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CHAPITRE XVI

réponse, et l'iutbituné mlnkitre Put décapité à fnwer-rnil, avec la constance et la tranquillité d'âme d'un martyr (32 août). Il n'y eut qu'un seul de ses complice», Gibbons, bourgeois de la Cité, qui partagea son sort (1).

Les conseillers secrets de Charles lui avaient donné â entendre que la guerre entre le parlement et les Écossais pourrait, en éloignant de l'Irlande l'atleni ion du conseil , donner au parti do roi les moyens de reprendre la prépondérance dans ce royaume. Mais cette espérance s'évanouit bientôt. On voyait tes ressources de la république se multiplier avec ses besoins : «on armée d'Irlande s'augmentait chaque jour des recrues faites dans ce pays et des renforts envoyés d'Angleterre; et Ircton , à qui Cromwell en avait laissé le commandement en chef, aveeletitrede lord dépulé, poursuivait presque sans relâche la carrière victorieuse de «m prédécesseur. Sir Charles Coote rencontra â Letterkenny I es hommes de TUlster (1660, 18 juin): après un combat long et sanglant , ils furent défaits; et le lendemain leur valeureux chef , l'évcquc de Ciogher, fut fait prisonnier par un corps de troupes fraîches arrivées dïnniskilling (2). Lady Fitzgerald, nom aussi illustre dans les annales militaires de l'Irlande que celui de lady Derby dans celles d'Angleterre, défendit la forteresse de Trecoghan ; mais ni les efforts de sir Hubert Talbot au dedans, ni la courageuse tentative de lord Castlebaven au dcliors . ne purent empêcher la réduction de celle place (3). Walcrftîrd, Carlow,et Charlemont (2ô juin), se rendirent à des conditions honorables; cl la garnison de Duncaunon, ré-

(1) Ëcrits politiques de Milton, 50, 54, 66, 75, 76. \\ hilflwL. 4fr.\ 403, 41)5, 500. Procès d'Étal, t, 43, 294. tleaib , m - m Journal de Lekrsler, 107, 115 , 123. Un bruii , probablement dénué de fondement , se répan- i dit que Ciimiwf II lui avait fait grâce de la vie , mai» que la déperbe fui interceptée et supprimée par le» cavaliers, qui se souvenaient de ce que Love avait fait anciennement contre la cause royale. Kennet, 185.

(2) Quoiqu'on lui eût accordé quartier et la vie sauve, Coote le At peudre. Cependaot c'était a la penuation de Mac-Nobon qu'O'rseil avait sauvé Coote l'année précédente en levaot le siège de Londonderry ( CUrendoo ; Short Wievr, vol. vin, 145-14»). Mais Coote faisait la guerre en sauvage ; voyez-en plusieurs exemples à la fin du « (ambrensis e versus* de Lyucb.

(3) Voyez les Mémoires de Castlebaven, 120-124; et rOrmond de Carte, 2, 116.

duite à une poignée d'hommes par les ravages de la peste, ouvrit ses portes à l'ennemi (I) (20 août). Ormond, au lied de faire face aui vainqueurs sur le champ de bataille, s'était engagé dans un long et fâcheux démêlé avec ceux des chefs catholiques qui se défiaient de son intégrité , et avec les citoyens de Limerick etdc Galway, qui refusaient de recevoir se* troupes dans leurs murs. Le malheur avait mis fin â son autorité : ses ennemis faisaient remarquer que , soit qu'il fût un véritable ami ou un ennemi secret , la cause des confédé-* rés n'avait jamais prospéré sons ses ordres) et les évèques le conjurèrent (28 roars),akirs que l'existence même de la nation était en péril* d'adopter des mesures qui pussent éteindre les dissensions civiles, et réunir loué les vrais Ir«> landais pour leur défense commune. Depuis la perte de Munster, par la défection des troupes d luchiquin, ils avaient conservé une défiance insurmontable conire leurs alliés anglais; et, pour écarter leurs soupçons, il licencia le peu d'Anglais qui étaient restés au service. Trou-" rint leurs demandes plus exagérées, il con«* voqua une assemblée générale â Loughrea* annonça son intention , réelle ou simulée , de quitter le royaume; puis, à la prière générale* et après quelque hésitation , il consentit à resten Jusqu'alors, les Irlandais s'étaient flattés que le jeune monarque, ainsi qu'il l'avait si souvent promis, viendrait en Irlande pour prendre Its rênes du gouvernement; mais ils apprirent avec douleur que leur attente avait été trompée, et qu'il s'était rendu â l'invitation des Ecossais, depuis longtemps leurs ennemis jurés. Au bout de peu de temps, les conditions auxquelles il avait souscrit commencèrent â transpirer : on apprit qu'il s'était engagé à annuler la dernière paix signée entre Ormond et les catholiques, et qu'il avait fait serment, non-seulement d'interdire l'exercice public du culte catholique, mais encore d'extirper la religion catholique dans tous ses États. La tristesse et le découragement s'emparèrent de tous les esprits (6 août): dix évèques et dix ecclésiastiques assemblés â Jamestown résolurent tout d'abord d'envoyer deux d'entre eux au lord lieutenant , pouf

(I) Heaih, 267-270. Wbitebxk , 457, 450, 463, «1/

HISTOIRE D'ANCI.KTKRRK.

le prier de mettre à exécution son premier dessein de quitter le royaume ( 10 août ), et de déposer son autorité entre les mains d'un député catholique qui possédât la confiance de la nation. Cependant , sans attendre sa réponse , ils rédigèrent une déclaration (11 août), dans laquelle ils accusaient Ormond de négligence, d'incapacité et de perfidie; ils protestèrent que, bien qu'ils Fussent forcés, par le besoiu impérieux de leur propre conservation, de se soustraire ù l'autorité du lieutenant du roi, ils n'avaient point l'intention de porter le moindre préjudice à celle du souverain; ils déclarèrent que, dans les circonstances actuelles , le peuple de l'Irlande n'était plus lié par les articles du traité, mais par le serment sous la foi duquel il s'était d'abord associé pour la défense commune. Dès le lendemain (12 août), ils joignirent à cet acic une formule d'excommunication contre ceux qui assisteraient ou Ormond ou Ircton , en op|>nsition avec les intérêts véritables de la confédération catholique (1).

Cependant le lord lieutenant vit qu'il pouvait compter sur quelques prélats , et sur la majeure parlie-de l'aristocratie. Il répondit au synode de Jamestown que la nécessité seule t'engagerait à quitter l'Irlande sans l'ordre du roi . et les commissaires délégués se plaignirent (31 août) aux évèques de leur imprudence et de leur orgueil. Mais en ce moment (2 sept.) arrivèrent les copies de la déclaration que Charles avait été obligé de publier (16 août) à Dtinfermling en Ecosse. Elle causa une fermentation générale dans le peuple. « Leurs soupçons, disaient-ils, étaient maintenant confirmés, et leurs craintes et leurs prédictions accomplies. Le roi les avait appelés une race de » rebelles sanguinaires: » il les avait désavoués pour ses sujets, il avait annulé les articles du traité de paix , et il avait déclaré a la face de l'univers qu'il voulait anéantir leur religion. » Dans l'état d'effervescence où se trouvaient les esprits (16 sept.), le comité désigné par les évèques publia en même temps la déclaration et l'excommunication. Toutefois, l'intervalle d'une seule nuit put donner aux passions le

( I ) Ponce , . Vindicte evet sa» . . 2JC , 257. Clarendo i , tiii . 151 , 154. I5C. ■ llbernia Iloniinicana , » 691. Carie, il, 118, 120, 127.

temps de se calmer; ils se repeulirent de leur précipitation, et, d'après l'avis des prélats, assemblés dans la ville de Galway (16 sept.), ils publièrent un troisième écrit pour arrêter l'effet du premier.

Le premier expédient qu'employa Ormond fut de soutenir que la déclaration de Dunfermling n'était qu'une pièce supposée; car dè.» son séjuur à Breda , et avant son voyage en Écossc, le roi lui avait so'enneilement assuré qu'aucune considération humaine ne pourrait l'engager à violer le traité de pacification. Un second message (15 oct.) le convainquit de son authenticité; mais» il devait la regarder comme nulle en ce qui concernait l'Irlande , parce qu'elle avait été faite sans l'aveu du conseil privé de ce pays»(l). Cette communication enhardit le lord lieutenant : il déclara qu'il était prêt à affirmer que le roi et ses officiers d'un côté, la population catholique de l'autre, étaient liés (23 oct.) par les conditions du traité; mais il exigea qu'avant tout «les commissaires- de confiance» condamnassent les actes du synode de Jamestown, et se joignissent à lut pour punir ceux de ses membres qui persisteraient dans leur désobéissance. Ils firent des propositions aux prélats (29 oct.) , qui répondirent que la protection et l'obéissance étaient corrélatives; qu'en conséquence, puisque le roi les avait publiquement exclus de sa protection, eu les qualifiant de «n belles sanguinaires, > ils ne pouvaient concevoir comment un officier quelconque , agissant en son nom , pouvait prétendre à leur obéissance (2).

(I) Lccire* de Carte, i, 31)1. Le* conseillent de Cuaile*. a Breda, lui avaient dom.é de* principe* qu'il parait avoir chéri* louie «a vie, «avoir : • que l'honneur et la conscience étaient de* chimères, et qu'un roi devait se gouverner d'après les règles de la prudence et de la nécessité. • Ibid. Nirhtilj* à Ormond , 435 D'abord Charles convint qu'il fallait trouver quelque moyen «de rompre, sans déshonneur et sans injustice, la paix faite ave-: les Irlandais, s'il paraissait (nsuite convenable a un parlement libre de I Ecosse d'anuuter le traité, mais a condition que la chose ne serait pas publiée jusqu'à ce qu'il eût averti Ormond et ses ami* de pourvoir à leur snreié ; et qu'on lui montrai comment il pouvait le violer en honneur et en justice en considération de* violations qui avaient été faites de l'autre côié. » P. 390, 397. Cependant , peu de temps auparavant , il avait déclaré hautement qu'aucune comidératioii ne le porterait à violer ce traité de paix. » I». 374,

I (2 Ponce, 257, 261.

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