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CHAPITRE XVI

et les deux fugitifs furent conduits sains et saufs dans le port (1).

La délivrance du roi fut un sujet de joie pour les nations du continent, que l'horreur excitée par la mort du père avait rendues favorables aux entreprises du fils. On y avait fait des vœux pour qu'il réussit dans son expédition en Angleterre; et après sa défaite' ù Worcester, on y avait eu de vives inquiétudes pour ses jours. Mais il avait échappé à ceux qui eu voulaient à sa vie; il reparaissait avec de nouveaux droits à l'intérêt général , par le courage qu'il avait montré sur le champ de bataille , et l'adresse avec laquelle il s'était dérobé au danger. Le récit de ses aventures fut écouté avec intérêt , et sa conduite reçut des éloges universels. 11 devait, disait-on, au hasard de sa naissance d'être l'héritier de trois couronnes; mais les qualités de son Ame le rendaient digne de les porter. Peu de mois suffirent cependant pour détruire l'illusion : Charles avait donné les fleurs de l'espérance ; bientôt elles se flétrirent sous la pernicieuse influence de la dissipation et du plaisir.

Mais il faut maintenant revenir au général vainqueur, qui se rendit du champ de bataille à Londres, en marche triomphale. Le parlement semblait ne savoir comment exprimer sa gratitude à l'homme dont les brillants services venaient de conserver l'existence de la république. A Aylesbury, Cromwell rencontra une députalion des deux commissaires du grand sceau, le

(1) Pour l'histoire de la fuite du roi , voyez le Boscobel de Blount , ainsi que le Clauslnim repaie reseratum ; le manuscrit de Whitcrjrave , imprimé dans • Rétrospectif* Review,. xit, 26; Relation du père d'Hudlestone; le récit et relation véritable dan» les mélangea Harléiens, rv, 441 ; un récilde la fuite de ha Majesté, de Worcester, dicté par le roi lui-même à M. Pepys, et la narration donnée par Bate, dans la seconde partie de son Elenrhus. Nous avons en outre un récit de Clareudon , qui dit avoir reçu ses renseignements de Charles ci des autres personnes qui avaient joué un rôle dans cette affaire, et qui assure «qu'il est parfaitement vrai qu'il ne s'y trouve rien dont on puisse soupçonner la vérité. • Oar. Hist., m , 427, 428. Cependant, si on le compare avec les autres récits, on verra que beaucoup de détails d'un Rrand intérêt ont été omis, et que d'autres ont été tellement défigurés qu'ils s'éloignent fort de la vérité. C'est sans doute que l'historien, écrivant dans l'exil, et après un Iour intervalle de temps , se fia a son imagination pour suppléer a son défaut de mémoire. Voyez la note Z à la fin du volume.

lord chief justice, et sir Gilbert Pickering, A chacun desquels, en signe de sali>factioo, il fit présent d'un cheval et de deux Écossais, choisis parmi ses prisonniers. A Acton , il fut reçu par l'orateur et par le lord président, qu'accompa* gnaient des membres du parlement et du conseil, et par le lord maire avec les aldermen et les shérifs, et il entendit le recorder, dans une adresse de félicitalion , lui dire qu'il était j destiné « à enchaîner les rois, et à charger leurs nobles de fers. » Il entra dans la capitale dans un carrosse magnifique, fut salué par les acclamations du peuple, comme la procession passait à travers la cité, et se rendit au palais d'Hampton-Court, où des appartements avaient été disposés pour lui et pour sa famille, aux frais du public. Dans le parlement, il fut proposé que le tiers du mois de septembre fût à jamais observé, comme un temps sanctifié, en souvenir de sa victoire. Un jour fut désigné pour de générales actions de grâce; et en addition à la première concession de terres, d'un revenu annuel de 2,500 livres, il lui fut accordé d'autres biens d'un produit de 4,000 livres , comme marque de la reconnaissance nationale. Cromwell reçut ces honneurs avec un air de profonde humilité; il sentait la nécessité de couvrir le travail de l'ambition dans son cœur, sous le voile d'un abaissement extérieur. Il affectait donc de ne prétendre à aucun mérite ' pour lui-même, et de ne voir dans ce qu'il avait fait que la main du Tout- Puissant combattant pour ses fidèles serviteurs (I).

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