‹ Histoire d' AngleterreChapitre 227 sur 307 · RE XVI · texte numérisé non relu

RE XVI

i fit 300 prisonniers, parmi lesquels étaient les membres des deux comités des États de l'Éi glise, plusieurs pairs, rt toute la noblesse des i environs; lesquels, avecd'itulres individus que le général jugea hosiilesou dangcrctixa la cause de la république , suivirent les archives de leur pays dans la capitale de l'Angleterre. Birnlôt une brèche fut ouverte à Dundee; les assiégés ne résistèrent point au choc des assaillants, et le gouverneur et la garnison furent massacrés (1er sept.). Je laisse û l'imagination le soin de se retracer tout ce que les habitants curent à souffrir de la violence, de la brutalité et de la rapacité d'un ennemi victorieux. I,a place de Dundee , vu sa force supérieure, avait été choisie par un grand nombre de personnes pour le dépôt de leurs effets les plus précieux : tous ces objets , de même que 60 vaisseaux et leurs cargaisons, qui étaient dans le port, devinrent la proie des vainqueurs (I).

Saint-Andrews, Aberdccn, Montrosc , effrayés par ce terrible exemple , ouvrirent leurs portes. Le comte de llttnlley et lord Balcarras se soumirent. Quelques forteresses, qui restaient encore, capitulèrent l'une après l'autre; et si Argyle, au milieu de son clan, se maintint quelque temps dans une indépendance précaire , ce n'est pas qu'il eût conçu l'espoir d'éviter le joug, mais parce qu'il voulait obtenir du parlement la reconnaissance d'une dette qu'il réclamait du gouvernement anglais (2). Pour arrêter toute tentative de résistance en la rendant impossible, on augmenta successivement l'armée jusqu'au nombre de 20,000 hommes (3); on résolut de construire des citadelles en pierre à Ayr, Leilh, Penh et Inverncss,

(1) lleatb, 301,302. Whitelock. 508. Journaux, 27 aoiU. Balfour, iv, 314,315. «Monk ordonna de passer au (il de Tépée tous les individus des deux sexes. Il y eut de tues environ 800 habitants et soldais , et à peu près 2C0 femmes et curants. Le butin qu'ils firent dans le pillage de la ville excéda 2 millions et demi* (200,000 liv.). Cependant il parait que toute la car oison ne fut point passée au fil de Cépée, d'après la mention insérée dan» les journaux <J2 sept.), d'une liste d'officiers faits prisonniers. Le capitaine Keljy avait accordé la vieà Luinsdcn; mais il fut tué dans la rue, d'un coup de pistolet , par le major Butler, au moment où Kelly le conduisait a Munk. bcliard, 6118.

(2) Balfour, iv, 315. Healb, 30Î , 308 , 310, 313. Whitelock, 514,534 , 543.

(3) Journaux , 2 déc. 1052.

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et une longue chaîne de postes militaires, qui traversait les montagnes, servit, sinon a dompter, du moins à réprimer l'orgueil outragé et Tindignaiion des naturels. Le parlement déclara domaines nationaux les biens et les possessions de la couronne , confisqua les propriétés de ceux qui s'étaient unis au roi et au duc dHamilton dans leurs invasions en Angleterre, à l'exception de ceux qui ne possédaient pas plus de 5 livres, s'ils étaient dans le commerce, et de ceux qui ne possédaient que 100 •livres, s'ils ne le faisaient pas. Toute autorité qui dérivait d'une autre source que du parlement d'Angleterre fut abolie par une proclamation (1652, 31 janv.). On remplaça les shérifs et les autres officiers civils dont la fidélité était douteuse, par d'autres qui étaient dévoués à la république ; on imposa une (axe annuelle de 130,000 livres, pour tenir lieu des logements militaires, et subvenir aux besoins de l'armée; et des juges anglais, assistés de trois ou quatre habitants du pays, furent délégués pour parcourir les lieux de juridiction , et exercer l'autorité judiciaire, à l'exclusion des cours de justice établies (2). Les Écossais ne se soumirent à ces innovations qu'avec une douleur mêlée de honte. Mais la mesure des maux de leur patrie leur parut comblée, lorsqu'on ajouta le projet d'incorporer les deux filais dans une même république , sans autorité royale, et sans l'influence aristocratique d'une chambre de pairs. Il y a chez tous les peuples un amour de l'indépendance nationale, dont le paysan même est animé, et ici ce sentiment de fierté était fortifié

(I) Ludlow,3!5. Heatb, 313 , 326. Wbitelock , 528 , 512. Journaux , 19 riov. Journal de Leicester, 12y. Dan» Jeur tournée, les juges anglais furent uirprii de l'esprit processif et Tindicaiif que les Écoutai» manifestent. l'Ius de 1.000 individus furent traduils dcv;nt eux comme prévenu* d'adultères, dinceste», et d'autre» errmea qu'il» avaient été obligés de confesser à l'Église («ndant le* vingt ou trente dernière» années. Lorsqu'il M'y avait pas d'autre preuve, on renvoyait le» accusé». Soixante personnel furent accusées , de la même manière, de sorcellerie, et également acquittées : car, quoiqu'elle» eussent avoué le crime, l'av*u leur avait été arraché par la torture. On avait coutume de lier la prétendue sorcière par les deux mains, et de la fouetter jusqu'à ce qu'elle eut avoué; ou de lui tenir une ebandelle allumée sous la plante des pied* entre le* orteils, «m mus quelque partie de la téie . rnfin de f a rr porier Al 'an ux-u une chemise decrin trempée d.in» dv vinaigre Voyti Wbisehxk ,513, 541, 5«, 547, £18

parla religion. Les ministres, comme chargés du soin des affaires ecclésiastiques , n'avaient point à s'occuper des conséquences politiques d'une union qui tendait à abaisser l'Écosse au rang d'une province; mais ils défendirent au peuple de consentir à cette mesure, parce qu'elle était contraire au covenant, et tendait» à établir la subordination de l'Église envers l'État, dans les choses du Christ* (1). Les commissaires du parlement (ils étaient huit, et avaient S. John et Vane à leur tête), forts du pouvoir de l'épée , se moquèrent des menaces de l'Église. Ils assemblèrent à Daikcith les représentants des comtés et des bourgs, qui avaient reçu l'ordre d'apporter avec eux le plein pou voir de traiter et de conclure relativement à l'union des deux pays. Vingt-huit des trente comtés et quarante- quatre des cinquante-huit bourgs donnèrent leur consentement. l>e résultat fut une seconde réunion à Edimbourg, dans laquelle on choisit vingt et un députés pour traiter des conditions avec les commissaires du parlement à Westminster (22 sept.). Des conférences se tinrent dans ce dernier lieu , et l'on y discuta un grand nombre d'articles; mais avant que le plan eût été arrangé à l'amiable, le parlement lui-même fut renversé avec tous ses projets par l'heureuse ambition de Cromwell (2) ( 1 2 oct. ).

De la conquête de l'Irlande et de l'Écosse nuus porterons nos regards sur ce qui se passa entre la république et les puissances étrangères. Le roi de Portugal fut le premier qui provoqua sa colère, et ressentit les effets de sa vengeance. A une époque antérieure, en 1649 (mars), le prince Ruperl , avec la flotte qui sciait révoltée contre le parlement en faveur du dernier roi , partit du Tcxel, vint croiser dans le canal d'Irlande, et causa des pertes énormes au commerce anglais. Vane, à l'activité duquel on avait confié le département de la marine, mit tous ses soins à équiper une flotte formidable, dont il donna le commandement à trois officiers, Blakc, Dean et Popham. Rupcrt se retira dans le port de Kiwale devant des forces supérieures : les batteries tinrent ses ennemis en respect (mai), et les Irlandais lui four-

(I) Whitelock , 521 Healb, 307.

(2? Journaux, 1652: 15 , 2U septembre ; 29 octobre; *>3 novembre

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