CHAPITRE I
fixes pour leur exécution. La reine, soit pour satisfaire son ressentiment, ou pour jeter la terreur par l'exemple, désirait qu'ils souffrissent quelque genre de mort plus barbare et plus horrible que le châtiment ordinaire de la trahison. Mais quand il lui fut représenté qu'une telle altération serait illégale , elle consentit à ce que la loi eût son cours, à condition que les exécutions seraient prolongées sur eux «jusqu'à l'extrémité de la peine,» et en pleine vue du peuple. Le premier jour elle fut obeie (20 septembre); mais la jeunesse, le rang et la tenue des patients , excitèrent si fortement la pitié, et la barbarie du châtiment souleva si puissamment l'horreur des spectateurs, que l'on jugea prudent de céder quelque chose au sentiment public (21). On accorda que les sept qui restaient expirassent sur le gibet , avant que
teurs(l).
1« lecteur doit s'intéresser au sort de ces jeunes gens. Ils n'étaient pas de cette classe où l'on trouve généralement des conspirateurs. Issus des meilleures familles de leurs comtés respectifs, possesseurs de fortunes considérables, ils s'étaient, jusqu'à ce moment, éloignes de toute politique, et avaient employé leurs beaux jours aux soins et aux plaisirs de leur âge et de leur situation. Aucun d'eux n'eût probablement songé à commettre le crime pour lequel ils furent punis, sans les émissaires de Morgan et de Walsingham : de Morgan , qui cherchait à se venger d'Élisabeth; de Walsingham , qui ne craignait pas de répandre du sang pour arriver à verser celui de Marie (2).
(1) Votez leurs procès et l'borribfe détail de leur* souffrance» dan» Howell, i, II27-I158. Camdem 483, et deux lettres de Burgbley à Hallon , dans la po»Ms»k>n de M. Leigb. Le frère de Beilamy était en prison, et mistriss Beilamy échappa parce que te réquisitoire la désigna, peut-être arec intention , sous le nom d'Élisabeih , au lieu de Catherine. Howell, 1141. Sir Walter Raleigh eut la bonne fortune d'obtenir la concession des terres de Babingion. Murdio , 785.
(1) « Avant que ceci arrivât, dit Ticlibourne sur l'écbafaud , nous vivions ensemble dans la situation la plus brillante. De qui partait-on dans le Strand, à Meet-Street, et dans louie autre panie de Londres, si ce n'est de Babinoion et de Ticbbourne?Àucune porte n'était assez forte pour s'opposer a notre entrée. Telle était notre existence, et nous ne manquions de rien de ce que nous pouvions I désirer, et Dieu sait combien peu les affaires d'État en- >
Il existait plusieurs nuances dans leur culpabilité. Babin^fon était un assassin ; il approuvait et suivait le projet de Savage et de Ballard. Parmi les autres, quoique Abingdon , Salisbury et Donne, eussent refusé de tremper leurs mains dans le sang de la reine, ils s'ét.ùeiit offerts pour tenter la délivrance de la royale captive. Le reste condamnait également ces deux projets : leur délit réel consistait dans leur silence; ils n'avaient pas voulu trahir les amis qui s'étaient confiés à leur honneur. • (Tétait mon triste destin, s'écria Jones à la barre, ou de trahir mon ami, que j'aime comme moi-même, ou de rompre mon allégeance, et de me perdre, moi et ma postérité. J'ai voulu être compté au nombre des amis fidèles, et je suis condamné comme un traître. L'amitié de Thomas Salisbury me porte à me détester moimême. Mais Dieu sait combien j'étais éloigné de me rendre coupable de trahison» (I).
Nous pouvons maintenant retourner à l'histoire de la reine d'Écosse. Antérieurement, Elisabeth la détestait comme une rivale; maintenant qu'elle avait parcouru la réponse réelle ou prétendue à Babington, elle voulut se venger sur elle comme meurtrière, et refusa d'écouter les arguments de ceux qui désiraient affaiblir l'offense, ou d'admettre lessollicitationsdeccux qui espéraient préserver la captive du châtiment (2). Dans le conseil, une voix ou deux plaidèrent faiblement en faveur de Marie, mais les plus influents des conseillers royaux ne voulaient pas laisser échapper l'occasion, et souiinrent que sa mort était nécessaire à la sûreté de leur religion; et ceux-ci balançaient seulement
traient dans ma tête! J'ai toujours regardé cela comme impie, et refusé de m'en mêler; mais, par égard pour mon ami .j'ai oardé le silence, et y ai ainsi consenti. » Howell , 1167. Il excita la pitié des spectateurs. Deux de ses compositions, un petit poème qu'il écrivit le soir qui précéda son exécution , et une lettre qu'il ad r osa à sa femme le malin même, ont été publiés par M. d'Uraeli , Curiosités de la littérature , m , U 6.
(I) Howel, 1165. BabioGiou parait s'être conduit «ans Générosité. Ce fut lui qui entraîna les autres dans la conspiration , et néanmoins ses aveux servirent de preuve principale contre eux. Ils protestèrent qu'il avait exagéré leur culpabilité pour obtenir sa orâce. Cela fut nié par Ballon ; mais il parait qu'il conservait encore quelque espoir, même après sa condamnation. Voyez, dans Howell, sa le tre à la reine, 1140.
(2; Cbateauoeuf , 13 septembre dans Egertoo , 78, 79.
entre ropiukra de Leicester, qui voulait qu'on employât le poison, comme un moyen plus sûr et plus secret (I), et de Walsingham , qui soutenait que l'honneur de la souveraine exigeait toute la solennité d'un procès. Mais Leicester adressait ses dépèches de Hollande, tandis que Walsingham était présent : son avis prévalut, et il fut enfin arrètéque la reine d'Écosse serait transportée à la Tour, traduite devant une cour de délégués, conformément aux dispositions de l'acte, pour la plus grande sûreté de la personne royale , et que sa condamnation par cette cour serait ensuite ratifiée en parlement. De la sorte, selon l'expression de Burghley, ails rendraient le fardeau plus facile à porter, et satisferaient mieux le monde au dehors» (2). La reine donna son assentiment à la formation du tribunal par eux suggérée ; mais elle fit des objections quant à la ratification en parlement; et quant au lieu de confinement, elle s'abandonna encore à ses hésitations habituelles. Elle ne voulut pas entendre parler de la Tour, parce que Marie avait des partisans dans la cité; elle préférait le château de Herlford , mais le lendemain Hertford parut trop proche ; Folheringay, qui fut alors proposé , était trop éloigné; YVoodstock, Graflon, Coventry, ISortbarapton et Huntingdon, étaient peu sûrs ou incommodes; enfin , comme il n'y avait plus moyen d'ajourner, elle s'arrêta au château de Folheringay (3).
On présumait que Marie bornerait sa défense à nier toute participation au complot de meurtre contre Elisabeth. Maintenant , comme nous l'avons vu, Walsingham avait en sa possession la minute de la réponse à Babinglon de la propre main de la captive, avec la réponse clleuiùne eu fi ançais écrite par Nau, et il est clair que l'une de ces pièces suffisait pour accabler l'accusée, si l'une ou l'autre contenait les passages relatifs au meurtre, allégués plus tard contre elle. Cependant, et ceci fait naître une forte présomption en sa faveur, ui l'un ni l'autre de ces deux documents ne fut produit durant le procès ; on ne laissa pas même échapper un soupçon de
(1) Il envoya roCme un théologien pour démontrer la léjjtt mité de sa proposition.
(2) Elit* , m, 5.
13) fcllis, m,3. Chalmer», i,383.
leur existence. Walsingham entreprit de se proourer des preuves de la culpabilité de Marie dans les dépositions de ses deux secrétaires (IX qu'il retenait sous bonne garde dans sa propre maison, séparés de toute communication avec leurs amis, visités seulement par des hommes qui les pressaient de livrer les secrets, de porter témoignage contre les mauvais desseins de leur maîtresse. Cédant à ces sollicitations et à leurs propres appréhensions (2 sept.), ils offrirent de révéler toute la vérité ; mais leurs premières déclarations trompèrent l'attente du conseil. Elles consistèrent tout simplement à reconnaître que Nau avait écrit en français, et Curie traduit et mis en chiffres, par ordre de Marie, trois lettres à Babington, c'est-à-dire les notes des 15 juin et 1*2 juillet, et la longue réponse a la lettre de celui - ci du 1 7 juillet. Lord Burghley attribua cette réserve à leur opinion, qu'ils pourraient être punis comme complices dans le complot, et en écrivit à liât ton; il exprima la pensée « qu'ils céderaient quelque chose pour confirmer les crimes de leur maîtresse , s ite étaient persuadés qu'eux-mêmes échapperaient, cl que le coup tomberait sur leur maîtresse, entre sa téle et ses épaules «(2). Les documenta furent alors mis sous leurs yeux, lis reconnurent aussitôt les deux premiers (3) ; mais s'il est vrai qu'on leur demanda de certifier de leurs signatures la copie déchiffrée de la réponse de Babington , il n'est pas moins avéré qu'ils firent des objections, et quand ils s'y décidèrent, ce fut avec des explications qui détruisaient la valeur de cette reconnaissance (4) (6f 6 sept.}. Alors on les menaça de la Tour, ce qui impliquait la torture (10 sept.), et Nau, dans sa (erreur, écrivit à la reine pour implorer sa merci, cl inséra dans sa lettre la révélation a sur son salut» de tout ce qu'il savait. Le résumé
(t) Aveux des 2 et 3 sept. Quoiqu'il ressorte des lettres de Rurcbley, des 4 et 8 sept., qu'à celte époque ils n'avaient rien avoué d'important, cependant WalsitiQbain eut l'effronterie d'informer l'ambassadeur français avant le 28 août qu'ils avaient avoué déjà plu* qu'on n'eu avait besoin , « plus que l'on ne vouloit ; > et Hatton , le 8 ou le 9 sept., disait que Mau avait confessé le tout, • recogneu et confessé tout. » Efierton , 76-78.
(2; Bnrchley a Hatton , 4 septemb., de la collection de M. Leif.h.
(3ï Burghley à \Va1sin(;bam, 8sent. Ellis , m , 5. {i} Voyez la uole B a la Un du volume.
était que la lettre de Babington contenait en effet une allusion à la mort dÉlisabeth, mais que Marie ne s'y arrêta point * parce que c'était une chose qu'elle ne désirait ni projetait , quoiqu'elle ne se crût point obligée à découvrir les iutenlions de son correspondant (1). Il y eut ensuite un court répit. Mais le lendemain de l'exécution de Oabington et de ses compagnons (21 sept.), le matin même où les sept autres victimes Turent traînées à Tyburn, alors que l'on pouvait croire que la crainte d'un semblable châtiment rendrait les deux secrétaires plus traitables et pluscommunicatifs, ils furent mandés devant Broinley, le lord chancelier, lord Burghley, et sir Christophe Hatton , secrétaires désignés par la reine pour les examiner officiellement (2,*. Après diverses questions touchant la manière dont les lettres de Marie étaient préparées, on leur mit entre les mains, non la copie déchiffrée de la réponse à Babington , sur la fidélité de laquelle roulait toute la question, mais « un extrait des principaux points» qu'elle contenait, et Us furent requis , sur serment, de dire s'ils ne pouvaient rappeler ces pointsâ leur souvenir. On prétend que tous deux répondirent par l'affirmative, sans aucune exception (3). Mais le langage du rapport officiel est ambigu, au point qu il est douteux s'ils comprirent dans ces réponses les passages relatifs au meurtre que Marie rejeta dans la suite
La prisonnière de Chartley ne savait rien de. toutes ces procédures. Lorsque ses papiers furent emportés, son argent avait été laissé par les commissaires; maintenant (10 sept.) on le prit , afin qu'elle ne pût l'employer à tenter la fidélité de Paulet ou de ses assistants, et bientôt après elle reçut un ordre de se préparer à sa translation dans une autre maison, sous deux jours. A son arrivée dans cette maison, elle reconnut que c'était le château de Fotheringay dans le Norlhamptonsbire (24) , bien choisi pour son procès et pour sa mort. A Windsor, 1 irrésolution l'emportait cn-
(1) De Raumer, m, 329.
(2) Leur» précédents aveux avaient été offerli ( Ellis , m , S ), de» lor» il» furent compulcoires , et faits devant les commissaires. Nau remarque , pour cette raison , que Babington et ses amis furent exécutes «avant que l'on me fist jamais une »f ule interrogation. . Nau , Apologie.
tf; Hardwicke Paper», 236.
corc : de nouvelles questions s'élevaient continuellement ; lis conseils se succédaient, et l'on ajournait toujours les procédures proposées. A la fin, une commission fut donnée à quarantesix personnes (5oct.), pairs, conseillers privés, et juges, constitués ainsi en cour pour examiner et déterminer toutes les offenses commises contre le 27e statut de la reine, soit par Marie, fille et héritièrode Jacques V, dernier roi d'Écossc, soit par toute autre personne (I). Aussi* tôt Cnâteauneuf demanda, au nom de son souverain^ oct.), que Marie pût avoir l'assistance d'un conseil, selon la pratique de toutes les autres nations. Une réponse verbale fut donnée parla bouchedcllatton (9 oct.) : la reine ne manquait pas de l'avis d'autres personnes pour lui apprendre comment elle devait agir; et comme, aux yeux de la loi civile, les prison, niers dans la situation de Marie étaient indignes de conseil, en refusant cette assistance, la reine ne s'écartait pas des formes ordinaires de la justice (2).
Le 1 1 oct. trente-six des commissaires arrivèrent au château (3-); le lendemain la reine d'Êcosse resta dans sa chambre, sous prétexted'indisposition (12oct.), mais elle admit Mildmay et Paulet avec un notaire à lui remettre une lettre d'Élisabeth, annonçant l'objet de la visite. Elle la lut avec un calme apparent , et se tournant vers eux, dit : « Je suis affligée de me voir accusée par la reine de ce dont je suis inuocente ; mais qu'elle se souvienne que je suis reine aussi, et que je n'ai à rendre compte devant aucune juridiction étrangère» (4).
(1) Camdea rapporte l'acte tout au long, 456.
(2) Châieauneuf , 10 oclob., dans Egerlon , 84, 85.
(3) C'étaient Bromiev, lord chancelier; Burgblry , lord trésorier; les comtes d'Oiford, Kent, Derby, Worcester, Rullatid, Cumberland.Warwick.Pfmbrokeel Lincolu ; le viromteMon(agne,les lords Abergavenny.Zourh, Morley, Stafford , Grey, Lumley, Sloortori , Sands, Wentwon , Mordand, Saint Jobn de Bleuo, Compton et Cbeoey. sir James Croft, sir Christophe Hatton , sir Fraucis Walsingbam , sir Ralph Sadler, sir Waller Mildmay, sir Ainyas Paulet; Wrey, président de la cour de» plaids communs, Andersoo , président, de la cour du banc du roi , Manwood, premier baron de l'échiquier, et Gaudy, un des juge» de» plaid» communs. Caradeu, 486 , 495.
(4) Camden, 490. Durant eetie discussion, elle observa plusieurs fois qu'elle ne pouvait comprendre le passage de la lettre de la reine , où il était dit qu'elle vivait en Angleterre sous la protection de la reine. Elle exigea donc
Le lendemain ayant fortifié son esprit pour la réunion (13 oct.),elle reçut des députations des commissaires, et s'entretint avec eux dans la salle du château. Il y eut quatre entrevues ; mais ni les raisonnements des légistes, oi les menaces de poursuites contre elle comme contumace, ne purent ébranler sa résolution. Elle maintint que le statut de la 27e année de la reine ne pouvait la lier ; qu'elle n'y était pour rien; qu'il avait été poursuivi et obtenu par ses ennemis, rendu pour sa ruine. D'où les commissaires tiraient -ils leur autorité? de la reine? Mais cette reine n'était que son égale, et non sa supérieure. Us n'avaient qu'à trouver despersonnes qui fussent ses pairs, et les faire siéger comme juges sur sa conduite. Elle savait bien que ces objections ne la sauveraient pas; car la lettre de la reine prouvait qu elle était déjà condamnée; mais elle ne voudrait jamais dégrader la couronne d'Écosse , ni se tenir en criminelle à la barre d'une cour de justice anglaise (I).
Dans le cours de la conversation, uneexpression était échappée à Hatton, qui tourmenta cruellement la malheureuse captive : si elle refusait de plaider, le monde attribuerait cette obstination à la conscience de son crime. Dans le fcilence et la solitude de la nuit, la fermeté de son esprit fléchit peu à peu : le matin elle reçut une note dure et impérieuse de la reine, qui , après l'accusation de poursuivre sa mort et la destruction du royaume, continuait ainsi : t En conséquence, notre bon plaisir est que vous répondiez aux nobles et aux pairs de mon royaume, comme vous répondriez à moi-même, si j'étais présente. Je vous ordonne donc, vous commande et vous enjoins de leur répondre; car j'ai entendu parlerde votre arrogance. Mais agissez simplement et avec franchise, vous rencontrerez plus de faveur. Elisabeth» (2). — Ce fut probablement cette phrase qui fit pencher la
une explication de Bromley, le chancelier. Sa réponse fut érasive : le sens était assez clair ; mais il n'appartenait pas a des rajeit d'interpréter les lettre* de leur aouveraine , et ils n'étaient pas tenu* pour cela. Howell , 1 16U, 1170. Camden,492.
(t) Noua n'avons qne 1a traduction de cette note par Cbateauneuf, qui assura le roi de France l'avoir irauacrite « mot a mot de pbnze angloise. * 20 octobre, dans Ecerlon , 86.
(2) Ibid., 490-491.
balance relie faisait poindre un faible rayon d'espérance, et Marie informa les commissaires qu'elle consentait à se défendre, pour l'honneur de sa réputation, mais à condition que sa protestation contre l'autorité de la cour serait préalablement admise : ce qu'on lut accorda, après quelque hésitation.
Il était peut-être imprudent à la reine d'Écosse de faire une telle concession. Elle était placée dans des circonstances teHes que, quoi qu'elle pût alléguer pour son innocence, il lui était presque impossible de la prouver. Seule et sans amis, enfermée dans une prison depuis dix-neuf ans , sans connaissance des lois, sans habitude des formes judiciaires, sans notes, sans témoin, sans conseil, et ne sachant des dernières affaires que ce qu'elle avait pu en recueillir sous les murs de la prison; ne connaissant des preuves que ses adversaires pouvaient produire que ce que ses conjectures lui suggéraient , que pouvait-elle opposer avec avantage à cette foule de gens de loi ligués contre elle? et si, parmi les juges, elle découvrait deux ou trois amis secrets, c'étaient des hommes dont la fidélité était soupçonnée , et dont la vie et la fortune dépendaient probablement de leur vote dans cette affaire; les autres étaient les plus distingués de ceux qui, depuis tant d'années , avaient sollicité sa mort dans le conseil, ou l'avaient demandée à grands cris au parlement. Cependant, en dépit de tant d'inégalité, Marie se défendit elle-même avec esprit et finesse. Pendant deux jours elle tint en suspens tous ces gens qui en voulaient à sa tête , et , le troisième , la procédure fut suspendue, par un ajournement inattendu à Westminster (1).
On peut diviser en deux chefs l'accusation portée contre Marie. Le premier, qu'en contravention au statut adopté pendant la dernière session du parlement, elle avait conspiré avec des étrangers et des traîtres : 1° pour l'invasion du royaume; 2° pour la mort de la reine. On apportait en preuves du premier chef, une mul-
(t ) Néanmoins lord BurGbley, comme %i Marie n'avait point assez de désavantage , composa et fit circuler, le matin du jour du jugement , un écrit qu'il intitula : « Note des offenses et des injures faites par la reine d'Écosse à la majesté de la reine. . Voyei-le dans Mordin , 5*1, oct. 1Z