CHAPITRE XIII
sadeur français, de sonder les intentions des | sion â l'égard de l'origine de l'épiscopal, il Écossais, qui offraient de lui donner un asile pouvait, dans sa détresse actuelle, consentir au milieu de leur armée et de se déclarer en sa faveur, s'il voulait consentir aux trois demandes faites par eux, durant le traité, à Uxbridgc. Charles écoula les deux partis ; mais, dans son
opinion, il donna la préférence aux indépen dants, qui ne demandaient que la tolérance, tandis que les Écossais prétendaient imposer leur croyance à la conscience des autres ; et il paraît qu'il ne comprit pas le fait important que les derniers voulaient au moins l'accepter pour roi, tandis que les autres ne tendaient à rien moins qu'à l'entière subversion de son trône (1).
Il avait envoyé d'Oxford (5 déc.) plusieurs messages au parlement (15 déc): par l'un d'eux, il demandait des passe-ports pour des commissaires, ou un libre accès et une sauvegarde pour lui-même. On refusa d'accéder à ses demandes, en disant qu'il avait employé la liberté qu'on lui avait accordée par les traités antérieurs (26 déc.) à tenter la fidélité des commissaires (29 déc), et qu'il serait imprudent de lui procurer désormais la facilité de se livrer à de semblables intrigues (1646, 15, 17, 26 janv.). Cependant les convenances exigeaient qu'en retour les deux chambres fissent leurs propositions ; rt Ton résolut de lui soumettre certains articles auxquels il devait donner immédiatement et sans discussion son assentiment ou son refus. Les Écossais se prononcèrent en faveur des trois premières propositions; mais leurs adversaires y introduisirent quelques changements importants, dans le double but de prolonger les débats jusqu'à ce que le roi fût entouré dans Oxford , et d'y faire de telles additions, que la rigueur des conditions amènerait nécessairement leur rejet (2).
Dans ces circonstances, Monlreuil l'avertit qu'il n'avait pas un jour à perdre ; que les indépendants ne cherchaient qu'A le tromper pour amener sa ruine; que sa seule ressource était d'accepter les conditions que lui offraient les Écossais, et que, quelle que fût sa prrsua-
(1) Mémoires de Clarendon , u, 209-211. Bailiie, h, 188.
(2) Œuvre* de Charte*, 518-550. Journaux, vin , 31, 45, 53, 72. Bailiie, H, 144, 173, 177, 181, 190
en conscience à la demande relative au presbytérianisme , parce qu'on n'exigeait pas de lui d'introduire un culte qui ne fût pas encore établi, mais de laisser exister celui qu'il n'avait pas le pouvoir de supprimer. L'opinion de la reine régente de France se rapportait au\ instructions qu'il venait de recevoir; et ce fut la même prière que lui adressa son épouse, Henriette-Marie. Mais aucun argument ne put ébranler la résolution du roi (1). Il refusa avec fermeté , mais avec modération, et renouvela la demande d'une conférence personnelle à Westminster. Le message était conçu dans des termes aussi énergiques que la langue pût en fournir; mais il arriva au moment le moins propice, le jour même où le comité des deux royaumes jugeait convenable de communiquer aux deux chambres les papiers relatifs au traité fait entre Glamorgan et les catholiques d'Irlande. Au milieu de la fermentation et de l'exaspération occasionnées par cette découverte, la lettre du roi resta oubliée (2).
La publication de ces importants documents imposait à Charles la nécessité de justifier sa conduite aux yeux de ses sujets protestants. Cette tâche n'était pas d'une exécution facile, à moins qu'il ne se servit lui-même de la permission qu'il avait arrachée à l'attachement de Glamorgan. Dans un autre message, qu'il envoya aux deux chambres, il protesta qull n'avait jamais donné d'autre commission à ce seigneur que d'enrôler des soldats, et qu'il ne l'avait autorisé à traiter sur aucun sujet, sans la participation du lord lieutenant ; qu'il désavouait toutes ses opérations et les engagements qu'il avait contractés envers les catholiques d'Irlande ; et qu'il avait ordonné au conseil privé de Dublin de le poursuivre , suivant la loi, pour le punir de son audace (3).
(1) Mémoire* de Clarendon, u, 211-214. «Que me* ennemi* ne se flattent pas Uni de leur bon succès. Sans prétendre à cire prophè.e, je prédi* leur ruine, à moins qu'il* ne veuillent s'accorder avec moi , de quelque manière qu'il plaise ù Dieu de disposer de moi. •
(2) Mémoires de Clarendon, u, 213. Journaux, 10 janvier; Communes, iv, 16 janvier. OEumsde ( harlc*, 551. Bailiie, u, 185.
(3) Journ.,*iii, 13 >. OKuvres de Charles, 555.
Mais ce conseil , ou du moins !e lord lieutenant, avait en sa possession un document inconnu du parlement : c elait une copie de la garantie par laquelle Charles s'était engagé à confirmer tout ce que Glamorgan promettrait au nom du roi. Celte circonstance l'obligea, dans sa réponse à Ormond , à abandonner son plan (31 jauv.), et à affirmer qu'il ne se ressouvenait nullement d'une telle garantie ; qu'en effet, il était possible qu'il eut donné au comte des lettres de créance pour les catholiques irlandais; mais que s'il l'avait fait, c'était seulement avec l'intention qu'où ne s'en servit pas sans la participation et l'approbation du lord lieutenant. Quiconque considérera la tendance évasive de ces réponses, y trouvera des preuves abondantes des droits de Glamorgan (1).
Ce seigneur avait déjà recouvré sa liberté. Pour se préparer contre les hasards ultérieurs, et pour laisser au roi ce qu'il appelait « un faux fuyant , » il avait eu soin de joindre à son traité un article secret nommé contre-lettre, qui stipulait que le souverain et lui ne seraient pas plus engagés qu'ils ne le jugeraient à propos, après qu'il aurait eu une preuve des efforts des catholiques en sa faveur ; mais que lui, Glamorgan, cacherait à la connaissance du roi celte contre-lettre, jusqu'à ce qu'il eût fait tout ce qui était en son pouvoir pour procurer l'exécution du traité (2). Il produisit celte pièce extraordinaire pour sa justification. Le conseil ordonna de le mettre en liberté, sur caution de comparaître quand Tordre lui en serait donné, cl il se hâta, sous l'approbation du lord lieutenant, de reprendre ses négociations avec les catholiques, à Kilkenny. Il trouva l'assemblée générale divisée en deux factions. Le clergé et ses adhérents s'opposaient à ce qu'on acceptât aucune paix dans laquelle rétablissement du culte catholique ne serait pas ouvertement reconnu ; et leurs arguments étaient soutenus par 1 emprisonnement récent de Glamorgan, et par la secrète influence du nonce du pape, Rinuccini, archevêque cl prince de
(t) Carte, m, 443-4».
(2) Comparez Carte, i, 551, avec Belling, Vindici.T, 17. Aucun de ces écrivains ne donne une entière copie de la contre lettre. Belling dit que ce fut ce qui fit sortir Glamorgan de prison.
Fcrmo, qui venait de débarquer en Irlande» D'un autre côté, les membres du conseil, les lords, et les gentilshommes du Pale, demandaient énergiquement que l'on adoptât un des i deux expédients mentionnés plus haut , comme I offrant une sécurité suffisante pour l'Église, et i le seul moyen de réunir les protestants roya- | listes dans la même cause que les catholiques. D'après le conseil du nonce , la décision fut remise au mois de mai ; mais Glaraorgan n'oublia pas la détresse de son souverain ; il obtint immédiatement un secours de 6,000 hommes, et la promesse d'un renfort considérable. 11 s'avança ensuite vers Walerford, avec le projet de faire lever le siège de Chester. Là, pendant qu'il attendait l'arrivée des transports, il reçut la nouvelle du désaveu public de son autorité par le roi. Mais il en ressentit peu d'inquiétude. Il l'attribua à sa cause réelle, le danger dont Charles était menacé , et il avait déjà reçu l'avis «de ne tenir d attire compte de ces déclarations, que de se mettre en position de secourir son maître, et de procurer sa liberté »(!}. Peu de temps après, arriva la fâcheuse nouvelle que Chester venait de se rendre. La perte de Chester fut suivie de la dissolution de l'armée royale dans le Cornwall , sous le commandement du lord Hopton ; et le prince de Galles, ne pouvant plus rester dans celle ville avec sûrelé, s'enfuit d'abord à Scilly, et de là à Jersey. Il ne restait pas le plus petit point, sur la côte d'Angleterre, où les Irlandais auxiliaires pussent débarquer avec quelque apparence de succès. Glamorgan dispersa son armée. 300 hommes accompagnèrent le lord Digby, afin de former une garde pour le prince. Un corps de troupes plus considérable marcha sur l'Écosse, au secours de Monlrose, et le reste revint à ses anciens quartiers (2).
(I) Birch, 189.
(2; Si l'année de 10,000 hommes que devait avoir Glamorgan eût débarqué en Angleterre, la guerre eût probablement pris un caractère plus sanguinaire. Le» chambres avaient publié une ordonnance qui prescrivait de ne point faire de quartier à aucun Irlandais ou papiste . venant d'I r lande ; qu'ils devaient être exceptés de toutes 1rs capitulations, et que chaque fois qu'on en prendrait un , on le mit a mort immédiatement ( Rusbwortb, », 729,24ociobre 1644). La marine exécuta rigoureusement cet ordre. Les marins irlandais pris étaient invariablement liés dos à dos, et jetés 1 la mer. Nous Usons qu'a