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ponl ne fui point heureux ; mais le second réussi!, et les envahisseurs eurent I honneurdepoursuivre leurs adversaires au delà d'un mille: ce ne fut cependant qu'nnstérile honneur , acheté par la perte d'un grand nombre d'hommes (I).
De la Corogue , les commandants envoyèrent à la reine un récit exagéré de leurs succès, mais ils lui apprirent qu'ils n'avaient aucune nouvelle du comte d'Esscx. Ce seigneur, probablement d'après un ordre , les attendait à Péniche, sur la cote de Portugal ( 21 mai ). Ils se décidèrent a prendre terre. A leur arrivée , Essex sauta le premier sur le rivage, et le château fut pris a l'instant ( 16 mai ); delà , la flotte ni voile pour l'embouchure du Tage. L'armée marcha vers Lisbonne en traversant Torres-Vcdras et Saint-Sébastien; mais le cardinal Albert , gouverneur du royaume , avait confié le commandement à Fonteio, capitaine expérimenté , qui détruisit toutes les provisions dans le voisinage, et distribuant sa petite troupe d'Espaguols dans les positions les plus favorables pour s'opposer à toute révolte dans la ville, attendit patiemment l'arri véede l'ennemi(24 mai), I^es Anglais s'avancèrent sans opposition : Essex et satroupe frappèrent aux portes pour être admis; maisau moment où ils se retiraient, les Espagnols sortirent en petites divisions et surprircntlesmaladesct lestralnards. Les maladies et la disette forcèrent Norris à abandonner l'entreprise ; aucune épée n'avait été tirée en faveur d'Antonio, et malgré les prièreset les représentations de ce prince , l'armée marcha sur Cascaes(27 mai ), ville que Drake avait déjà prise et pillée. De Cascaes l'expédition fit voile pour l'Angleterre , et le jour suivant , un orage la divisa en plusieurs petites escadres. Une d'elles prit et pilla la ville de Vigo; les autres ayant beaucoup souffert de la tempête ( 21 juin ), et plus encore de la poursuite vigoureuse de Padilla , dont la flotte se composait
(1) Ibid. , 3S9 395. Birch, i, 58. Camden, 600 002. tSorri* et Drake paraissent avoir élé très habile* dan» l'art de composer de* dépêches officielles. Il» dirent au conseil que, dan» ces bataille», où l'on s'était vivement défendu, il» avaient tué 1.CO0 ennemi* et n'avaient perdu que 3 hommes. Lodge, ibid. Mais lord Talbot écrit a son père : • J'entends dire tn particulier que nous avons perdu autant d'hommes qu'eux, si ce n'en plus; que nous n'aions aequi* que de la gloire, et l'habitude qu'elle a donnée à nos hommes i!e se servir de leur» . Ibid. , m.
de 17 galères , atteignirent successivement Plymouth ( 3 juillet ). Plus de la moitié des 21,000 hommes qui étaient partis pour celle désastreuse expédition avait péri , et sur environ 1100 gentilshommes, un tiers à peine revint vivant à son pays natal (1). La reine se félicita des représailles d'invasion qu'elle avait rendues à Philippe; mais elle regretta les hommes et le trésor qu'elles lui avaient coûtés. Elle en rejeta tout le blâme sur la désobéissance et l'avidité des commandants, qui, de leur côté , s'accusèrent l'un 1 autre, et alléguèrent la chaleur du climat et l'intempérance des soldats. Mais on dissimula soigneusement ces reproches; on cacha les pertes au public; on exagéra les avantages ; et le peuple célébra joyeusement le triomphe de l'Angleterre sur l'orgueil et la puissance de l'Espagne (2).
Lorsque Essex reparut à la cour, il y trouva deux rivaux aspirant à la faveur de la reine, sir YValter Raleigh et sir Charles Blount. Raleigh était un soldat de fortune , qui avait servi en France , dans les Pays-Bas et en Iriande. Une querelle avec lord Grey l'amena en Angleterre, où il plaida sa cause devant le conseil avec une éloquence qui excita l'admiration de ses auditeurs. Elisabeth le fit venir, et s'amusa de ses flatteries et desa conversation : elle le consulta souvent ensuite «comme un oracle. » Il l'accompagnait dans ses promenades, et, une fois, il jeta son manteau ( le seul de ses vêtements qui probablement eût quelque valeur ) dans la boue , afin qu'il servit de tapis de pied à la reine On prédit à l'instant sa fortune. Mais l'ardeur de ses amis le mit en rivalité avec Essex, et l'in- * fluenec supérieure du comte fit renvoyer son rival de la cour, pour planter les 12,000 acres
(1) Camden fait monter le nombre des hommes employés dan» cflte expédition à 12,500, et il le porte à îtur retour a 6,000 (CamoYn, 001, 605 ), nombre qui parait exact, k'il se borne a l'armée. Baillie, capitaine de la Marie - (1er marne, écrivait de Plymouth à lord Mirewibury que l'armée de terre moulait a 20,000 homme* , ce qui petit être exagéré. Fenner , qui avait un commandemant important sur la flotte , donne les nombres cités dans le texte. Il ajoute que ce fut une . misérable action ; . il ne pouvait écrire de sa main tout ce que son mmr ressentait. Birch. i . 58.
;2) Voyez, le* dépêche sdans Lodge. ibid .W-OI. Birch, i. Mrvpe. iv, S. feindra. OUI -005. Suive . 751.7*1. Matin. • IhM al» . v essn C.ve];oni Mil , • I. u . W, i>,
HISTOIRE D'AISGLËTERUE.
qui lui avaient été accordés en Irlande (I). Sir j Charles Blount , second fils de lord Monjoy, I riait un étudiant d'Inncr-Tcmple. Un jour la j reine , dinaut en public, le remarqua parmi les spectateurs , demanda son nom , lui donna sa main à baiser , et lui ordonna de demeurer à la cour. Dans un tournois, la reine, en signe d'approbation, lui envoya une reine de jeu d'échecs en or , qu'il attacha a sou bras avec un ruban cramoisi. La jalousie d'Esscx le porta à retnar- ! quer que « maintenant tous les fous obtenaient la faveur de la reine , » et l'orgueil de Blount demanda satisfaction de cette insulte. Ils se bal- i tirent ; fcssex fut blessé à la cuisse, et la vanité j d'Elisabeth en fut fiailéc, par la raison «que sa beauté avait été cause de leur querelle. » Elle leur ordonna de se réconcilier ; et, par la suite, de rivaux qu'ils étaient, ils devinrent , amis sincères et à toute épreuve (2).
Mais toute l'attention d'Elisabeth se porta bientôt sur les événements extraordinaires et importants qui se succédaient rapidement en France. L'année précédente ( 2 mai 1588), le ; roi avait introduit secrètement dans Paris un corps de troupes, pour contenir, et peut-être punir les chefs des factieux, qui avaient acquis un ascendant sans bornes sur l'esprit des j citoyens : le peuple se souleva; on lendit | des chaînes au travers des rues; les soldats, | séparés les uns des autres par petits corps , se j rendireut( 2*2 sept. ), cl le duc de Guise devint maiire de la capitale (3). On avait convoqué ; une assemblée des étals à Blois, où le roi réso- : lut de se débarrasser en trahison d'un sujet qu'il ne pouvait punir juridiquement. Par ses ordres, le duc fut assassiné lorsqu'il se rendait à l'appartement du roi. jour suivant (3 déc.), le cardinal de Guise éprouva le mêmesort,ctle cardinal de Bourbon, avec les chefs du parti, fut envoyé en prison (i, ( 14 déc. ). A cette nouvelle, les habitants de la capitale entrèrent dans la plus violente fermentation : les deux frères furent mis au nombre des martyrs, et les rues, les églises, les places publiques , rc-
; I ; Rircli . i , ùfi. Njurito i . dans le Phénix , 209.
(2; Naunloii , 212. Osb< rn, 32.
(3) Commuez (iriffel , de la Journée de» Barricade*; Daniel , xi , 431».
(-1) Voyez Its Journaux de Ha'dwicLc, ■ , :«l , 296. Ccide:! , M)7
tenlircnt des cris de vengeance. Le duc de Mayenne, leur troisième frère, se rendit en toute hâte de Lyon à Paris, et, sous le titre de gouverneur, s'empara de l'autorité souveraine. Si le roi eût agi avec vigueur, peut-être eût-il écrasé l'hydre qui lui résistait; mais, par ses lenteurs, il laissa ses ennemis revenir de leur consternation, et , pour dernière ressource, il fut forcé de se jeter dans les bras du roi de Navarre ( avril 1589 ).
Ayant réuni leurs forces, les deux monarques marchèrent sur Paris, où la frénésie religieuse était parvenue à sou comble. La doctrine que le peuple avait le droit de déposer et de punir ses souverains avait été autrefois posée en principe par Knox, Goodmann et Langue! (1); et depuis peu, elle avait été adoptée par l'université, reconnue par le nouveau parlement, et répandue par les prédicateurs du haut de leur chaire (29 déc. et 26 mars). On déclara le roi apostat, assassin et tyran; on le prétendit déchu de ses droits à la souveraineté, et l'on exhorta le peuple à délivrer le royaume du gouvernement du monstre. Jacques Clément, jeune moine dominicain, d'un esprit faible et d'une grande résolution, se chargea de commettre le crime. Sur la foi d'une lettre supposée de llarlay, premier président au parlement , il obtint d'être introduit auprès de Henri ; et comme le roi s'avançait pour l'entendre, il lui plongea un couteau dans les entrailles (22 juill.). Le monarque s'écria qu'il était assassiné : ses gardes se précipitèrent dans sa chambre, et massacrèrent aussitôt Clément (2). Cette prompte vengeance ne permit malheu-
(1) Languel était l'auteur de Junius Brutus, publié par Duplessis-Mornay.
(2) Voici la déposition de Bellegarde , qui était présent : . Aujourd'hui , environ* le» huict heure» , estant en U chambre du roi , qui entait sur »a cfaaize d'affaires , Sa Majesté a dict audict jacobin ce qu'il avait â dire. Lequel jacobin a répondu en ers mou : Sire, monsieur le premier président >e porte bien, et vouk baise' les mains, et après ces mot z a dit au procureur général qu'il voudrait bien parler au roi a part....- et voyant Sa Majesté que ledirt jacobin faisait difficulté de parler , lui a dict en ces mois : Approchez- vous ; ce que ledict jacobin a faict, et s'est mis en la place dudict sieur déposant, où incontinent il a ou y sadite Majesté, qui haussant sa voix a dict : Ha mon D«eu ! qui a été cause que bdicl sieur déposant a tourné la teste, où il a veu sadicte Majesté debout , qui tirait de son corps ung cos-