‹ Histoire d' AngleterreChapitre 239 sur 307 · SI · texte numérisé non relu

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de traiteravec les puissancesétrangères, d'après . triennaux, ainsi que l'acceptation du protcc

« Tavis, » et celui de faire la paix ou la guerre , avec le •consentement» du conseil; il avait aussi la disposition dcs.forccs de terre et de mer, et la nomination des grands fonctionnaires de l'État, avec l'approbation du parlement, et, en l'absence du parlement, moyennant celle du conseil , laquelle était soumise ensuite à l'approbation du parlement. 3° Les lois ne pouvaient être faites, ni les impôts établis, que par le consentement ordinaire du parlement. La liste civile était fixée à 200,000 livres par an; et l'on devait lever les sommes né-

torat par le a lord général,» furent annoncées au public par une proclamation, avec toutes les cérémonies précédemment usitées â l'avénemeut des monarques (1).

On ne doit point croire que cette élévation de Cromwell au pouvoir suprême était vue de bon œil par toute autre classe que ses compagnons d'armes, qui regardaient sa grandeur comme leur propre ouvrage, et qui attendaient de sa reconnaissance la récompense qu'ils avaient méritée. Mais la nation était lasse de révolutions. Elle avait tant souffert des

cessaires à l'entretien d une armée de 30,000 ravages de la guerre et de l'oppression exercée hommes, dont deux tiers de cavalerie et un j par les militaires; elle avait eu tant d'exemples

de châtiments encourus par la résistance aux possesseurs actuels du pouvoir; elle était divisée en tant de partis qui s'entre-haïssaient et qui étaient jaloux les uns des autres, qu'elle consentit sans peine à tout changement qui

tiers d'infanterie, ainsi que d'une marine telle que le lord protecteur la jugerait nécessaire. 5° Tout homme professant la foi en Jésus- Christ devait être protégé dans l'exercice de son culte, excepté les épiscopaux, les papistes,

et ceux qui, sous des prétextes de religion, | faisait espérer le relourde la tranquillité et enseigneraient la licence 6° On nommait « lord | promettait de mettre fin aux inquiétudes , à la protecteur» actuel le t lord général «Cromwell; ! souffrance, et aux dangers. Le protecteur ne

ses successeurs devaient être choisis par le conseil. Le prochain parlement devait se réunir le 3 décembre suivant; et jusqu'à celte époque, le «lord protecteur» était investi du droit de lever les sommes nécessaires au service public, et de faire des ordonnances qui auraient force de loi, jusqu'à ce que le parlement donnât des ordres à cet égard.

Après celte lecture, Cromwell, élevant la main et les yeux avec dignité vers le ciel, jura d'observer et de faire observer tous les articles de cet acte ; et Lambert , se mettant à genoux, présenta au protecteur une épée civique dans son fourreau; ce qu'il accepta , ôtant la sienne, pour donner à entendre qu'il avait l'intention de gouverner par une autorité constitutionnelle , et non par la force militaire. 11 s'assit ensuite dans le fauteuil, mit son chapeau, tandis que le reste de l'assemblée resta découvert ; il reçut le sceau des mains des commissaires, l'épée de celles du lord maire, et les remit ensuite aux mêmes personnes. Ayant exercé ces divers actes d'autorité souveraine, il revint avec le cortège à son carrosse, et retourna en grande cérémonie â Wbitehall. Le même jour, l'institution d'un gouvernement, composé d'un lord prolecteur et de parlements

négligea cependant aucun moyen de consolider son autorité : usant des pouvoirs qui lui étaient accordés par l'acte, il donna les principaux emplois de l'armée à des hommes en qui il avait une pleine confiance; cantonna les troupes de manière à réprimer facilement toute insurrection, et, dans la multitude d'ordonnances qu'il publia , il eut soin de rendre les engagements plus solides, de défendre toute réunion pour les courses de chevaux ou des combats de coqs, d'expliquer les délits qui seraient qualifiés de trahison contre son gouvernement, enfin d'établir une haute cour de justice pour le jugement de ceux qui s'en rendraient coupables.

( 1654) Cependant, il ne pouvait ignorer que , même parmi les anciens compagnons de sa fortune, parmi ceux qui avaient combattu et versé leur sang à ses côtés, il s'en trouvait plusieurs qui, tout en révérant le général, abhorraient le protecteur. C'étaient des républicains inflexibles et obstinés, les uns par po-

(1) Wbitelock, 571-578. Thurloe ,1,630,611. Ludlow, il , 40. Le changement dans le mode de représenta • tioo , qui avail déjà élé proposé dans le loog parlement, fut généralement regardé comme une Clar.,Hi*t., iu,495.

HISTOIRE D'AiNGLKTKIUiR.

îilique, les autres par religion. Il affectait de • s'ouvrir à eux sans réserve. H protestait «qu'il 1 était toujours le même humble individu qu'ils avaient autrefois connu. S'il n'eût consulté que son propre sentiment, il aurait préféré «la houlette de berger »a la dignité de protecteur. La nécessité lui avait fait accepter cet emploi : il avait sacrifié sa propre satisfaction pour préserver ses compatriotes de l'anarchie et de la ruine; et, comme il ne supportait ce fardeau qu'avec répugnance, il le quitterait avec joie, aussitôt qu'il pourrait le faire sans danger pour la nation. » Ce langage fit peu de prosélytes : on avait trop souvent été dupe de j son hypocrisie, et victime de la crédulité : on i ne se rît aucun scrupule , soit dans les réunions | publiques, soit en chaire, de l'appeler «un scélérat hypocrite et parjure, » et de le menacer d'un sort « pire que celui du dernier tyran. » S'il était nécessaire d'imposer silence aux déclamaleurs, il était en même temps dangereux de les traiter avec sévérité. Il agit avec prudence, et modifia son ressentiment selon les circonstances. Il ôta aux uns leurs emplois dans l'armée ou dans l'Église; il priva d'autres de leur liberté, jusqu'à ce qu'ils eussent donné caution de leur conduite à venir; et quant aux moins traitablcs et aux plus dangereux , il les enferma dans la Tour. Du nombre de ces der- j niers était Marrison, qui l'avait jadis secondé i pour la dissolution du long parlement, et qui ! était devenu son plus implacable ennemi (30 février), ainsi que Feak et Powcll, ces prédicateurs anabaptistes qui avaient bravé son j ressentiment pend.mt la session du dernier parlement (26 juillet ). Symson ; leur collègue , partagea leur sort ; mais ses soumissions lui valurent ensuite son élargissement (1).

Il eut moins de modération envers les royalistes, qu'il craignait moins. Charles, qui rendait toujours à Paris, entretenait une correspondance suivie avec les partisans que sa famille avait en Angleterre, dans le double but de conserver un parti prêt à tirer avantage d'une révolution quelconque en sa faveur, et d'obtenir de leur fidélité des avances pécuniaires pour son entretien et celui des personnes

(I) Tburloe, 1,641, 642; n,67,08 Wlii elock,580, 582 , 5<J6.Lud!ow.n,47

qui l'accompagnaient. Parmi Tes agents qu'il employait, il se trouva des gens qui livrèrent ses secrets ou ses prétendus secrets à ses ennemis (1 ), ou qui entraînèrent ses partisans dans des complots imaginaires , afin de capter la reconnaissance du protecteur en les dénonçant. Du nombre de ces derniers était un individu nommé Henshaw, qui, s'étant rendu à Paris, n'avait pu obtenir par ses sollicitations d'être admis en la présence du roi. A son retour, il communiqua à quelques royalistes un projet d'après lequel on devait assassiner le protecteur sur la route de Hampton-Court , se saisir de la garde de Whitehall, surprendre la ville, et proclamer le roi exilé. Il trouva des gens qui écoulèrent ses suggestions; et, lorsqu'un certain nombre eut donné dans le piège, il y en eut quarante d'arrêtés et d'interrogés (24 mai). Plusieurs consentirent à servir de témoins , trois furent mis en jugement devant la haute cour de justice (30 juin). Fox, l'un des trois, s'avoua coupable, et, corroborant parla le témoignage de Henshaw, il mérita et obtint sa grâce. Yowell, maître d'école, et Gérard, jeune homme de vingt-deux ans, furent condamnés à mort (6 juillet). Le premier marcha au gibet, fier de mourir martyr de la cause royale. Gérard, avant d'être décapité, protesta, dans les termes les plus forts, que, quoiqu'il eût entendu parler de ce projet, il ne l'avait jamais approuve (2) (10 juillet). Dans les dépositions des témoins, on prétendait que Charles avait consenti à l'assassinat du protecteur. Quoique Cromwell affectât de n'y point croire, il fit, pour sa propre sûreté, menacer le prince exilé que , si de semblables tentatives étaient encouragées a l'avenir, il userait de représailles, et lui fit en même temps entendre qu'il lui serait facile de mettre cette menace à exécution (3).

Ct} Garcndon informe Nichnlas ;le 12 juin) que, dans la réalité, aucun secret n'a été révélé ni découvrit. Clar-, l'ap, in , 247. On «avait qu'il existait a Londres un comité de royalistes, tous le litre du . Sealed Knot » ; mais tes nu-mbret ne furent poiut découverts. Thurloe, n, 64, 65 , 70,71.

(2) Procès d'État , 517-540. Thurloe, n, 4l6 , 446, 417 Wkntelock , 5«l , 592, 593. Henshaw ne comparut pomtju jugement. On dit qu il s'était sauvé. Mais Tburloe nous apprt ud qu'il était détenu a la Tour , ei Gérard en exprima le soupçon dans le discours qu'il fitsur l 'écbafaud.

(3; Cromwell u 'ajoutait point fol au i complots faits

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