CHAPITRE XIX
Richard Cromwell protecieur. — Parlement convoqué.
— Il est dessous. — Gouvernement militaire. — Long par leme ut rétabli.— lient de nouveau renvoyé. — Keslauré encore une fois. — Moitk à lx> dre<. Admission de» membres rxc/u«. — Ijc Ioiir parlement est disvou*.
— I* partement-couven'ion. — Restauration de Ourles II.
Cromwell laissa deux fils de sa femme Élisaforth Bourchier, Richard et Henry. Les commencements de la carrière de ces deux jeunes gens offrirent un contraste remarquable. Pendant la guerre civile , Richard demeurait au temple, fréquentait les o cavaliers, » et passait son temps dans les plaisirs et la débauche. Henry s'était rendu aux quartiers de son père; et son avancement fut si rapide, qu'à l'âge de vingt ans il avait le brevet de capitaine dans le régiment des gardes de Fairfax , le lord général. Après l'établissement de la république , Richard se maria, et, s'étant retiré dans la maison de son beau-père, à Hursley dans le Hampshire, il s'adonna aux occupations ordinaires des gentlemen de campagne. Henry accompagna son père dans la conquête de Tirlande, pays qu'il gouverna ensuite, d'abord avec le rang de major général, ensuite avec celui de lord député. Ce ne fut que dans la seconde année du protectorat que Cromwell parut se rappeler qu'il avait un fils aîné: il le nomma à une place de lord du commerce, ensuite chancelier de l'université d'Oxford, et enfin il le créa membre de la nouvelle chambre des pairs. Comme ces dignilés étaient bien inférieures «i celles qu'il prodiguait à d'autres personnes allées à sa famille, on jugea qu'il
dats , l'on n'entendait que le «on des tambours et des trompettes. • Il decoro et nrandezza di l-ondra ha molto
• cauftiatodi faccia : la nobilià che la ren leva conspicua «sia divisa per la campagna, et la delicatezza délia corto
• la f iu soniuosj et la più allégea dcl mondo, frequeutata
• da principal! daine, et abundaute nelli più scelli tratle- « ninienti , e canrjiata al présente in una perpétua marchia
• et conlromarcuia , in un incessante strepilo di lamburi
• e di trombe , et iu stuolo oumeroso di soldati et ofociaii . diversiai |M»ii. » SafiTedo, lettre interceptée, dans Tbur- KfL, il , Ij7U.
n'avait qu'une mince opinion des talents de Richard. On pourrait conclure avec plus de probabilité qu'il craignait d'exciter la jalousie de ses officiers, et qu'il évitait avec soin tout ce qui aurait pu confirmer le soupçon généralement répandu qu'il avait le desscinde rendre le protectorat héréditaire dans sa famille.
Aussitôt qu'il fut mort, le conseil s'assembla; cl le résultat de la délibération fut l'ordre de proclamer Kichard Cromwell protecteur, motivé sur ce que feu son altesse l'avait désigné pour son successeur dans celte dignité (1). 11 ne s'éleva pas un seul murmure d'opposition, la cérémonie fut partout célébrée avec toutes les formes d'usage pour a nnoncer l'avéneraenl d'un nouveau souverain; et les adresses de condoléance et de félicitatiou affluèreut de la part de 1 armée et de la marine, de cent églises congréganistes, el de la part des bourgs, cités, et comtés. On eût dit que les Bretons, nés libres, avaient élé transformés en une nation d'esclaves. Tous ces écrits étaient conçusdans le style de l'adulation la plus outrée, ornés d'allusions forcées tirées des Écritures, et de toute l'extravagance et l'hyperbole orientale :« Leursoleil avait disparu, mais la nuit ne lui avait pas succédé. Ils avaient perdu le père nourricier dont la main avait brisé le joug de l'esclavage qui pcsail sur le
(!) Il payait qu'il eiistede bonnes raisons de douter de la vérité de celte assertion. Thurloe , il est vrai, annonce ( vu, 372} à Henry Cromwell que ton père avait nommé Richard son succès* ur, le lundi précédent ; mais celle lettre fut écrite après que Richard eut été proclamé, et son contenu ne peut se concilier a»ec les lettres qui l'avaient précédée. Nous en avons une du lord Falconberft, en date du lundi , qui marque qu'il n'y avait pat eu de nomination, et que Thurioe avait promis de la suflf>ércr; mais qu'il était probable qu'il ne remplirait pas sa promesse { ibid., 365); et une autre de Tburloe lui-même a Henry Cromwell , dans laquelle il lui mande la même chose sur la nomination ( ibid., 364). On pourrait peutêtre dire que Kichard fut nommé le lundi , après que les lettre» eurent élé écrites; mais il y a unesecoude lettre de Thurloe , datée du mardi , où il est dit que le protecteur était toujours incapable de s'occuper d'affaires publiques, et qu'il craignait que les choses ne restassent, jusqu'à la mort de son altesse , dans l'état qu'il avait détaillé dans sa lettre du lundi ( ibid., 366 ). On prétendit plus tard que la nomination avait eu lieu dans la nuit qui précéda la mort du protecteur, en présence de quatre membres du conseil (Falconber;*,, dans Thurloe , 375, et Warwick, ibid., 415); mais et dernier ajoute que bien det personnes doutent qu'il y ait jamais eu de nomination.
cou et la conscience des saints. La Providence , d'un seul coup funeslc, avait ôté la respiration à leurs narines, et Fait tomber leurs têtes de leurs épaules ; niais elle leur avait donné en retour la branche la plus noble de celle illustre souche, un prince distingué par la beauté de sa personne, plus encore par les qualités éminentesde l'esprit. Le fVu protecteur avait été un Moïse pour conduire le peuple de Dieu hors de la terre d'ftgypte : son fi!s serait un Josué qui les conduirait à une position plus complète de la vérité et de la justice. Élie avait été enlevé au ciel : Elisée restait sur la terre, héritier de son manteau et de son esprit!» (1)
Les royalistes, qui s'étaient flattés que tout l'édifice de la puissance du protecteur s'écroulerait à la mort dcOomwcll, virent avec étonnement Passent imenl général donné à la succession de Richard; et. les princes étrangers, qui avaient par prudence sollicité l'amitié du père, s'empressèrent alors d'offrir leurs félicitations à son fils (14 septembre]. Cependant, quoique l'horizon parût serein cl calme, un œil expérimenté pouvait facilement découvrir les éléments d'un orage prochain. Les officiers tenaient des assemblées secrètes; on faisait répandre sourdement des doutes sur la nomination de Richard par son père; et l'on faisait encourager parmi les militaires l'opinion que, comme la république était l'ouvrage de l'armée, la première charge de celle république appartenait au chef militaire; que c'elait pour celte raison que le protectorat avait clé donné à Cromwell ; mais que son fils n'était pas militaire, n'avait jamais tiré Tépée pour la cause, et que c'était déshonorer, déshériter les hommes qui avaient tant souffert et tant répandu de sang dans la lutte, que de permettre que le pouvoir suprême lui fût dévolu.
Il est probable que ces plaintes avaient élé suggérées; il est certain qu'elles furent fomentées par FIcctwood cl ses partisans, les colonels
(I) Le» ministres de llf,lise écossaise a Edimbourg, au lieu de se joindre a ces adresses, fireut des prieras, le dimanche suivant, pour que. le .Vigueur damnai prendre pitié des exilé», ei de ceux qui étaient dans la captivité, et les Hl revenir arec des gerbes de joie; qu'il détitrât tout son peuple du joiifi de Plurutn et des tyrans de l'ÉRypie; Q"'il exte.imnat leurs oppresseurs , cl Mlâl l'époque de leur délivrait e. - TI.mHop, vu , 116.
Cooper, Rerry, et Sydenham. Fleelwood était brave à la guerre, mais irrésolu dans les conseils. Il désirait avec ardeur s'emparer du pouvoir, mais il était sans cesse arrêté par des scrupul.es de conscience; attaché par principes au républicanisme, mais prêt à consentir à tous changements, sous prétexte de se soumettre aux décrets de la Providence. Cromwell t qui le connaissait, l'avait élevé au commandement en second de l'armée, et avait nourri sou ambition de l'espoir éloigné et trompeur de lui succéder dans la magistralurc suprême. Le protecteur mourut, et Fleelwood, au lieu d'agir, bésila, pria, délibéra : il laissa passer le moment propice, acquiesça à la décision du conseil en faveur de Richard; et ensuite, se repentant de sa faiblesse, il chercha, pour se dédommager de ce qu'il avait perdu, à restreindre l'autorité du protecteur dans les bornes de l'administration civile, et à se faire donner à lui-même, sans aucun partage, le commandement absolu de l'armée. Sous le dernier gouvernement, l'on avait blâmé et défendu les assemblées d'officiers militaires : sous le nouveau, on les invila à se réunir pour délibérer; et, dans une assemblée de plus de 200 individus, ils présentèrent à Richard une pétition, dans laquelle ils demandaient qu'aucun officier ne pût être destitué sans la sentence d'un conseil de guerre, et que le commandement en chef de l'armée et le pouvoir de nommer aux emplois fussent confiés à quelqu'un qui, par ses services passés, eût prouvé sou attachement pour la cause. Plusieurs personnes conseillèrent à Richard d'anéantir d'abord les espérances des factieux, en faisant arrêter et emprisonner leurs chefs; mais des avis plus modérés prévalurent; et, dans un discours ferme, mais conciliant, composé par le secrétaire Thurloe, il répondit (14 octobre) que pour satisfaire leurs désirs, il avait nommé son parent Fleelwood lieutenant général des armées: mais qu'il ne pouvait se départir du commandement en chef, et du droil d'accorder et de reprendre les brevets, sans violer la o pétition el a vis, » acte en vertu duquel il tenait l'autorité suprême. Pcndaut quelque temps, ils parurent salisfails ; mais les principaux officiers ne cessèrent pas de se réunir dans la chapelle à Saint - James, sous prétexte de prier, mais en effet omir délibérer. On fit naitrede nouvelles jalou-