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CHAPITRE XIII

commandées par Poiulz; mais uu détachement, sorti du camp, rétablit le combat, et les força de se retirer sous les murs de la ville. Là , avec le secours de la garde du roi, ils reprirent l'offensive; mais, dans la poursuite, ils se laissèrent entraîner dans des défilés bordés de soldats d'infanterie qui les jetèrent dans un désordre irréparable. 600 soldais furent tués dans l'action, plus de 1,000 obtinrent quartier, et le reste se dispersa de tous côtés. La nuit suivante, Charles se retira à Denbitfh, réunit les fuyards autour de lui , et évitant Pointz avec adresse , se bàla d'arriver à Bridgcnorlh (31 sept.), où il fut rejoint par son neveu Maurice, détaché de la garnison de Worcesler (1).

Le seul conseiller infime en qui le roi eut placé sa confiance dans cette expédition était le lord Digby. Ce seigneur, malheureusement pour les intérêts de son souverain, s'était attiré la haine de son parti; les uns le haïssaient, à cause de son ioimilié contre le prince Rupert ; les officiers généraux , parce qu'ils supposaient qu'il gouvernait l'esprit du roi, mémcdanslcsopérationsmilitaires; enfin, tous ceux qui désiraient la paix, parce qu'ils attribuaient à ses avis l'obstination de Charles à continuer la guerre. L'opinion générale voulait que le roi établit ses quartiers d'hiver à Worcester; mais Dij;by, craignant de se trouver renfermé pendant quatre mois dans une ville dont le frère de Rupert était gouverneur (4 oct.) , lui persuada de se retirer dans son asile habituel , à Newark. S'étant aperçu, dans celte ville, que le mécontentement augmentait parmi les of6cicrs, il quitta son souverain, mais chargé par lui d'une mission importante et honorable (12 oct.). Langdalc engagea la cavalerie du nord, montant encore à 1&00 hommes, à essayer de se joiudre au héros écossais Mon i rose, et ù recevoir Digby comme commandant en chef. La première expédition du nouveau général fut la complète dispersion de l'infanterie du parlement, dans le voisinage de Doncastcr; mais, peu de jours après, ses propres troupes furent dispersées par le colonel Copley, àShcrburne. Elles se rallièrent à

(1) Clarendon, n, 712 RusUwoi iIj, vi, 117 Journ., vi, * 008.

i Skiplon, forcèrent leur marche à travers Wcstmoreland et Cumberland, et pénétrèrent jus- 1 qu'à Dumfries; mais elles ne purent avoir ,' aucune nouvelle de leurs alliés écossais. En | retournant vers les frontières, elles se débanj dèrent auprès de Carliste, les particuliers se retirant dans leurs maisons, cl les officiers dans l'île de Mao. Langdale resta à Douglas; Digby se rendit auprès du marquis d'Ormond en Irlande (1).

Charles , durant son séjour ù Newark , avait I éprouvé qu'avec sa bonne fortune il avait perdu son autorité. Ses deux neveux, le lord Cérard, et environ vingt autres officiers, entrèrent dans sa chambre , et l'accusèrent, dans un langage grossier et insultant , d'ingratitude pour leurs services , cl d'une partialité injuste pour le traître Digby. Le roi ne put modérer sa colère, et leur ordonna , avec plus de chaleur qu'il n'en avait jamais montré dans aucune occasion , de quitter sa présence pour toujours (29 oct.). Us obéirent, et reçurent le lendemain malin des passe-poris pour se rendre où ils voudraient; mais il était temps que le roi songeât lui-même à son départ. Les forces ennemies se multipliaient autour de Newark , cl les Écossais s'avançaient pour se joindre au blocus. Il se sauva dans le silence de la nuit (3 nov.), avec 600 hommes seulement, au château de Bel voir ; de là , n l'aide de guides expérimentés, il passa à travers les nombreux postes de l'ennemi; et le second jour il atteignit, pour la dernière fois, les murs d'Oxford (5 nov.). Cependant, s'il se trouvait en sûreté dans celle ville, il le devait à la politique du parlement, qui jugea plus prudent de réduire les comtés de Devon et de Cornwall, principales retraites de ses adhérents. A cet effet, Fairfax, suivi de la grande armée, mit le siège devant Excter; Cromwell avait déjà depuis longtemps balayé toutes les garnisons royales , entre celle ville

et la métropole (*)■

Le lecteur doit avoir souvent remarqué avec quelle impatience le roi attendait l'arrivée d'un secours militaire d'Irlande. Il est temps d'ex-

(I) Clarendon , Hbt., u, 711. Mém. de Clarendoo, u, 19s*. Ruthw., vi, 131

(2; Clarendon , n , 719-723. Ruibworlb, VI, 80-5)5. Jguriiaiii.f>7l, 072

pliquer l'intrigue sur laquelle il fondait ses espérances, et les causes qui firent que son espoir fut déçu. Tous ses efforts pour conclure Ja paix avec les insurgés avaient été repoussés par l'obstination des anciens Irlandais, qui demandaient, comme une condition indispensable , l'établissement légal de leur religion ( I \ Ils alléguaient que les catholiques étaient le peuple d'Irlande ; qu'ils venaient de conquérir la plupart des églises, qu'on n'avait retirées à leurs ancêtres que depuis un siècle; et qu'ils ne pouvaient , en honneur et en conscience , les remettre à ceux qui professaient une autre religion. Charles s'était abandonné à l'espoir que le lord lieutenant aviserait à quelque moyen de satisfaire à leur demande, sans compromettre le caractère de son souverain (2); mais les scrupules ou la prudence d'Ormond l'engagea à choisir un ministre de dispositions moins timides et plus accommodantes, et il le trouva bienl ôt dans la personne du lord Herbert, catholique et fils du marquis de Worccster. Herbert portait le dévouement le plus profond à son souverain ; il avait vécu avec lui pendant vingt ans dans l'intimité; il avait, d'accord avec son père, dépensé plus de 200,000 liv. pour soutenir la cause royale ; et tous deux avaient publiquement , et à plusieurs reprises, fait connaître leur détermination de vivre ou de succomber avec le trône. Le roi lui expliqua donc ses difficultés, ses vues, et ses désirs : quoique bien tombe , il avait cependant encore une ressource suffisante dans les deux armées d'Irlande. Il pouvait avec elles tenir tète à ses ennemis, et rétablir son autorité ; mais malheureusement , cette assistance puissante et nécessaire lui était enlevée par l'obstination des catholiques irlandais, dont les demandes étaient telles, qu'en y accédant publiquement, c'eût été perdre l'affection et le soutien de tous les protestants de ses Étals. Il ne connaissait qu'un moyen d'éluder la difficulté: c'était l'emploi d'un ministre secret et confidentiel, dont le crédit parmi les catholiques donnerait du poids à ses assurances, et dont la loyauté ne

(1) Narralion M», de Riniicciiii.

(2) Voyez la Correspondance dans l'Ortnond de Carte, ii, App., xv, xtui, tx, »ii ; m, 372. 3S7, 401. Œuvre* de Ourle», 155.

refuserait pas de s'exposer aux dangers ou d'encourir la disgrâce pour les intérêts de son souverain. Herbert lui offrit ses services avec joie. Il fut convenu qu'il négocierait avec les confédérés le secours immédiat d'une armée de 10,000 hommes; qu'en récompense de leur bonne volonté à servir le roi , il leur ferait de certaines concessions, relatives à la religion; mais qu'elles resteraient secrètes , tant qu'on jugerait que leur publicité pourrait préjudicier aux intérêts du monarque , afin que Charles , dans le cas où on les découvrirait, eût la ressource de désavouer les opérations d'Herbert, jusqu'à ce qu'il fût lui-même dans une position à pouvoir mépriser les plaintes et la malveillance de ses ennemis (1).

A cet effet, Herbert (créé alors comte de Glamorgan)fut pourvu (2 janv. 1645), 1° d'une commission pour lever drs soldats, battre mounaie, et employer les revenus de la couronne a leur entretien; 2° du pouvoir d'accorder, à de certaines conditions, aux catholiques irlandais, des concessions ( 1 2 mars ), qu'il ne serait pas prudent que le roi , ou son lieutenant, déclarât ouvertement; 3° d'une promesse de la part de Charles de ratifier tous les engagements que son envoyé souscrirait , quand même ils seraient contraires a la loi; 4° de diverses lettres pour le pape, le nonce, et tous les princes dont on attendait des subsides. Mais on prit des précautions pour qu'aucun de ces documents ne vint à la connaissance du conseil. La commission ne fut pas scellée à la manière accoutumée : les noms des personnes à qui les lettres devaient être remises n'étaient point écrits , et tous les papiers péchaient , chacun en quelque chose, contre la forme, afin que le roi pût avoir un prétexte plausible de nier leur authenticité, dans l'événement d'une découverte prématurée (2).

Glamorgan commença sa mission chevaleresque, et, après diverses aventures, il parvint à débarquer sain et sauf en Irlande. On ne peut douter qu'il ait communiqué la substance de ses instructions a Ormond ; et si, dans la suite de ses opérations, il y parut rester quelque

(1) Ména. de Clarendon . h, 201.

(2; Voyez le» autorités dans la note W à la (in du volume

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