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CHAPITRE VII

Persécution descaiholiques, de» puritains, et des unitaires. — Bacon. — Buckiugbain. — Famille de* Lakes.— Sir Waltcr Raleigb.— Le prince palatin élu roi de Bohême. —Marche du parlement.— Accusations. — Disgrâce de Bacon. — Williams créé lord carde àc* sceaux. — Homicide commis par l'archevêque Abbot — Querelles entre le roi et la chambre des communes. — Trailé de mariage avec l'Espagne. — Le prince a Madrid. - Rupture du traité. - Parlement. — Subside, — Accusai ion du lord trésorier. — Intrigue conlie Huclmgham. — Préparatifs de guerre avec l'Espagne. — Trailé de mariage avec la France.— Mort du roi.

Sous l'archevêque Bancroft, l'Église avait été «purgée» des ministres non-conformistes, l es amendes , l'emprisonnement, et la destitution,

(1) Carte, i, 22-27. lit.

j avaient donné de fortes leçons, et les moins obstinés se persuadèrent qu'il était nécessaire de se soumettre en silence a ce qu'ils ne pouvaient empêcher, quoiqu'ils le condamnassent. A la mort de Baticrofi , les prélats recommandèrent pour son successeur Andrews, evêque dlîly. Jacques préféra Abbot, évêque de Londres , non à cause de son mérite, comme il le dit lui-même, mais pour plaire à son patron, le comte de Dunbar (1). Abbot n'hérita pas de cet esprit sévère d'orthodoxie qui distinguait son prédécesseur : quoiqu'il approuvât la discipline établie, il respectait les scrupules, et tolérait la désobéissance; et sa modération comme l'appelaient ses amis, bien que ses ennemis lui donnassent le nom d'indifférence coupable et perfide, encouragea plusieurs prédicateurs puritains à établir des congrégations séparées et indépendantes, sur les bases suivantes : 1° qu'il est illégal d'adopter , dans le culte de Dieu, des formes ou des cérémonies qui ne sont pas expressément ordonnées par les Écritures ; 2° que chaque congrégation est une Église distincte, indépendante de toutes les autres ; 3° que le pasteur de chaque congrégation est chef suprême sous le Christ , et exempt de la censure des autres ministres (2).

A mesure que le métropolitain penchait vers le puritanisme, il montrait l'antipathie la plus vigoureuse pour ceux qui professaient l'ancienne religion; mais sa véhémence se vit arrêtée paria modération de Jacques, qui , moins prodigue de sang humain que ne l'avait été son prédécesseur femelle, et peu jaloux de passer dans l'opinion des princes étrangers pour un persécuteur sanguiuaire, préférait les punitions plus douces ii la peine de mort. Quoique les prisons fussent encombrées de prêtres (3), cependant, durant le long espace de onze années, de 1607 à 1618, le nombre de ceux qui subirent la peine réservée aux traîtres, à raison de l'exercice de leurs fonctions, ne s'éleva qu'à sei2e : faiblesse lamentable dans l'estime d'hommes accoutumés à gratifier leur zèle, dans le

(1) Bircb, Négociations, 338

(2) Histoire des puritains , par Neal, part, u ,cb I

(3) 11 y en avait 400 en 1612. Ellis, Lettres originaies, m , 128.

HISTOIRE D'A.XGLETERRR.

«ours de chaque année, d'un nombre d'exécutions aussi considérable (1).

Les laïques catholiques étaient toujours passibles des amendes de non-conformité, qui valaient au roi, suivant son propre aveu, un revenu net de 36,000 liv. par année (2). Mais le statut de 1606 avait cruellement augmenté leurs souffrance s. Ils étaient incessamment assignés pour prêter le nouveau serment d'allégeance. La noncomparution était punie de l'excommunication et de toutes les conséquences civiles de cette sentence ecclésiastique; et le refus de prêter le serment les soumettait à un emprisonnement perpétuel et aux pénalités de « pra?munire. » Lorsque le roi, dans l'année 1616, où Ton traitait d'un mariage avec l'Espagne , accorda la liberté aux catholiques arrêtés d'après les lois pénales , 4,000 prisonniers obtinrent leur élargissement. Tel en fut le nombre, du moins selon les écrivains puritains, dont le zèle se plaignit amèrement de la permission laissée a tant d'idolâtres de souiller un sol purifié par la véritable doctrine de l'Évangile (3).

Les extorsions illégales des agents aux poursuites donnèrent lieu à un autre grief. Munis des ordres des magistrats ou des sous-shérifs, ils choisissaient un district particulier, et tourmentaient toutes les familles catholiques, sous prétexte d'exécuter la loi. Ils exigeaient ordi-

(1) Challoner, n, 16 120.

(2) Mémoires de llardw «ko , i , 4 16.

(3) Neal , part, n , ch. 2. Le lecleur peut se Faire une idée de» principes d'intolérance qui rataient alor» , par t'exempte suivant : Le 7 de mai 1613, pirateur* nmon- I ne* furent astiquée* à la chambre éloilée, comme accusées d'avoir attaqué la réputation du comte de Northampton et de six autre* lords du conseil , eu affirmant qu'ils

% avaient sollicité le roi d'accorder quelque tolérance aux catholiques , mais que l'archevêque Abbol et le lord Zouch » y étaient oppoté» avec tu< ces. (Juand les lords donnèrent leurs opiutons, kir Édoitard Coke affirma que la conduite attribuée a lord Northamplon était peu éloignée de la haute trahison, parce que conseiller la tolérance, c'était conseiller au roi d'agir co Ire les droits et la dignité de ta couronne : l'évéque de Londi e* et le comte de Slirewibury souhaitèrent qu'on leur donnât la mort le jour où la tolérance serait accordée , et l'archevêque ajouta qu'il ne craindrait pas d'avouer que , dans ce cas, le roi cesserait d'être le défenseur de la foi , mais en deviendrait le vendeur(traltre). Enfin les délinquants furent < ondiuiués a perdre une oreille, à payer une amende cousidérabie, et a subir un emprisonnement perpétuel. Extrait d'une lettre particulière , en ma possession , datée de Londres , le 0 mai 1613

nairement des pauvres le sacrifice de leurs meubles ou de leurs bestiaux : quant aux riches, ils leur faisaient incessamment payer leur indulgence par des sommes considérables. L'expérience prouvait que le plus prudent était de se soumettre. Toute apparence de résistance provoquait généralement une recherche à ma'tu armée, par suite de laquelle la vaisselle, les bijoux, et les effets de grande valeur, étaient enlevés comme des objets de superstition, et le propriétaire conduit en prison, à moins qu'il ne se rachetât par le payement d'une somme importante (1). Ces excès attirèrent l'attention du parlement : on promit de les réprimer , et une proclamation du roi prouva l'étendue du mal, mais ne le détruisit pas (2).

Outre les catholiques et les puritains, il existait une troisième classe de religionnaires , coupable aux yeux de la loi, les unitaires, en petit nombre il est vrai , mais qui refusaient également d'abjurer leurs doctrines particulières : un d'eux, nommé Barlholomew Légat , fut appelé devant la cour épiscopale de Saint- Paul , et accusé de nier la Trinité. Son obstination fut à l'épreuve des arguments du prélat, elle résista même à la théologie du roi. L'évêque le livra au bras séculier (1612, 3 mars), et Jacques ordonna qu'il fût brûlé dans Smithfield (18 mars). Trois semaines après , Êdouard Wrightman , qui, au déni de la Trinité, ajoutait l'assertion qu'il était l'Esprit saint promis dans les Écritures (11 avril), subit le même sort à Norwich (3). « Dieu , observe Fuller , parut approuver cette utile sévérité, car le feu s'alluma prompteraent , quoiqu'on manquât de combustibles. * Cependant un autre unitaire

(1) Extrait d'une lettre particulière en ma possession.

(2) • Sous pré leitede certain* ordres généraux ou tombés eu désuétude, ils oui commis plusieurs outrages, aluis et malversations; en dépouillant les maisons de plmieurs de nos affectionnés et honnête» sujets , sans juste motif de soupçon, et s'appropriant les meubles, la vaisselle, et des bijoux qui n'avaient aucune destination superstitieuse, prétendant toutefois qu'ils appartenaient à des jésuites ou autres; et aussi en disculpant et tolérant plusieurs jésuites et autres prêtres papistes, et laissant échapper d'autres personnes dangereuses et malintentionnée*, en recevant sous main des sommes d'argent et des récompenses.» Rymer, xviu, 213; OEuvres de Bacon, vi, 210.

(3) Voyez les écrits relatifs a leur eiécuUoo dans Uowell, ii, 731-736, et à la fin de la. Vérité mise au jour. •

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