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CHAPITRE XIV

déjà depuis mx semaines dans les Dunes. Dès qu'il apprit la révolte de la flotte, il se rendit à La Haye, et prenant le commandement, il partit immédiatement avre 19 voiles pour la côte d'Angleterre (20 juillet). S'il se fût montré devant llle de Wight, il est probable que Charles eût recouvré sa liberté ; mais le conseil décida avec le prince qu'il serait d'un intérêt plus pressant pour le roi que l'on fit voile vers l'embouchure de la rivière, où ils continuèrent de solliciter longtemps, par lettres , les dispositions chancelantes du parlement et de la cité. Tant qu'Hamilton s'avança, il y eut quelque apparence de succès : la destruction de son armée fit perdre tout espoir. Le roi les engagea, par un message particulier, à le tirer de sa captivité, avant de quitter la côte ; mais les matelots prouvèrent qu'ils élaient les maîtres : ils demandèrent a combattre la flotte ennemie, commandée par le comte de Warwick, qui évita soigneusement un engagement avant sa jonction avec l'escadre de Porlsmouth. Durant deux jours (30 août), les royalistes lui offrirent le combat : il éluda leurs efforts par différentes manœuvres; et, le troisième jour, le défaut de provisions força le prince à faire roule pour la cote d# Hollande, sans plus songer à la demande du roi son père. W arwick , qui avait reçu ses renforts, le suivit à une distance considérable; mais, quoiqu'il cherchât ensuite à justifier sa conduite par des motifs de prudence, il n'échappa point à la censure sévère des indépendants et des niveleurs, qui soutenaient que la cause serait toujours trahie, tant qu'on la confierait à la lâcheté ou à la mauvaise disposition décommandants nobles (1).

11 est temps de revenir aux débats élevés entre les deux chambres, relativement au traité proposé avec le roi. Vers la fin de juillet (28 juillet), les communes avaient cédé à l'obstination des lords : les conditions préliminaires sur lesquelles elles avaient insisté furent atundonnées, et l'on rapporta le décret qui défendait de présenter des adresses. Jusqu'alors les actes du parlement avaient été marqués paf la lenteur qui fait le caractère de toute mesure parlementaire ; mais la victoire de Cromwell sur

(I) Journ de» lord», *,3'J9, 4M, 417, 426, 411 1 m, m, m. Méin deClarendon, il, 412, 411.

| llamilton, et le danger d'une intervention de la part de l'armée, alarmèrent les meneurs presbytériens (1er sept). On nomma quinze commissaires, cinq lords, et dix membres de la chambre des communes, pour conduire la négociation (1). Charles se rendit, de sa prison du château de Carisbrook, à la ville voisine de Newport : on lui permit d'avoir auprès de lui ses domestiques, ses chapelains, et ses conseillers qui n'avaient pas pris part à la guerre, et autant que l'on peut ajouter de confiance aux apparences extérieures, il avait enfin obtenu le traitement libre et honorable qu'il avait si souvent sollicité. 11 se sentait cependant toujours prisonnier, d'après sa promesse de ne quitter l'île que vingt jours après la conclusion du traité ; et il reconnut bientôt qu'il ne devait pas s'attendre à négocier, mais simplement à se soumettre. On ignore jusqu'à quel point les deux chambres eussent cédé dans d'autres circonstances ; mais , sous l'ascendant actuel de l'armée, elles n'osèrent descendre des hautes prétentions qu'elles avaient avancées. On permit aux commissaires de débattre , de conseiller, de discourir; mais ils n'avaient aucun pouvoir pour concéder : leurs instructions leur enjoignaient d'insister sur le consentement du roi à chacune des propositions qu'on avait soumises à son examen à Hampton-Court. Charles ne fit aucune objection à plusieurs de ces demandes; à celles qu'il refusa, il substitua de lui-même des propositions, qui furent envoyées au parlement, et par celle assemblée déclarées peu satisfaisantes : il proposa de nouveaux expédients, de nouvelles modifications : mais on lui renvoya invariablement la même réponse, jusqu'à ce que la nécessité de sa situation arrachât à I infortuné prince son consentement complet à presque tous les articles en discussion. 11 ne resta inflexible que sur quatre points. Quoiqu'il eût consenti à suspendre pour trois ans les fonctions des évéques, il refusa de les abolir entièrement : il s'opposa à l'aliénation perpétuelle des terres épiscopales, mais il

(1) C'étaient le* comte» de Norlhuinberljnd , de SatUbury, de l'ettibroke , et de Middle^et , les lords Say et Seale , lord Wetiinan . sir Henry Vane le jeune, sir Harboitle (li iimtone et IMles, Pierrepont, Brown, Crew, Clyn, IV.ts, et BulLely.

H1ST0IHK D'AXGLRTKRRK.

proposa de les affermer pour la vie ou pour quatre-vingt-dix-neuf ans à ceux qui venaient de les acheter; il soutint que toutes les personnes qui l'avaient suivi, sans aucune exception, devaient être admises à composer apour leur délit : et il protesta que, jusqu'à ce que sa conscience fût certaine de la légalité du covenant, il ne pourrait le jurer, ni même imposer celle obligation aux autres. Tel était I état de la négociation, qu;ind le temps tixé pour la session du parlement expira (I ).

Les indépendants avaient, des le principe, désapprouvé le traité. Dans une pétition présentée par «des milliers de personnes bien affectionnées, dans Londres et près de Ijondres, » on faisait l'énuméraiion des points pour lesquels on avait combattu, et qu'on réclamait maintenant comme le fruit de la victoire. Les articles primipaux étaient : qu.- la suprématie du peuple fût élablc contre le «veto» du roi et des lords ; que , pour pi évenir les guerres civiles, les droits du roi et les privilèges des pairs fussent clairement définis; qu'uu nouveau parlement s'assemblât tous les ans, sans qu'il tût nécessaire d'ordres écrits pour de nouvelles élection*, et qu'il ne siégeât pas plus de quarante ou cinquante jours; que la croyance

(I) On peut vot, dan* k» Journaux des lords, toutes le* unies qui turent échangée* i turc les parties durant le cour» de la néu;nciaiioi>. x , 474-018. Le meilleur récit est celui qui fut tau par 01 die du roi , pour l'iiugr du prince Je Gai es. .x.éii.oiris de llatendon, u, 420,441) J'ajouterai qu'uu nouveau »ujei de discussion s'eieva accidentellement durant la conférence. Le lord Inrbiquia av.tu abaudouué la cause du parlement eu Irlande; et, a sa requête. Ormond avait été envoyé de l'an* par la reine et lf prince , afin de reprendre le jjomei neiuenl , et avec la commission de faire la paix avec te purti catholique. Charles lui écrivit deux lettres t les 10 et 28 oc- | lobi c. Carte , u , App , xxxi , xxxn ) , lui ordonnant de , suivre les instructions de la rcii»e , de n'obéir à aucun de > se» i ropres o dres tain qu'il serait dans un état de contrainte, et de ne pas s'épouvanter de se s concession* relatives a l'Irlande, parce qu'elles n'aboutiraient à rien. Les chambres hjuorereul ces lettres; mais une letlre d'Ormond aux catholiques irlandais tomba entre leurs mains, et ellrs insistert ni pour que Charles ordonnât au lord lieutenant de se rétine. 11 éluda pendant quelque temps, en donnant pour iaiso.. nue, »i le trai'é avait bru, leur désir s- lionvi uii k.iIis a:l paires conriNMons pi eji..bli s , et que, s'il n'av.iii pan lieu . on u obéirait p s a *es o: lires. Il y consul il enfin , ei il écrivit la k-nre qu'un lui de- I mandait. Journaux , x . 57C-5;8 , CJ7, G!8. Mciu. de Uarïodon.u, 411 ,445,452. /

religieuse et le culle fussent délivrés de toute restriction ou contrainte; qu'on abrégeât la longueur des poursuites judiciaires; que les dîmes pour l'entretien du clergé et l'emprisonnement perpétuel pour dettes fussent abolis, et que le parlement « prit plus à cœur le sang versé et les rapines exercées par commission du roi , et considérât si la justice de Dieu était satisfaite, ou sou courroux apaisé par un acte d'amnistie. » Ce document mérite la plus grande attention , parce qu'il découvre quelles étaient les vues politiques qui faisaient agir les chefs du parti (I).

I. armée, exaltée par la victoire, soupirait depuis longtemps après la vengeance; et des maximes de la plus dangereuse tendance, contre le royal captif, commençaient à prévaloir. Les politiques maintenaient qu'on ne pouvait, en sûreté, faire de traité avec le roi, parce que , s'il était prisonnier, il ne saurait être lié par son consentement , et que , s'il était rais en liberté, on ne devait pas s'altendre à ce qu'il fit aucune concession. Les fanatiques allèrent encore plus loin : ils avaient lu, dans le livre des Nombres, «que le sang souillait la terre, et que la terre ne pouvait être purifiée du sang versé que par le sang de celui qui l'avait versé ; » d'où ils inféraient que Dieu leur avait imposé le devoir de demander compte au roi de tout le san;; versé pendant la guerre civile. Parmi ceux-ci , le colonel Ludiow , membre du parlement, était un des plus marquants: persuadé que la mort de Charles pouvait seule apaiser la colère de Dieu , il s'efforça, mais en vain , d'amener Fairfax à son opinion ( 18 oct. ). 11 eut plus de succès auprès d'Ireton, dont le régiment fit au commandant en chef une pétition, afin que le crime fût puni avec impartialité, sans distinction de personnes, de rang élevé ou de basse condition ; que tous ceux qui avaient excité ou soutenu la dernière rébellion, riches ou pauvres, reçussent leur juste châtiment; et que quiconque parlerait ou agirait en faveur du roi, jusqu'à ce qu'on l'eût acquitté du crime d'avoir fait verser le sang innocent, encourût la peine de trahison. L'objet immédiat de cet acte élait de s'assurer de la disposition générale de l'armée. Quoiqu'il ne s'expri-

(\) Whilclock, 33

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