‹ Histoire d' AngleterreChapitre 89 sur 307 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ils avaient légitimement hérité de leurs ancêtres. On proposa un accommodement. Jacques renouvela les patentes, en doublant la rente annuelle, et moyennant une amende de 10,000 livres; et les habitants se félicitèrent d'avoir heureusement échappé à la rapacité des faiseurs de projets et du souverain (1).

Tel était l'état de l'Irlande à la mort du roi. On avait ajouté l'outrage civil à l'oppression religieuse. Les indigènes que le nouveau système avait dépouilles de leurs propriétés , ou chassés du lieu de leur naissance, conservaient un ressentiment profond des maux qu'ils avaient soufferts; et ceux qui avaient échappé aux mains des serviteurs et des entrepreneurs déploraient le sort de leurs compatriotes, et détestaient un gouvernement dont ils craignaient de recevoir, sous peu d'années, un traitement semblable. Il régnait à la vérité une fausse et trompeuse apparence de tranquillité; et Jacques flattait sa vanité de l'espoir qu'il avait établi un nouvel ordre de choses, prélude nécessaire de la civilisation et de l'amélioration. Son erreur devint manifeste peu de temps après. Il avait jeté des semences de haine, de méfiance, et de vengeance; et son successeur moissonna les discordes, les rébellions, et les massacres , qui , pendant des années, troublèrent et dépeuplèrent l'Irlande.

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