‹ Histoire d' AngleterreChapitre 62 sur 307 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tant les sentiments religieux de ses sujets pro- j testants (M août). Les juges et les magistrats reçurent, de nouveau, l'ordre de maintenir rigoureusement l'exécution des lois pénales : on prit des mesures pour découvrir les réfract aires, et Ton nomma une nouvelle commission pour condamner au bannissement tous les missionnaires catholiques (I). Les procédures, qui se succédèrent rapidement, éteignirent le dernier rayon d'espérance dans le sein des conspirateurs. Ils s'exhortèrent l'un l'antre à hasarder leur vie , comme les Machabécs , pour la délivrance de leurs frères : ils se hâtèrent d'exécuter le plan qui paraissait leur dernière ressource , et ils prononcèrent que c'était une juste représaille que d'ensevelir les auteurs des outrages qu'ils éprouvaient sous les ruines de l'édifice dans lequel ils avaient proposé des lots si cruelles et si oppressives (2).

Dans leurs recherches, ils trouvèrent, auprès du vieux palais de Westminster, une maison vacante, avec un jardin tout a Fait propre à l'exécution de leur plan. Cette maison fut louée par Percy comme étant à sa convenance , parce que sa condition de gentilhomme pensionnaire l'obligeait quelquefois à résider dans le voisinage de la cour. Durant trois mois , il en fut dépossédé par les commissaires qui s'occupaient de l'union projetée entre l'Angleterre et l'Église; mats, à leur départ, il y amena secrètement ses complices (Il déc), qui jurèrent de nouveau d'être fidèles l'un à l'autre au péril de leur vie. Sur un des côtés du jardin, existait un vieux bâtiment contre le mur de l'édifice du parlement : ce fut là qu'ils commencèrent à ouvrir la mine, en donnant, sur les vingt-quatre heures, seize au travail et huit au repos; et divisant la tâche entre eux , de telle sorte que, tandis que l'un jouissait de sa portion de ! repos, les trois autres étaient occupés au travail, qui consistait, pendant le jour, à creuser la mine, et, pendant la nuit, à cacher les décombres sous le sol du jardin. Faukcs eut un emploi différent : comme sa personne était inconnue, il prit le nom de Johnson, se donna pour un domestique de Percy , et fit constam-

(1} Ryiwr, xvi. 597. More, 300. Mm. de Gér»rd, M. Ms». de Crmiway . 3ô.

(2; Journaux du !ord».3j«.

ment la garde autour de la maison. Aprèsquinze jours d'un travail non interrompu, Faukes informa ses complices que le parlement (24 déc.) était prorogé du 7 de février au 3 d'octobre. Ils se séparèrent immédiatement pour aller passer chez eux les fêtes de Noël , après être convenus que , dans l'intervalle, ils ne s'écriraient pas et ne s'enverraient aucun message (1 ).

Auparavant, toutefois, Catcsby avait découvert dans ses compagnons de travail de l'incertitude sur l'équité de l'entreprise, lis admettaient qu'ils avaient droit de détruire ceux qui voulaient les détruire ; mais comment, demandaient-ils, pouvait-ou justifier la mort de leurs amis catholiques, qui allaient se trouver enveloppés dans le même sort que leurs ennemis? Le retour de celte question l'alarma et l'irrita : il parvint par sa véhémence â les réduire au silence, mais il ne puteonvaincre leur conscience. Il vit bien qu'une autorité plus élevée était nécessaire , et il la chercha avec la discrétion et l'adresse qui. distinguaient toute sa conduite. Le roi avait donné à sir Charles Percy la permission de lever un régiment de cavalerie, et Catesby, par le comte de Salisbury, avait obtenu le consentement du roi pour accepter le commandement d'une compagnie. Cela lui servit de prétexte pour réunir des armes et des chevaux pour son propre usage , et lui fournit aussi les moyens de trouver une solution à la difficulté élevée par ses amis, sans courir' le danger de trahir son secret. Il fit observer à Garnet, provincial des jésuites, en présence d'une compagnie nombreuse, qu'il était au moment de s'engager au service de l'archiduc : il n'avait point de doute, disait-il, sur la justice de la guerre ; mais il pouvait être commandé pour prendre part à des actions où l'innocent périrait nécessairement avec le coupable, et où des femmes désarmées et des enfants seraient confondus avec des soldats et des rebelles en armes. Pourraient-ils en conscience obéir ? Le sort de l'innocent ne rendrait-il pas sa con • duite coupable aux yeux du Très-Haut? Carnet répondit que, d'après l'opinion des théologiens de toutes les communions, l'obéissance dans des cas semblables était légitime; qu'au-

(V: Confusion de Wmlrr , 51 -» Gérard, 136. GiYfnway , 36.

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