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CHAPITRE XIV

drcs (2 déc), établit leurs quartiers à Whitehall , à York-House, aux écuries du roi , et dans le voisinage de la cité (I).

Le lecteur se rappellera la conduite pusillanime des membres presbytériens, à rapproche de l'armée , en l'année 1646. Ils prirent la résolution de montrer plus de caractère dans l'occasion présente. Ils ne laissèrent apercevoir aucun symptôme de crainte, aucune disposition à se retirer ou à se soumettre. Au milieu du fracas des armes et des menaces des soldats , ils remplirent , tous les jours , leur devoir au parlement, déclarèrent que l'arrestation du roi avait été faite sans leur consentement , ou sans qu'ils en eussent connaissance , et se mirent à examiner la tendance des concessions faites par Charles dans le traité de New port. Le débat le plus long et le plus animé dont jusqu'alors il y eût eu d'exemple dans l'histoire du parlement en fut la conséquence. Vane fit le portrait le plus défavorable du roi, et représenta toutes ses promesses et protestations comme insignifiantes et peu sincères ; Fiennes fit, pour la première fois , l'apologie du roi, et réfuta les charges dont l'accusaient ses collègues commissaires; et Pryone, l'adversaire célèbre de Laud , parut oublier son antipathie pour la cour, afin de démontrer la présomption et la perfidie de l'armée. Le débat, par des ajournements successifs, dura trois jours et une nuit; et à la dernière division, sur le malin, une résolution, enlevée par une majorité de 46 voix, déclara que les offres du souverain fournissaient une base suffisante pour l'organisation future du royaume (2).

Mais on ne permit pas aux vainqueurs de jouir de leur triomphe. Le jour suivant, Skippon renvoya les gardes des deux chambres, et les remplaça par un régiment de cavalerie et un régiment d'infanterie, pris dans l'armée. Le colonel Pride s'établit sous le vestibule ; il avait une liste de noms à la main, et le lord Grey se tenait près de lui, pour lui désigner

(1) Rusbw. , vu , 1341 , 1350. Wbiielock , 358.

(2) Journ., 1,2,3,5 décembre. Mémoire* de Clarendoo , ii , App. , XL* m. Cobbelt, Histoire du parlement , 1152. Dans quelques-unes de* première* divisions, la chambre consistait en deux cent quarante membre*; mais plusieurs paraissent s'être xetirés pendant la nuit; sur la fin , il n'y avait plus que deux cent

chaque membre. Cinquante-deux presbytériens, les plus distingués du parti par leurs talents et leur influence, furent arrêtés et conduits en différentes prisons. Plusieurs de ceux qui subirent heureusement l'épreuve ce jour-là partagèrent le même traitement le lendemain ; un grand nombre saisirent l'occasion de se retirer à la campagne; et,après plusieurs purifications, la chambre se trouva composée d'environ cinquante membres, qui, dans le langage affecté du temps, furent parla suite désignés solis l'honorable nom de Cronpion (1).

Que ce fût par l'effet du hasard ou par un calcul politique, Cromwell n'était pas présent, et ne prit aucune part à ces mesures extraordinaires. A près la victoire de Preston, il avait marché à la poursuite de Monroc, et fait le siège de l'importante ville de Rerwick. Mais ses vues réelles ne se bornaient pas à l'Angleterre. La défaite des royalistes écossais avait relevé les espérances de leurs adversaires dans leur propre pays. Dans les provinces de l'ouest, on avait prononcé du haut de la chaire la malédiction de Merox contre tous ceux qui refuseraient de s'armer pour la défense du covenant : les paysans fanatiques se rangeaient d'eux-mêmes sous les ordres de leurs ministres respectifs; Loudon et Eglington en prirent le commandement, et les menèrent à Edimbourg (2). Cette masse tumultueuse , quoique Argyle et ses montagnards s'y fussent réunis, ainsi què Cassilis, avec les habitants de Carrick et Galloway, ne pouvait être opposée à l'armée disciplinée que commandaient Lanark et Monroe ; mais Cromwell offrit de s'avancer pour la soutenir (26 sept.); et les deux partis s'empressèrent d'accorder leur différend, par un traité qui assurait aux royalistes leur existence et leurs propriétés, à condition qu'ils licencieraient leurs troupes (30sept.). Argyle et ses associés prirent le nom et les fonctions de « comité

( I j Whitelock, 358 , 359. Journaux des commune* , G ,

7 décembre.

(2) On l'appela V incursion des ivhiggamores , nom donné a ces paysan*, soit de whirjnbam , mot employé par eux en conduisant leurs chevaux, ou de wbig (m anglais whey) . boisson de lait aigre, qui forme un de* principaux articles de leurs repa*. Le Temps prêtent de Burnet, i, 43. Il devint bientôt la désignation d'un ennemi du roi , et dans le règne suivant , on le donna , sou* la forme abrégée de ivltigs, aux adversaires de la cour.

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des étals» (4 oct."!; Bcrwick el Carlislc furent remis nu général anglais, que l'on invita à venir, avec son armée, jusqu'à la capitale. Au milieu des réjouissances publiques (11 cet ), on tint fréquemment des conférences particulières, dont le sujet n'a jamais transpiré; et Cromwell , retournant en Angleterre , laissa Lambert , avec deux régiments de cavalerie, pour souleni;- le gouvernement de ses amis, jusqu'il ce qu'ils eussent levé des forces suffisant: s dans leur propre parli (1). Sa marche à travers les comtés du nord avait été lente, et il n'arriva même dans la capitale que le jour qui suivit l'exclusion des membres presbytériens. Sa dernière victoire l'avait rendu l'idole du soldat : il fut conduit avec acclamation aux appartements royaux , à Whilchall. Il reçut le jour suivant les remerctmcntsdc la chambre des communes , pour les services distingués qu'il avait rendus aux deux royaumes. On ne formait aucun doute sur sa manière de voir relativement aux derniers évéuements..S'il n'avait pas conseillé la conduite des officiers , il avait eu grand soin d'y applaudir, ct^dans^ une lettre à Fairfax, il ne craint pas de blasphémer en l'attribuant à l'inspiration du Très- Haut (*2).

Le gouvernement du royaume se trouvait alors dévolu , en réalité , à l'armt e. Il y avait deux conseils militaires : l'un , choisi, était composé des grands ou des principaux commandants; l'autre, plus général, comprenait les officiers inférieurs, la plupart atlachésaux principes du nivellement. On soupçonnait que le premier tendait à établir l'oligarchie: aussi, son avis était fréquemment reçu avec soupçon et méfiance, cl ses résolutions rejelées parle plus grand nombre des inférieurs. Quand une mesure avait obtenu 1 approbatkn générale, on la portait à la chambre des communes, qui devait y donner la sanction de son autorité. Celte' chambre renouvela , avec une obéissance empressée , la résolution de ne plus présenter de requêtes ( 13 déc); elle déclara que la réadmission des onze membres chassés était dange-

(I ; Mémoire» des IhmtHon» , 367. 377. Cuibrie, 283, 189. lluthw., vu , 1273 , 1282, 1286, 1296. 1325.

(2) Journaux , 8 décembre. Wbilelock , 362. Ruriw , vu, 1339.

NGLETERRF.

reuse dans ses conséquences, et contraire aux usages de la chambre; et maintint que le traité de l'Ile de Wight, et l'approbation donnée aux concessions royales, étaient déshonorants pour le parlement, subversifs du bien publie, et une violation de la foi publique (I). Mais ces mesures n'étaient que préparatoires : on ne tarda pas à leur demander un décret, dont la seule mention eût, quelques années plus tôt, frappé d'étonnement et de tèYrcur les plus hardis d'entre eux.

Les officiers étaient convaincus, depuis longtemps, que la vie du roi était incompatible avec leur sûreté. S'il était rétabli, ils deviendraient les objets de la vengeance royale; s'il restait détenu en prison, la tranquillité publique serait troublée par une suite de complots en sa faveur. Dans un assassinat particulier, il y avait quelque chose de vil et de lâche qui révolterait la majorité: mais ce serait agir courageusement et ouvertement, que de le traduire publiquement en justice. Ce sertit pro-' clamer leur confiance dans la bonté de leur cause , et donner au monde une preuve éclatante de la souveraineté du peuple et de la responsabilité des rois (2) (23 déc). Quand la motion en fut faite dans la chair bre des communes, quelques membres osèrent s'y opposer, non pas tant dans l'espoir de sau\er la vie de Charles, que pour rejeter tout l'odieux de sa mort sur ses véritables auteurs. Ils établirent que la personne du roi était sacrée, que l'histoire n'offrait aucun exemple d'un souverain forcé de plaider devant une cour judiciaire, composée de ses propres sujets; que des mesures de vengeance ne serviraient qu'à rouvrir la pluie encore saignante du pays; qu'on n'avait à craindre aucune réaction en faveur du monarque, el qu'il était temps d'organiser les libertés du pays sur des bases permanentes.' Mais leurs adversaires étaient bruyant» . obstinés, et menaçants, lis soutinrent que le roi était le grand coupable, et que la justice exigeait qu'il fut puni, aussi bien que les moindres criminels. Il avait commis le délit de trahison envers les peuples : il appartenait à

(1) Journaux, 3, 13, 14, 50 décfmbre. Whitelock, 362 , 363. Mém. de tlarendon , h . App. , xux.

(2) tlarendon, 11. Moire, m. 219.

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