‹ Histoire d' AngleterreChapitre 210 sur 307 · RR XV · texte numérisé non relu

RR XV

le parti parlementaire l'assistance amicale d'O'Neil. Ge chef avait reçu des propositions de la part d'Ormond ; mais sa jalousie contre « les agents de confiance, » ses anciens ennemis , ie porta à rompre le traité (20 févr.), et à envoyer de son chef un messager pour offrir ses services à Charles. Le comte de Castlchaven (15 mars), par ordre du lord lieutenant, attaqua et réduisit les garnisons de Maryborough et d'Athy(21 mars). O'iNeil, pour se venger (25 avril), prêta l'oreille aux suggestions de Munit, qui s'était retiré devant une armée supérieure de royalistes écossais, depuis Belfast jusqu'à Dundalk (8 mai). Une cessation d'hostilités fut conclue pour trois mois, et les propositions du chef irlandais, modifiées par Monk , furent envoyées en Angleterre pour être ratifiées par le parlement. Les ograndesses «jugèrent imprudent de les soumettre à un examen qui les aurait rendues publiques. Mais la réponse que l'on reçut satisfit les parties contractantes. Monk fournit des munitions à O'Neil (22 mai), et O'Neil essaya d'empêcher la com- \ munication entre les régiments écossais du nord et la grande armée d'Ormond , au centre du royaume (1).

Quoique le parlement eût nommé Cromwell

(i) O'Neil demandait la liber lé de conscience pour luimême, ses compagnons et letus descendais ; la possession tranquille de leurs terres aussi louRlemp* qu'ils resteraient fidèles au parlement , et en récompense de ses services, la restitution des propriétés de ses ancêtres ou un équivalent. ( V< yei son plan et la copie corrigée par Monk, dans Pbilopaler Irrn., i, 191 ; et dans Walker , n , 233-238 ) Lorsque son agent arriva a Londres* les grandisses lui demandèrent pourquoi il l'adressait à elles et refusait de traiter avec Ormond. Il répondit «que c'était parce que le dernier roi leur avait toujours fait de belles promesses; maiiquand ils lui avaient rendu des services, et qu'il pouvait obtenir de leur» ennemis des conditions plus avantageuses , il s'était toujours montré prêt a les sacrifier. > Pourquoi dune O'Neil ne s'élaii-il pas plus tôt joint au parlement? «Parce que les hommes qui avaient alors le pouvoir avaient juré de les exterminer; mais ceux qui le possédaient maintenant professaient la tolérance et ia liberté de conscience! (Lndlew, i. 255). I.ud ow ajoineque la proposition fut rejetée, parce que Us habitants de l'L'lster avaient été les priucipaux acteurs da;;* le massacre des Angtai» , et parce que la liberté de religion pouvait devenir dangereuse pour la paix publique Mais ce rejrt rut lieu bien plus tard. Il est clair que Jones, Monk, Coote. et O'Neil, comprirent que la convention »eraii ratifiée , malgré les délais qu'on y apposait. Walker, n , 198,231,215.

HISTOIRE D'ANGLKTEMIR.

lord lieutenant d'Irlande, et l'eût investi pour I trois ans du pouvoir suprême, tant civil que ! militaire, il avait encore delà répugnance à hasarder sa réputation et ses espérances dans une expédition dangereuse, sans moyens suffi- i sanls de succès (2*2 juin). Outre l'armée sur pied de 45,000 hommes , à l aide de laquelle l'Angleterre était alors gouvernée, il demanda un corps de 12,000 vétérans, avec un supplém nt abondant de munitions de guerre et de bouche, cl la somme de 100,000 liv. en argent comptant (1). Le jour de son départ, ses amis s'assemblèrent à VVhitehall. Trois ministres invoquèrent solennellement la bénédiction de Dieu sur les armes des saints , et trois officiers, Goff, Harrison, et le lord lieutenant lui-même, expliquèrent Us Écritures a d'une manière excellente et appropriée à la circonstance. » Après ces effusions de l'esprit , Cromwell monta dans son carrosse , traîné par six chevaux. 11 était accompagné par les grands dignitaires de l'État et de l'armée. Ses gardes du corps , consistant en 80 jeunes gens, tous de qualité, et dont plusieurs avaient des commissions de majors et de colonels, surprirent les spectateurs par leurs magnifiques uniformes et leur belle teuue ; et pendant qu'il se dirigeait vers Windsor, les rues de la capitale retentissaient des acclamations de la populace et du bruit de la musique militaire (2). Jl avait élé décidé que l'expédition partirait de Milford-havcn; mais l'impatience du général trouva un obstacle dans la résistance cl la désertion de ses soldais. La transaction récente entre Monk el O'Neil avait répandu un esprit de défiance dans l'armée. On disait que c'était aposlasier les principes pour lesquels ils avaient combattu. On rappelait , en Us exagérant, les horreurs du massacre de 1641. On discutait avec chaleur les résolutions taut de fois prises par le parlement d'exterminer les naturels irlandais , et l'engagement solennel de l'armée de venger le sang qui avait été répandu. Les invectives des meneurs contre le dernier roi , lorsqu'il avait conclu une paix

(I) Cromwell reçut 3,000 llr. pour «on équipement, 10 liv. par jour connue général, pendant qu il restait eu Angleterre; 2,000 liv. par inme&ire eu Irlande, outre $3 solde comme lord lieutenant. Council Book , 12 juillet , u° t20

7i) Wuitelock , 413. Journal de Leiarer. 76.

avec les confédérés catholiques, étaient mises eu opposition avec la tergiversation qu'ils avaient montrée en prenant les hommes de fUIster pour leurs alliés et leurs frères d'armes. Pour apaiser le mécontentement toujours croissant, le parlement annula la convention. Monk, qui était revenu en Angleterre , reçut publiquement l'assurance que, s'il évitait la punition de son imprudence, c'était en raison de ses services passés et de ses bonnes intentions. Pelers, du haut de la chaire, employa son éloquence pour juslifier les ograndesses, » et si nous pouvons en juger par ce qui suivit , on promit non-seulement que la bonne cause serait soutenue, mais que l'on s'acquitterait amplement du devoir de la vengeance (1).

Pendant que l'armée était ainsi retenue dans le voisinage de Milfbrd haven , Jones, à Dublin, cueillait les lauriers que Cromwell s'était destinés à lui-même. L'armée royale s'avança sur les deux rives de la Liffy pour assiéger cette capitale, et Ormond, de ses quartiers de Finglasa (1* août 1649), ordonna de Paire de certains ouvrages à un endroit appelé Bogatrafb. Son objet était d'enlever à la cavalerie de la garnison le seul pâturage dont elle fût en possession ; mais il arriva malheureusement que ceux qu'on avait envoyés pour cela n'atteignirent cet endroit qu'une heure avant le lever du soleil (2 août); et Jones, faisant une sortie, mit la garde en déroute et jeta l'alarme dans le camp. Le désordre et la confusion des royalistes l'encouragèrent à poursuivre son succès : les régiments furent battus l'un après l'autre. Ce fut en vain qu'Ormood, tiré de son sommeil , vola deposteen poste .les différents corps n'agirent pas ensuite de concert ; il y eut une terreur panique générale , et toute l'armée sur la rive droite s'enfuit dans toutes les directions. L'artillerie, les tentes, le bagage, les munitions, tombèrent entre les mains des vainqueurs, avec 2,000 prisonniers, dont 300 furent massacrés de sang-froid à la porte de la ville. C'est ce qu'on appela la bataille de Ralhmines, bataille qui détruisit les espérances des royalistes irlandais, et fit douter des talents d'Onnond. A la cour , ses ennemis allèrent jusqu'à insinuer

(I) Walker, n, 230,213. Wuitelock , 416. Journal de Leiceuer, 82.

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