insubordination des royalistes. Le comte, alors marquis de Newcastle, avait associé les comtés du nord en faveur du roi; il avait défait lord Fairfax, le général parlementaire^ Atherton- Moor, et il avait repris Gainsborough en Lincolnshire, malgré les troupes que commandait Olivier Cromwell. Mais il ne put persuader a ses compagnons de s'éloigner davantage de leurs foyers, ni de se joindre à la grande armée des royalistes, daus l'attaque projetée sur la capitale; et Charles, privé de la moitié des troupes qu'il attendait t fut forcé d'adopter un nouveau plan d'opérations. Tournant le dus à Londres, il se rendit vers la Scvcrn, et assiégea Gloucester. Cette ville fut défendue par le colonel Massey , officier brave et déter-

le» personnes malveillantes et ambitieuse* qui, au nom des deux chambres, avaient ploogé le royaume dans une guerre civile ; • s'il» étaient parlementaires , • contre Vei papistes et autres personnes malintentionnées qui entouraient le roi. • Dan* chacune , on adopta des règlements pour fixer le nombre des hommes qui devaient être levés, armés, et iu»lruils, et l'argent qu'on devait lever a cet effet daus chaque municipalité. Rusbw. , v, 66 , 94-117,119,381.

(I) May, 214. Journaux , 18, 19 , 27 juil'et ; des lords, 149,158,175,181.

miné, avec une opiniâtreté proportionnée à son importance; et Essex, à la tète de 12,000 hommes, entreprit de faire lever le siège* Oncroyait ce dessein impraticable; mais tous les efforts des royalistes pour empêcher son passage furent infructueux; et le vingt-sixième jour (5 sept.), la décharge de 4 pièces d'artillerie, des collines de Presbury, annonça son arrivée aux habitants. Les assiégeants brûlèrent leurs baraques, et se retirèrent; et Essex, ayant employé quelques jours à refaire ses troupes, et à ravitailler la place, reprit sa marche dans la direction de Londres (19 sept.). Eu approchant de Newbury, il trouva l'armée royale prête à lui disputer le passage. Je n'essayerai pas de décrire un combat qui a été rendu inintelligible par les narrations confuses et contradictoires de divers écrivains. La cavalerie du roi parait avoir été supérieure à celle de l'ennemi; mais elle ne put produire aucun effet sur la forêt de piques présentée par l'infanterie. La bataille dura, avec acharnement, très-avant dans la soirée, et les deux armées passèrent la nuit sur le champ de bataille; mais le matin, le roi permit à Essex de traverser Newbury, et, ayant commandé au prince Rupert de harceler l'arrière-garde, U se relira, avec son infanterie, sur Oxford. Les parlementaires s'arrogèrent la victoire; et leur général, ayant fait son entrée triomphale dans la métropole, sollicita la permission de résigner son commandement , et de voyager sur le continent. Il opposa , à ceux qui cherchaient à le dissuader, la méfiance avec laquelle il avait été traité, et l'insulte qu'on lui avait faite en confiant l'autorité à Waller. Plusieurs expédients furent suggérés: mais le lord général sentait tout son avantage: sa jalousie ne pouvait être guérie ni par la flatterie ni par la soumission ; et Waller, après un long débat (9 oct.), fut obligé de résigner son commandement (1).

Aussitôt que le parlement se fut rerois de l'alarme causée par la perte de Bristol , il trouva le loisir de consacrer une partie de son attention au gouvernement civil du royaume. 1° L'absence du grand sceau avait amené des

(1} Rusbworifa, v, 296, 290, 293. May, 220-228. Clarendon, m, 347. Journ. , 26, 28 sept , 7, 9 octobre j tt lords . vi . 218 , 242 , 246, 247, 317, 336.

inconvénients sérieux, les jurisconsultes ayant jugé son application nécessaire pour donner de la validité à plusieurs sortes d'arrêts. Les deux chambres et leurs partisans se trouvaient privés de cet avantage, pendant que le roi, de son côté, pouvait délivrer des brevets et des commissions dans les formes accoutumées ( 15 mai). Pour remédier au mal , les communes avaient volé un nouveau sc< au ; les lords hésitèrent , mais enfin on leur arracha leur consentement. Des commissaires furent nommés pour remplir l'emploi du garde des sceaux, et plus de cinq cents arrêts furent scellés dans un seul jour. 2° L'administration publique de la justice avait été suspendue pendant une année. Le roi ajournait constamment les assises de Westminster à Oxford, et les deux chambres défendaient aussi constamment aux juges de faire leurs tournées pendant les vacances. Maintenant les cours furent ouvertes sous l'autorité du nouveau sceau. Les commissaires siégèrent à la chancellerie, et trois juges, tout ce qui restait avec le parlement, Bacon, Reeve, et Trevor, aux cours du banc du roi, aux plaids communs, et a l'échiquier. 3° On reprit la poursuite des juges, ù cause de leurs opinions dans l'affaire du ship-money. H ne restait que deux de ceux que l'on avait accusés, Berkley et Trevor. Le premier fut condamné à une amende de 20,000 liv. ; le second, de 6.000 liv. ; Berkley obtint la remise de la moitié de l'amende, et tous les deux furent libérés de l'emprisonnement auquel ils étaient destiués (1).

Depuis le commencement des troubles , une parfaite harmonie avait régné entre les chefs des covenantaires écossais et les principaux réformateurs anglais. Leurs vues étaient les mêmes, leur objet semblable : les Écossais avaient à la vérité combattu et vaincu ; mais ils ne jouissaient du fruit de leur victoire que très-précairement , a tant que le sort de leurs frères d'Angleterre dépendait des chances incertaines de la guerre.* La politique, autant que la religion, les engageait à intervenir; le triomphe du parlement assurerait leur propre liberté ; il pourrait servir à propager le culte pur de leur

(1) Journaux des lord», vi , 214 , 252 , 264 . 301 , 318. Jouru. des communes, 15ii>ai,5 juiUet, 28tepL Rushw., 141, 115, 339, 3J2, 361.

Église. Ceci avait été prévu par les royalistes écossais, et Montrose, qui, par l'acte contre les conspirateurs, avait été éloigné de toute relation avec le roi, profita du débarquement de la reine à Burlington pour la visiter à*York. Il lui signala la probabilité de l'envoi d'une armée par le covenant écossais au secours du parlem nt, et offrit de prévenir le danger en levant en Écosse une armée de 10.C00 royalistes. Mais il rencontra l'opposition de son ennemi, le marquis d'Hamilton, qui supplia que Ton n'armât point Écossais contre Écossais, et s'engagea sur sa responsabilité à maintenir la paix entre le peuple écossais et le souverain. Son avis prévalut, les royalistes d'Êcosse reçurent Tordre de suivre sa direction, et pour le maintenir dans les intérêts du roi, on lui conféra le titre de duc (1).

Si Mamillon était sincère, il s'était formé une fausse idée de sa propre importance ; les chefs écossais, agissant comme s'ils étaient indépendants du souverain, convoquèrent une convention. Les états se réunirent , au mépris de la défense du roi. et ils firent connaître qu'ils étaient prêts à fournir des secours, et reçurent des remerclments de cette offre ; mais, à leur grande surprise et irritation, plusieurs mois s'écoulèrent, et cependant aucun commissaire n'arrivait pour faire la demande que l'on attendait. Le fait est que, parmi les réformateurs anglais, il en existait beaucoup qui craignaient de se donner des maîtres sous le nom d'alliés, et d'autres qui détestaient l'intolérance de l'Église presbytérienne autant que la tyrannie de l'Église des prélats (2). Mais les succès du roi détruisirent ces objections ; et, au mois de juillet, quatre commissaires, Vane, Armyn , Hatcher, elDarley, avec le presbytérien Marshall et le ministre indépendant Nye, furent envoyés (20 juillet) avec de pleins pouvoirs en Écosse (3). La convention des étals

(1 ) Cbrendon , it, 624. Gulhric , 127.

(2) • La jalouxie déraisonnable que le* Anglais ont de noire naltou est au delà de toutes le» bornes . et n'est pas bien Tue ici. Si M. Meldrum ne nous donne pas bientôt toute satisfaction , quant à la conformité du gouTerueraeni de l'Église , ce sera un grand obstacle pour leurs affaires.» Baillie, 28 juillet, i, 372. Voyez aussi Dalrymple.u, 144.

[3; Les Ecossais n'approuvèrent pas celte mission des

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