‹ Histoire d' AngleterreChapitre 63 sur 307 · HISTOIRE D'J · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'J

(renient il serait toujours au pouvoir d'un in- i juste agresseur d'empêcher la partie offensée de poursuivre ses justes droits. Cela fut suffisant : le nouveau théologien appliqua cette réponse au complot préparé, cl démontra à ses complices que leur objection n'était qu'un scrupule sans valeur et sans fondement (1).

Pendant les vacances, il avait fait part de son secret à Christophe, frère de John Wright , et à Hobcrt, frère de Thomas Winter. Le premier s'était depuis peu converti à la religion catholique, et tous deux avaient été emprisonnés pour leur religion (1605, 13 janv ). Avec cette addition dans leur nombre, les conspirateurs reprirent leur travail ; mais leurs progrès furent retardés et leurs espérances ébranlées par des difficultés imprévues. La tilt ration des eaux rendait impossible, à une certaine distance, de conduire la mine sous les fondations; et percer un mur de 9 pieds d'épaisseur, construit en pierres massives, n'était pas un travail facile pour des hommes inaccoutumés aux travaux manuels. Ils persévérèrent cependant , et continuaient à percer journellement cette fondation, lorsqu'ils furent alarmés, un jour, par un bruit considérable qui paraissait venir d'une chambre placée presque sur leurs tètes. Faukes, par ses recherches, apprit que c'était une cave voUtée qui conduisait sous la chambre des lords, et qui, sous peu de jours , ne serait plus occupée. Cette heureuse découverte les remplit de joie : la mine fut abandonnée (25 mars). Faukes loua la cave sous le nom de son prétendu maître, et l'on y conduisit dans l'obscurité de la nuit plusieurs barils de poudre que l'on avait déposés dans une maison, à Lambcth. Pour éviter tout soupçon, on les cacha sous des pierres, des bûches et différents objets d'approvisionnement. Les conspirateurs, ayant ainsi terminé leurs préparatifs, se séparèrent pour se réunir

(1) D'après tir Édouard Coke, dont l'objet était d'envelopper Garnet dans la conspiration , la question fut proposée dans les terme» suivants : . Si , pour le bien et la propagation de la cause catholique contre les hérétiques, il était légitime de détruire quelques innocents parmi le» coupables. . Conspiration des poudres , p. 165. Mats il n'a jamais essayé de donner aucune preuve de cette assertion ; et non-seulement Garnet , mais aussi Greenway, qui était présent, déclarèrent que la question proposée était celle ci-dessus mentionnée Greenway, 40-42.

NGLETERRE.

de nouveau en septembre, quelques jours avant l'ouverture du parlement (I).

Cependant la persécution, qui avait commencé l'année précédente, augmentait de rigueur de jour en jour ; les recherches nocturnes se multiplièrent pour découvrir les prêtres, avec toute cette suite de vexations, d'insultes et d'outrages qui les avaient caractérisées sous le règne d'Élisabeth (2). Les geôles se remplirent de prisonniers; quelques missionnaires et laïques furent mis à mort , cl un plus grand nombre encore y fut condamné pour cause de religiou (3). Le clergé officiant eut ordre, sous

(1) Confc&s de Winter, 55. Gérard, 42. Greenwav,

(2) «Car alors, non-seulement dans les comtés et dans les provinces , mais dans Londres même, et mus les yeux de la cour, la violence et l'insolence des recherches et visites continuelles s'accrurent au point de devenir intolérables. 11 ne se passait pas de nuit que les soldats et les sergeuts n'enfonçassent les portes des habitants tranquilles pendant leur sommeil ; et non-seulement ils les menaient dans les prisons suivant leur caprice, s'ils ne se rachetaient à haut prix , mais encore Us enlevaient tout ce qui leur convenait dan» la maison ; et ces visites étaient faites avec tant de violence et d'insolence , que des femmes respectables étaient arrachées de leurs lits pour voir s'il n'existait pas quelque objet sacré ou appartenant au culte catholique, soit sur elles , soit dans leurs lits. » Jugement d'un catholique anglais, par Persons, octobre 1008.

(3) Le prêtre Sugar, Grissold, Bailly, Wilbourne, Fullberin,et Brown , laïques, furent exécutés; Ilill, Green, Titchbourn , Smith, et Briscow, prêtres, et un laïque nommé Skilel, furent condamnés à mort; mais ils eurent leur grâce, à la sollicitation des ambassadeurs de France et d'Espagne. Ils furent ensuite bannis. Un des derniers avait été condamné par le légiste Philippe, uniquement pour avoir reçu un jésuite dans sa maison. La sentence parut illégale, et Pound, catholique, s'en plaignit au conseil. Au lieu d'obtenir justice, il fut appelé à la chambre étoilée devant les lords, qui •déclarèrent que la condamnation était légale; condamnèrent Pound a perdre une de ses oreilles à Londres , et l'autre dans le lieu de sa résidence, à payer une amende de 1 ,000 livres, et à un emprisonnement perpétuel , s'il n'accusait ceux qui l'avaient engagé à commencer la poursuite ; dans le cas où il l'avouerait, sa sentence devait être révoquée, et leurs seigneuries détermineraient ce qu'exigeait la justice. Pound était alors prisonuier au secretdans la Tour. • Windwood, u, p. 34. La reine intercéda pour Pound, mais Jacques lui défendit de jamais ouvrir la bouche en faveur des catholiques. Quelque temps après, les ambassadeurs de France et de Venise firent des remontrances sur la sévérité de la sentence, et Pound, après être resté un jour an pilori à fxHidrcs , eut la permission de se retirer a sa maison de Relmont , dan* le Hainpshire. Bartoli , 61 Budœraon Joanncs. 23ï*.

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