H HISTOIRE DV
De 8,000 hommes, qui composaient primitive- • ment ses forces, elles étaient réduites à 4.000 par la fatigue, la désertion, et ses dernières pertes; et le comité des deux royaumes rappela son général favori de sa fatigante et infructueuse poursuite (I).
Pendant ces marches et ces contre-marches, dans lesquelles le roi n'avait d'autre objet que d'échapper aux gens qui le poursuivaient, dans l'espérance que quelque événement heureux mettrait la fortune de son côté, il reçut des dépêches du marquis de tSewcastle. Le malheureux prince vit à l'instant le danger qui le menaçait. La perle d'York devait le priver des comtés du nord, et la jonction subséquente de l'armée assiégeante avec ses adversaires du sud, constituer une force contre laquelle il serait inutile de se débattre. Sa seule ressource était dans le courage et l'activité du prince Rupert ( 14 juin ). Il donna l'ordre à ce chef de rassembler toutes ses troupes, de se porter en toute hâte sur le Yorkshire, de comlattre l'ennemi, et de bien se souvenir que deux choses étaient nécessaires pour la conservation de la couronne : de secourir la ville, et de défaire l'armée combinée (2).
Aux premiers jours du printemps, Rupert sortant de ses quartiers d'hiver (21 mars) , avait marché vers Shrewsbury, surpris l'armée parlementaire devant Ncwark , et, après une vive action, l'avait forcée de capituler (26 mai). Il passa alors dans le Cheshire et le Lanca*hire,où il prit Stock port , Bol Ion, et Liverpool(l I juin), et leva le siège de latham-House , que la comtesse de Derby avait vaillamment défendue pendant dix-huit semaines. A la réception des ordres du roi, il prit avec lui une partie de sa propre armée, et quelques régiments venus depuis peu d'Irlande. De nombreux renforts lui arrivaient à mesure qu'il s'avançait, et, à son approche, l'armée combinée jugea prudent d'abandonner les redoutes qu'elle venait d'établir devant la ville ( 1er juillet). On le reçut avec des acclamations de joie ; mais il aban-
(t) Rudiworth, v, 670-676. Clarendon, tv, 487-493, 497-502 Baillée , n , 34.
(2) Yoyeiaa lettre dans les Mémoires d'Evelyn, n, App , 88 Elle diwulpe entièrement Rupert de l'obatinali ni et de la témérité qu'on lui imputa pour avoir engagé la bataille de Manon Moor.
donna York le jour suivant . pour livrer la sanglante et décisive bataille de Marston-Moor (1). Les deux armées s'élevaient à peu près au même nombre d'hommes, à 23,000, dont les deux cinquièmes étaient composés de cavalerie. Vers cinq heures de l'après-midi , elles avaient formé leurs lignes à peu de distance l'une de l'autre, séparées seulement par un fossé étroit , ou petit ruisseau. L'n silence effrayant s'établit. I-es deux armées s'examinaient sans bruit, en attendant le signal du combat. A sept heures, les confédérés le donnèrent. Rupert, avec son impétuosité accoutumée, chargea l'aile gauche de l'ennemi . qui fut rompue et s'enfuit ; et le prince, incapable de profiter des leçons de l'expérience, continua sa poursuite jusqu'à ce qu'enfin il se trouvât à plusieurs milles du champ de bataille.
L'infanterie royale, sons Lucas Goring et Porter, avait en même temps chargé ses adversaires avec un égal succès. I-a ligne des confédérés fut coupée sur plusieurs points, et les trois généraux, Manchester, Levcn, etFairfax, pensant que tout était perdu , s'enfuirent sur diverses directions. 11 était réservé à Cromwell de réparer les fautes de ses supérieurs avec ses « Cottes de fer» et la cavalerie écossaise. Après un sanglant engagement , il avait chassé le comte de Newcastle de sa position à gauche, et, laissant un petit nombre d'escadrons pour observer et harasser les fuyards , il revint se jeter à lïmprovistesur le flanc de l'armée royale. Une alarme soudaine se répandit parmi les gens qui se regardaient déjà comme vainqueurs. l.es régiments furent séparément attaqués l'un après l'autre et dispersés. Mais les ■ Cottes blanches, n corps de vétérans, levé par le comte de Newcastle, se formèrent en cercle, et taudis que les uns avec leurs piques contenaient vigoureusement les assaillants, leurs mousquetaires faisaient un feu bien nourri sur l'ennemi. Si ces vaillants soldats avaient été soutenus, la bataille aurait pu être rétablie, mais leurs munitionss'épuisèrent. Alors une trouée fut faite dans leurs rangs; ils refusèrent quartier, et ces braves, la dernière espérance des royalistes, tombèrent chacun dans la place où il avait combattu.
La bataille de Marston-Moor prit fin avec le
(I) Ruihw.,v,307l623,532.