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auxquelles on ajouta, a cause de la circonstaucc, 43 vaisseaux de louage, et 63 cotiers. I* commandement général fut pris par lord Howard d'hffingham, amiral d'Angleterre, eu vertu de sa charge. Sa résolution et son courage étaient généralement connus, et ce qui lui manquait d'expérience navale fut suppléé par un conseil d'habiles gens de mer. Sous lui servaient comme volontaires les comte de Cumberland et les lords Henri Seymour, Thomas Howard et Edmond Shefrield ; Drakc fut nommé lieutenant de la flotte, et les meilleurs bâtiments furent donnés à Havtkins, Forbisher, et autres marins, qui, dans les voyages de commerce, de piraterie ou de découvertes , avaient acquis de l'expérience et mon! ré ce mépris du danger et cet esprit d'entreprise qui a longtemps caractérisé les navigateurs bretons ( I ).
Les seules puissances voisines à qui la reine pouvait demander du secours étaient les États de la Belgique et le roi d'Écosse. Les premiers devaient leur indépendance à sa protection; leur ruine devenait la conséquence inévitable de son asservissement. I. 'intérêt et la reconnaissance les engagèrent à répondre à son appel. Ils oublièrent toutes les dernières causes de démêlés, entreprirent d'intercepter la navigation de l'Escaut, et envoyèrent à la flotte une escadre de 20 voiles. Quant au roi d'Écosse. elle n'osait en espérer une assistance active ; mais s'assurer de sa neutralité était déjà un point de hante importance. Jacques parut balancer : un parti espagnol s'était formé parmi ses sujets; l'adjonction d'une armée espagnole et d'un trésor l'auraient arraché à son inaction , et l'eussent rendu le vengeur du sang de -a mère. Le conseil de Philippe lui suggéra cette idée (2); mais il se méfiait
d) Voyez (but Murdin, Gi j 018. le détail concernant la Ilot le
f 2) Celavisfut donné par Plalo, célèbre ingénieur; el l,r icester non* apprend « que .Jacques avait auprès de lui de» ayenis qui travaillaient h eu obtenir qu'il demand.ll une armée. » Murdm. 502 11 remarque encore : « I.'Ivcimuc est entièrement négligée, re qui causera noire malheur, car 2, 000 bouline» envoyé» par l'ennemi, avec de l'..ri;enl, lèvent nous fane plus de mal que ;50,< 00 hommes qui débarqueraient dai:sl>-io>.iumc I'3]. . |S,| ••\;.|,<\
1 , r>co.
que était de ne se compromettre avec aucun parti avant que l'événement probable de la querelle ne lui parût bien déterminé. Si , pour plaire à ses sujets protestants, il signait le covenant, et faisait échouer l'entreprise de lord Maxwell sur la frontière, cependant, à la même époque, il écoulait avec froideur les excuses sur la mort de MaVie , qui lui étaient portées par lord Hunsdon, avançait ses prétentions d'un ton d'autorité , et tenait le cabinet anglais en suspens, jusqu'à ce qu'il eut arraché d'Ashby , l'ambassadeur résidant, les promesses les plus magnifiques. Alors, à la vérité , il défendit à ses sujets de secourir l'ennemi , et offrit à Elisabeth toutes les for- ^ ces de son royaume (4 août); mais on doit remarquer que déjà l'Armada avait été défaite, cl que les Espagnols fuyaient devant les Anglais , le long des côtes de l'Ecosse ( I ).
Mais il existait dans l'intérieur du royaume une classe d'hommes dont la fidélité suspecte alarmait plus le cabinet que les délais de Jacques et la ruine du roi d'Espagne. ta nombre réel des catholiques était inconnu (car la sévérité des luis pénales les avait forcés à cacher leur religion); mais on conjecturait qu'il s'élevait au moins à la moitié de la population du royaume (2). Jusqu'ici, victimes d'une persécution sans relâche , n'avait on pas des raisons de croire qu'ils recevraient les Espagnols comme leurs libérateurs ? La reine avait été privée de
(1) D'après les dates, il est évident que Jacques ftit tenu en suspens jusqu'à la fin. Pendant l'automne, lord Hunsdon écrivit à ta reine «que si ebe comptait sur quel que amitié ou parenté de sa part, elle se trompait ellemême. > Murdin, .101 . Au mois d'avril. Iluosdon reçut de* instructions pour lui donner satisfaction sur la mort de sa mère. En juin, M. Asbby lui fut envoyé; en juillet, sir Robert Sidney remplit prés delm une semblablemission. Journal de Oeil Murdin. 787 . 7P8 Aucun d'eux ne réussit; car, If 27 juillet. Walsiugham écrivit â Douglas, l'envoyé d'KciisM', de donner le même avis a son malire. Enfin, le 1 aont. .laequrx arrepta la propoMlion d'Ashby, de sjoindre à la reine, et d'en recevoir nu duché avec se» terres . une pension annuelle de 5,000 livre* . et le traitement d'une garde de 150 hommes. Ibid., 788. Rymer, %\t, 18.
(2 Ije docteur Allen était certain qu'il se montait aux deux tiers. Apud Bridftcwalcr, 371. Un -papier trouve »ur t <a glon contenait la même notnion. Slrypc, m.
CHAPITRK 11.
tout droit au tronc par le chef de leur Église : ne profiteraient-ils pas de cet arrêt pour arraeher à ses mains le sceptre de fer dont elle s'était servie pour les gouverner? Pénétrés de ces craintes , plusieurs ministres commencèrent à regarder le massacre de la Saint-Barthélémy comme un exemple utile ; et , sans l'humanité de la reine, les chefs des catholiques les plus distingués par leur naissance et leur fortune, eussent été immolés aux soupçons de leurs ennemis. On proposa l'expédient d'un complot supposé; mais Elisabeth rejeta ce conseil barbare, et , comme on ne découvrit aucune trace de trahison, elle refusa de tremper ses mains dans le sang innocent (l). Encore, la fidélité des catholiques fut-elle soumise aux plus rudes épreuves. Sous prétexte de précaution , tous les réfractaires convaincus furent mis en surveillance. On exigea des magistratsde la capitale un état a des personnes soupçonnées pour leur religion» (2). Dans plusieurs comtés, peut-être même en tous, on fit des visites domiciliaires. Une foule de catholiques, des deux sexes et de tout rang, furent traînés, de tous les points do royaume, dans les prisons communes (3); et le clergé , du haut de la chaire , déclama avec véhémence contre la tyrannie du pape et la perfidie des papistes. Mais nulle provocation ne porta les catholiques à aucun acte d'imprudence. Us déployèrent autant de patriotisme que leurs concitoyens les plus favorisés. Les pairs armèrent leurs tenanciers et leurs domestiques pour le service de la reine; quelques gentilshommes équipèrent des vaisseaux dont ils confièrent le commandement à des protestants, et beaucoup d'entre eux sollicitèrent la permission de combattre dans les rangs, comme volontaires, contre l'ennemi commun (4).
(1) « Adsccuritatemcapila pomificiorum qujusilis caus:«
• dentcl enda. Ma auletn hoc , ni crudele, consilium aver-
• Hâta. - Camden, 566
(2) Le unnibre se montait a 17,083. Murdin , 605. M llattam suppose que c'eut le nombre d» personnes en étal de porter les armes . mais il est dit pli» loin que ce nombre s'éleva l à 30,000.
(3) Ix; lecteur peut se former une idée de h manière dont le* recherches éta;eut faite», d'après les mémoires de Lodge, ii, 371-370.
(4) Slowe, 74fi. Harlean, Miscrl , u , fif. • Personne i e montra l'inif niion de Favoriser les Espaçai». Les \\.\
I istes eux niants redoutaient .itiunt que les autres de
1^ lecteur sera surpris d'apprendre qu'an milieu de ces préparatifs et de ces craintes, Élisabeth et Philippe s'occupaient avec une ardeur apparente à négocier la paix. La reine se livrait toujours à l'espoir de se soustraire ainsi aux dangers d'une invasion. Ce fut en vain que Leicester et Walsingham lui représentèrent que cette tentative était de nature à paralyser les efforts de ses sujets . et à encourager ses ennemis (I). Soutenue de l'opinion de Burghley , elle nomma comme commissaires le comte de Derby, lord Gobham, sir Jam Croft , et Date et Rogers, docteurs en droit civil. Ils abordèrent a Ostende au mois de janvier , et , après quelques formalités préliminaires, ils se rencontrèrent à Bourbourg, près Calais , avec les commissaires espagnols, le comte d'Aremberg, Perrenotte, Richardot,de Mas et Garnier(28 février). Les Anglais ouvrirent la conférence en demandant un armistice. Les Espagnols s'accordèrent , mais seulement pour les quatre villes des Pays-Bas servant de caution dans les mains de la reine. Les Anglais présentèrent alors leurs propositions, au nombre de trois : que Ton renouvelât l'ancienne alliance entre l'Angleterre et la maison de Bourgogne; que Philippe retirât ses troupes étrangères des Pays-Bas, et que la liberté des cultes y fnt permise , au moins durant l'espace de deux an-
voir leur patrie exposée â la cruauté ordinaire des étrangers. • Osborn., 28. Les ministres eux-mêmes , dans la relation qu'ils ont publiée dans presque toutes les langues de l'Europe, sous le titre de • Lettre à Mendoze, • remarquent que , daus cette occasion , on u'avait observé aucune différence entre les catholiques et les protestants ; ils donnent des louantes particulières au vicomte Montagne, qui, acecompagné de son fils et de son petit-fil*, vint se présenter à ta reine à la téte de 200 chevaux qn'M avait levés pour la défendre ; et ils nous apprennent que les prisonniers pour religion , a Ely, signèrent une pétition dans laquelle ils se déclaraient prêts à combattre jusqu'à la mort, pour sa cause, contre les ennemis, fussent des rois, des prêtres, le pape ou tout autre potentat IWd., 15, 17,46.
(I) Wa'.shingham était tres-inquiet relativement a celle paix. Lodge, n, 35ô, 3ofî. Il t'éclara que tous les nommes de bon jugement devaient voir que la négociât ion entraînerait la perte de la reine. Hardwlcke, t,357- 3.50. Il nous apprend que Stafford , l'ambassadeur en France, était ni disgrâce, parce qu'il avait assuré que Philippe n'agissait pan simciemenldans la négociation, tant, dit-il, blâme t on ici tout ce qui peut porter obsfarlc au traité • 1IM
nées. On répondit, relativement au renouvellement de l'alliance, que le roi d'Espagne n'y ferait aucune objection, mais qu'il serait imprudent a lui de retirer ses troupes tant que l'Angleterre et la France seraient en armes ; et que la reine ne pouvait solliciter sérieusement la liberté de conscience pour les protestants de la Belgique, aussi longtemps qu'elle la refuserait aux catholiques d'Angleterre. Les commissaires espagnols demandèrent alors la restitution desvilles que les États avaient engagées à Elisabeth: leurs adversaires réclamèrent en retour le payement des sommes qu'elle avait avancées. De part et d'autre on ne voulut pas céder. On proposa et l'on rejeta des expédients, et les conférences duraient encore lorque l'Armada entra dans la Manche. On pensa généralement que les deux partis avaient entamé les négociations dans le seul but de se tromper mutuellement; mais, si nous en devons croire les lettres particulières des ministres, Élisabeth désirait vivement le rétablissement de la paix(l).
Durant cinq années , le conseil de Philippe s'était fait remarquer par ses temporisations : tout a coup sa prudence se changea en témérité. Le marquis de Santa-Cruz avait démontré le danger de naviguer sur une mer étroite et orageuse , sans posséder un seul port capable de recevoir la flotte. Le duc de Parme avait sollicité la permission de réduire le port de Ftcssingue avant le départ de l'expédition, et sir William Stanley avait conseillé l'occupation de l'Irlande, comme une mesure nécessaire pour assurer la conquête de l'Angleterre. Mais le roi n'admit aucun délai : le pontife lui avait fait connaître que, de son coté , tout était prêt , l'argent levé, la bulle de déposition signée, et la nomination du légat expédiée f mais qu'il était résolu à ne se commettre par aucun acte public, jusqu'à ce qu'il eût acquis la certitude que l'armée espagnole avait débarqué en Angleterre(2). Philippe donna immédiatement à
(1) Pour ln particularité» de la négociation, comparez Caroden (561, 671) avec Strtda (I. ix, anito 1687). Il< ne «'accordent point sur le* pouvoirs de* commissaires
MpOfiDOli.
(2) Plusieurs cernait» , entre autre» 8[X)Ti<lanua , m, 29, assurent qu'Allen se rendit en Flandre , pour suivre l'armée» Angleterre Cependant il est certain qu'il resta
l'amiral les ordres les plus péremptoires de se mettre en mer, sans autre délai, et à Farnî-se de tenir l'armée prête à s'embarquer, dès que la flotte paratlrait sur les côtes de Flandre. Mais Santa-Cruz avait déjà péri victime de son zèle pour satisfaire l'impatience de son souverain , et il était mal remplacé par le duc de Médina Sidooia, qui, comme le lord amiral d'Angleterre, n'avait aucune connaissance de la tactique navale. Sous ce nouveau chef, l'Armada sortit du Tage (19 mai). La grandeur du spectacle fit concevoir les plus flatteuses espérances, et des idées de gloire et de conquête firent battre tous les cœurs. Deux jours suffirent pour détruire toute illusion. A la hauteur du cap Finistère, la brise du sud se changea en tourmente de l'ouest. L'Armada fut dispersée le long des cotes de Galice, 3 galères échouèrent sur celles de France , 8 furent démâtées, et aucun vaisseau n'échappa sans un dommage considérable. Le duc resta trois semaines dans le port de la Corogne , afin de réunir et de réparer la flotte.
Ce désastre avait été annoncé à Elisabeth comme la destruction de l'Armada et la fin de l'expédition. Elle reçut cette nouvelle avec joie, mais elle n'oublia pas son économie ordinaire, et le lord amiral reçut l'ordre de désarmer immédiatement les quatre plus grands vaisseaux de la marine royale (1). Heureusement,
a Rome. • Alanum notait Roma dimitlere pontife* , prius- < quant de belli successii cmistaret.» Epis*, ad Pentium, 110. Otivares ne cessa de solliciter la bulle jusqu'à ce qu'il l'eût obtenue. • SollicitaloinsiantabilmentedaU'Olivares. » Tcmpesti , • Vira e geste di Sixlo Ouinlo, mi, 80, où l'on peut voir le discours du pontife quand il la proposa aux cardinaux. Le diplôme du pape fut traduit en anglais , et imprimé dans les Pays-Bas, afin que l'on put le publier a l'arrivée de l'armée espagnole. On peut voir son t-on- Irini dans Spondanus , m, 29; Foulis , 350; et les Mémoires de M. Ruiler, m, 210. De plus, on rédigea et l'on imprima a Anvers , sous le titre • d'Exhortation a la noblesse et peuple d'Angleterre et d'Irlande, • uu libelle détaillant tous les crimes que les ennemis de la reine lui imputaient , et exhortant les chefs a s'unir aux Espagnols pour punir un caractère aussi in Mme. Allrn fut entraîné a y mettre sa signature. Voyez -en le rapport dans la note E à la fin du volume.
(I) C'étaient le Triomphe, de 1 100 tonneaux, portant 310 matelots. I20«oldats, 40canonnicrs . l'Ours blanc, l'Elisabeth Jonm, et ta Firtoire, de 1.000 . 900 et «0(1 tonneaux, avec uiiéquipagc rompIrlde'JOOmaielols.lOO soldait ci 10 cinonuicr» chacun. Murdtn . (H5, 0I0, 02!