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CHAPITRE II

Flandre , la forél de Waes : les arsenaux d'Anvers, de Nieuport, de Gravclines et de Duukerque, étaient remplis d'artificiers, et les rivières et les canaux couverts de bateaux à fond plat, destinés à servir de transports dans l'invasion projetée. La réputation de Farnèse , le danger et la gloire de l'entreprise , avaient attiré un grand nombre des volontaires, des plus nobles familles d'Europe. On ne rencontrait sur les routes que des corps de troupes qui se rendaient, de l'Espagne, de l'Allemagne, et de l'Italie au lieu du rendez-vous; et quand le duc de Parme, après avoir passé ses troupes en revue, eut laissé au comte Mansfcldl 11.000 bommes de renfort, pour les garnisons ordinaires qui défendaient le pays, il lui restait encore , pour l'invasion de l'Angleterre, 30,000 bommes d'infanterie et 1800 hommes de cavalerie (1).

Il était impossible que tant de préparatifs échappassent à l'attention du gouvernement anglais ; mais Philippe , pour cacher leur destination réelle, faisait répandre différents bruits. Elisabeth était plongée dans la plus cruelle incertitude : ignorant si l'orage fondrait sur sa tète ou serait dirigé contre les insurgés de la Belgique, il était nécessaire qu'elle se tint sur ses gardes; mais l'avarice la portait à se mener des conseils de ses ministres et des avertissements de leurs espions, et elle pressait ou retardait alternativement ses préparatifs, selon querespoiroulacrainte prédominait dans son esprit. Elle consentit facilement à ce qu'on établit un conseil militaire pour la défense du royaume , à ce qu'on enrôlai tous les hommes , depuis l'âge de dix-huit ans jusqu'à celui de soixante, à ce que les lords lieutenants formassent des compagnies de milice, nommassent des officiers et se pourvussent d'armes

du Nord; 2° 1rs narres, qui empruntaient le secouru des rames, et portaient de* canons sur la proue et la poupe ; 3" les oaléasses , plus vastes et plus larges d'un tiers que les galères, ayant des canons de chaque coté, entre les bancs des rameurs ; 4° les galions ou grandes chiulcs, de la forme des vaisseaux ordinaires, mais d'une très grande longueur, avec des canons sur chaque coté, et de formidables batteries a la proue et a la poupe. Voyez Stradd, I. ix, anno 1558.

(I) Slrada, ilnd Papier; «le llardwirkr. i. 751. fainden , 561.

aux frais des comités; mais appeler ces hommes à un service actif eût été entraîner la couronne dans une grande dépense. Elle conservait toujours l'espoir d'éviter la guerre, et si à la fin elle ordonna de réunir deux armées, une de 36,000 hommes, sous le commandement de Hunsdon , pour la défense de sa personne royale, et l'autre de 30,000, sous le comte de Leiccster , pour la protection de la capitale, ces mesures furent tellement différées que la première n'exista jamais que sur le papier , et que la seconde atteignit à peiue la moitié du nombre spécifié (1); tout cela ne pouvait imposer beaucoup. Des troupes inexpérimentées, levées avec tant de précipitation, n'eussent présenté qu'une faible résistance à l'armée nombreuse et disciplinée du duc de Parme (2). Mais l'Angleterre devait être sauvée par l'habileté et l'intrépidité de sa marine.

Pendant l'automne , le sentiment du danger arracha à la reine l'ordre de lever 5,000 matelots. Au mois de janvier elle se repentit de sa prodigalité et ordonna d'en congédier 2,000. Néanmoins, comme le bruit de l'invasion prenait une consistance plus sérieuse , elle céda aux prières de son conseil ; le nombre fixé fut non-seulement complété , main encore il fut porté à 5,000 hommes (3). La marine royale se composait de 34 vaisseaux de guerre, dont 5 de la force de 8 à 1100 tonneaux. La ville de Londres en four-

(I) I<es ordres concernant l'armée de Leicester avaient été donnés au mois de juin. On peut voir dans Murdiu (61 1) comment elle eût été composée. Klle devait consister en 27,000 hommes d'infanterie , 407 lancier*, 2,01 1 chevau-legers , et 18 pièces d'artillerie. Néanmoins, le 10 août, elle n'excédait pas 15,000 hommes de pied, avec une quantité proportionnelle de cbevaox. Siowe, 743. Ni la (lotte n'eût pas été dispersée par les brûlots et la tempête, elle aurait essayé d'aborder le 36 ou 31 juillet. Quant a l'armée de lord Hunsdon, personne , à l'esccp- Uon des gens de Londres et de Middlesex, ne reçut l'ordre de se réunir avant le 6 août. Murdiu, 612, 613. Leiccster s'en plaignit le 27 juillet. « Dieu a donné a la reine la force et le pouvoir ; néanmoins elle ne les emploie pas quand elle le doit. > Papiers de llardwicke, i , S70.

C2) Voyez, dans une note des Mémoires de llardwicke. i , 575, l'opiuioti qu'un vieux soldat, sir John Smith , qui instruisait les nouvelles troupes, s'était formé.' de cette armée. Il fit un ouvrage sur la discipline militaire, qui. à cause de quelques passages, fut supprimé. Slrype, iv. 'i?

f.V F^«i comptes du trésorier, dans Murdiu. «20.

HISTOIRE D'ANGIJETKRRE.

uil 33, et plusieurs particuliers 18 voiles, j delà fidélité du roi d'Ecosse, dout la polit •

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