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CHAPITRE XIV

mât pas ouvertement sur le procès du roi, on y comptait pour l'avenir, et il fut suivi d'une autre pétition du régiment du colonel lngoldsby, qui demandait, en termes plus clairs et plus énergiques, que le monarque et ses adhérents fussent traduits en justice; qui condamnait, comme dangereux et injuste, le traite passé entre lui cl le parlement, et exigeait qu'on nommât un conseil de guerre, pour aviser à un remède proportionné aux maux de la nation. Fairfax n'eut pas le courage de s'opposer à ce qu'il désapprouvait dans son propre jugement. Les pétitions furent mises sous les yeux d une assemblée d'officiers, et le résultat de leur délibération fut une remontrance qui, du lou de la menace et de l'aigreur, annonça tout le plan des réformateurs. Elle demandait que a le grand et le premier auteur de tous les troubles et de tous les maux que le royaume avait endurés fût promptement traduit en justice, pour les t ralmons, le sang répandu, et les malheurs dont il était coupable;» qu'on fixât une époque pour la dissolution du parlement; qu'on avisât à une représentation du peuple mieux répartie; que le corps représentatif possédât le |K>uvoir suprême et pût étire tous les rois à venir; et que le prince ainsi élu fût obligé de renoncer a toutes prétentions de « veto » sur les lois proposées , et de consentir a la forme de gouvernement qu'établirait le présent parlement (18 nov.). Cette remontrance ne fut adre!>sée qu'a la chambre basse, car les réformateurs se déclarèrent dans l'impossibilité de concevoir sur quel fondement les lords pourraient réclamer un pouvoir égal a celui des représentants du peuple, en qui seul résidait la souveraineté (1). Elle provoqua un débat long et animé, mais les presbytériens attaquèrent sans crainte ses défenseurs, et les forcèrent au silence par une majorité accablante (20 nov.). Us sentirent qu'ils étaient soutenus par le vœu général de la nation, et l'assurèrent que , si l'on faisait une fois la paix avec le roi , par un arrangement, les officiers n'oseraient pousser plus loin leurs prétentions : dans cette vue, ils fixèrent un jour éloigné pour prendre la remontrance en considération , et donnèrent

(t) Whiielock, 313, 310, 355. Riuhw. , tu, 1298, 1311,1331

des instructions aux commissaires pour accélérer la conclusion du traite I).

l e roi se trouvait al r* rédu t ■"■ la dernière extrémité, l es menaces de l'armée arrivaient à sesorei bs; ses amis le conjurèrent de revenir sur ses premières ré|tons"s. et les commissaires déclarèrent qu'ils ét ient convaincus que sans une entière satisfaction, les deux ehunbr s ne pourraient le sauver de la v. ngea ce de ses ennemis. Poura-ouler a ses alarmes. Hamtimnd.

i le gouverneur de l\'lc. avai reçu un mes nj;e de Fat fax. qui !<■ mandait sans r'élai au quartier général . à Windsor ( -.'5 nov. ) Ce message fur suivi de l'armée du cône. I tire, avec ordre de s'empar r du roi . de le renfermer de nouveau dans > château de Ca isbrook, et . en cas d opi rosit ion , «d'agir selon que Dieu le dirigerait » ('26 nov. }. Ilammond répondit avec fermeté que. dans tout ce qui avait rapport au service, il obéirait à son g néral . mais qu'ayant revu du parlement la charge de la personne royale, il ne permettrait l'intervention d'aucune

| autre autorité. Eure partit, mais Charles ne

i put se dissimuler plus I ngiemps le danger qui le menaçait : sa constance ou son entêtement s'affaiblit, et il consentit, après les plus pénibles efforts, et quand i! ne lui resta qu'une dernière minute, à remettre à la merci du parle-

' ment le sort de ses serviteurs (27 nov.); il permit aussi la mise en jugement des sept individus exceptés du pardon, pourvu qu'un leur accordât le bénéfice des anciennes lois, et convint de suspendre les fonctions des éveques, et d'investir la couronne de leurs terres, jusqu'à ce que la religion fût établie, et que Pentrelien de ses ministres eût été déterminé, du consentement commun du roi et des deux chambres. On espérait satisfaire les deux partis par ce dernier expédient : le monarque, parce que l'ordre n'était pas aboli, ni ses pro^iétés aliénées pour toujours; le parlement, parce que rien ne pouvait être rétabli sans son assentiment préalable (2).

(t) Journaux des commune», 20, 24 , 30 novembre. It y cul deux division» sur celle question. Dans la première, ta majorité f t de (J4 a U); dji.s la seeotide , de \2> a 58.

(2) Mémoire* de Clareiidou, 4ô9-4tif. Journaux,!, • 620-022. I>» rovalùdcx qu'où avait excepte» du pardon étaient le marquis de Newcaitle , «r Marmaduke Lançdale, lord Dtjjhy, kir Richard Greeuvilie, M. Justice Jenkin» , »ir Francis DoddriiiQlon , et lo.-d Byron. Il mt

Le matin, quand les commissaires prirent congé, Charles leur adressa la parole avec une contenance si triste et un tel son de voix, qu'il fit verser des larnes à toutes les personnes de sa suite. oMilords, dit-il, je crois que nous ne nous reverrons plus. Mais que la volonté de Dieu soit faite; j'ai fait ma paix avec lui , et je subirai sans crainte tout ce que les hommes pourront me faire souffrir. Mi lord s, vous devez vous apercevoir que ma chute entraine la vôtre et celle de tout ce qui vous touche de près. Je prie Dieu de vous donner de meilleurs amis que je n'en ai trouvé. Je connais parfaitement la conduite de ceux qui complotent contre moi et les miens, mais rien ne m'afflige autant que le sentiment que j'ai des souffrances de mev sujets, et des malheurs dout sont menacés mes trois royaumes, malheurs dont doivent être accusés ceux qui, sous le prétexte du bien, poursuivent violemment leurs Iras et leurs intérêts » (1). llammond partit en même temps que les commissaires, cl le commandement de Carisbrook fut dévolu à Boreman, officier de milice, et celui de Ncwport à lîolfe, major dans l'armée. Il donna à l'un et à l'autre une copie de ses instructions parlementaires pour la sûreté de la personne du roi ; mais le caractère de Kolf'e était connu : on l'avait accusé du projet d'assassiner le roi six

parait difficile de lire les lettres écrites par Char'es, pendant le traité, à son Al* le prince de Galle» (Mémoire* de Claremion , u , 425-451 ), et de cru re qu'il n'ait pas aui avec sincérité. Mais comment alors, demande M. I.aiuo (liuioire d'Ecosse, ni , 411) , peut -on expliquer son assertion a Ormond, que le traité n'aura aucun résultat, et son désir de s'échapper, manifesté dans sa correspondance avec lloplins? (Défense du roi martyr, par Wagstaff, I4M0I ; 1° Charles savait qu'outre le parlement, il y avait une année qui avait ci le pouvoir et la volonté de rejeter toute espèce de traité qu'il ferait avec le parlement; et de la sa couucii. u «que le traité n'aurait pas son exétution. '«i° Il savait tout ce qui se passait dans les conseils secrets de se* ennemis; leur dessein de le traduire en justice et de le conduire a l'ccbafaud ; et il avait au»si reçu une lettre qui lui annonçait l'inleution de l'assassiner pendant le traité Herbert. 131). Peut-on être surpris si. dans de telle» circonstances, il cherchait a s'échapper Sa parole n'était pas une objection. Il s'en croyait dégagé par la conduite de llammond, qui , n'ignorant pas celte |.ersuast«n, parvint, non sans une rjrande dilfirulté, à obtenir de lui de renouveler celle parole (Journaux , x, 593 . Après cela , il refusa de s'échapper, tneme quand il en eut toute espèce de facilité. Rushw ., vu , 1311 <l,i A pp. aux Mim.dfcvelvn, u, 128.

mois auparavant , et il n'avait échappé au jugement que par l'indulgence du grand jury, et parce que le fait principal n'était attesté que par le serment d'un seul témoin (1).

Le lendemain matin , une personne déguisée ordonna à l'un des serviteurs du roi de l'informer qu'une force militaire était en roule pour le faire prisonnier (29 nov.). Charles consulta immédiatement le duc de Richmond, le comte de Lyndsey, et le colonel Coke, qui se réunirent pour le conjurer de sauver ses jours par une fuite immédiate. La nuit était sombre rt orageuse; ils avaient le mol d'ordre, et Coke lui offrait ses chevaux el un canot. Mais le roi représenta qu'il était engagé sur l'honneur à rester vingt jours après le Iraité, et ne voulut jamais admettre la distinction qu'on lui suggéra, que sa parole n'était pas donnée à l'armée, mais au parlement. Ce fut en vain qu'ils argumentèrent et le supplièrent. Charles, avec son entêtement ordinaire, alla se coucher vers minuit, cl peu d'instants après, le colonel Cobbett arriva avec une compagnie de cavalerie et une d'infanterie (30 nov.). Boreman refusa de le recevoir à Carisbrook , mais Rolfe lui offrit son assistance à Ncwport. A cinq heures, le roi fut éveillé par l'invitation de se préparer à partir, et sur le midi il fut logé en sûreté dans le château de Hurst, situé sur un roc solitaire, et qui répondait , par un étroit sentier de deux milles de lougueur , à la côte opposée de Hampshirc (2).

Le conseil des officiers publia, le même jour, une déclaration menaçante contre la chambre des communes. Elle accusait la majorité d'avoir abandonné ses anciens principes, el en appelait de leur autorité «au jugement extraordinaire de Dieu et de tout le bon peuple;» elle invitait les membres fidèles à protester contre la conduite passée de leurs collègues, et â se placer sous la protection de l'armée , et elle soutenait que , puisque Dieu avait donné le pouvoir aux officiers, il leur avait aussi fait un devoir de pourvoir à l'organisation du royaume et à la punition des coupables. Pour y parvenir, Fairfax fit marcher quelques régiments à Lon-

{!) Journ., x,615, 345, 310, 370, 300. Clarendon,

i2) Rushvorth, vu, 1314 1318, 1351. Herbert, 123,

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