‹ Histoire d' AngleterreChapitre 57 sur 307 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

parole, il craignait aussi d'offenser ses sujets i jeunesse . mais h mesure que l'âge avancé d'ÉI

protestants. Enfin il arrangea la chose en luimême, en faisant une distinction entre le culte et les personnes des pétitionnaires. Il refusa surle-champ, avec indignation, toute demande pour l'exercice de ce culte; en plus d'une occasion même , il fit enfermer dans la Tour les individus qu'il pressentait vouloir faire une telle insulte à son orthodoxie. Mais il invita les catholiques à fréquenter sa cour ; il conféra à plusieurs d'entre eux le titre de chevalier, et il promit de les garantir de la pénalité portée contre les réfractaires, tant que, par leur conduite loyale et paisible, ils mériteraient la faveur du roi. Ils acceptèrent ce bienfait avec reconnaissance, quoiqu ils se vissent bien déçus dans leur attente. Plusieurs y trouvèrent le gage de concessions plus importantes, et le pontife Clément VIII, maintenant qu'Élisabelh avait cessé de vivre, se détermina à cultiver l'amitié du nouveau roi. Par deux brefs adressés à l'archiprétre et au provincial des jésuites, il recommanda strictement aux missionnaires de se renfermer dans les bornes de leurs devoirs spirituels, et de décourager, par tous les moyens qui seraient en leur pouvoir, tous les efforts faits pour troubler la tranquillité du royaume. Il reçut, avec regret, la nouvelle que Watson et Clarke s'étaient engagés dans la nouvelle conspiration. Il ordonna au nonce de Paris d'assurer Jacques de l'horreur avec laquelle il voyait ces actes de déloyauté, et il envoya un messager secret à la cour d'Angleterre, avec l'offre de rappeler du royaume tout missionnaire qui pourrait être un objet de suspicion pour le conseil (1).

Les puritains se reposèrent avec une égale confiance sur le bon vouloir du nouveau monarque. Il avait été élevé dès son enfance dans la théologie des Génevois; il avait souvent

sabeth mettait le sceptre d'Angleterre plus à sa portée, il avait appris à préférer la discipline soumise d'une Église qui reconnaissait le souverain comme son chef aux formes indépendantes d'une secte républicaine, et, aussitôt qu'il se vit en possession de la couroone d'Angleterre, il avoua publiquement qu'il croyait que la hiérarchie était le plus ferme appui du Irone, et que, où il n'y avait point d'évèque, il n'y aurait bientôt plus de roi(l).

Les premières pétitions des puritains furent rédigées dans le langage de la soumission ; elles prirent graduellement un ton plus élevé, et demandèrent une réforme complète dans la lithurgieet le clergé. Jacques s'irrita et peutêtre s'alarma; mais il préfera la conciliation à la sévérité, et invita quatre des principaux ministres à une conférence à Hamplon-Court: on ne les admit point à leur arrivée (14 janv. 1604\ Le roi employa la journée en consultations particulières avec les évèqucs et son conseil. Il déclara devant eux qu'il était sincèrement converti à l'église d'Angleterre, et qu'il remerciait Dieu a de l'avoir conduit à la terre promise, et de l'avoir placé dans un pays où la religion était dans toute sa pureté, et où il siégeait parmi des hommes graves, respeclables et instruits; qu'il n'était plus, comme auparavant, un roi sans État, sans dignité, sans subordination, et bravi5 en face par des jeunes gens imberbes sous l'habit de ministres. » Il savait cependant que toute chose sur terre était Sujette à l'imperfection, et comme plusieurs plaintes avaient été portées devant le trône, il les avait convoqués afin qu'ils déterminassent d'avance ce qu'il serait prudent de concéder aux demandes de leurs adversaires. L'intérêt des évêques n'était pas d'aliéner le roi par une opposition déraisonnable. Ils con-

exprimé sa gratitude à Dieu t d'appartenir à sentirent à l'instant que, dans le livre de cora-

la plus pure Église du monde, » et il avait pu- mune prière, pour éviter l'obscurité, on ajoutât

bliquement déclaré «qu'il maintiendrait ces à l'absolution générale et au rite de la confir-

principes aussi longtemps qu'il vivrait. « Tels mation des paroles explicatives; que la pratique

peuvent avoir été les sentiments de sa première des cours de haute commission fut réformée

par le chancelier et le président du tribunal ;

(t) «ParaUsttmtun eue... ec* omne* t regno evocare,

• quoi Sua Majesias raùonabiiiter judicaverit regno et (t) Caldmvood, 256. Dana sa préface à l'Apologie du

• kuiui suo noxio» fore.» Instruction» donntes au doc- serment d'allégeance, il date ta conversion de tix anteur GifTord , doyen de l'Ile. Mss en ma possession. n<c» avant sou avènement au trône d'AiiG'fi^Te. 1*. 45

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