CHAPITRE I
nréscncc d une nombreuse réunion de membres ! la dernière session du parlement , avant la créa
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appartenant aux deux chambres du parlement Maintenant on eut soin de produire les deux secrétaires, non pas afin de les confronter avec Marie, qui était absente, renfermée daus le château de Folhcringay, mais pour qu'ils affirmassent la vérité des dépositions faites antérieurement. Certes ils donnèrent cette affirmation; mais, si nous pouvons croire Nau, ce ne fut pas tout. Il maintint , comme il l'avait maintenu dans toutes les occasions, que les principaux chef. 1 d'accusation, ceux qui pouvaient seuls servir de base à quelque prétexte de condamnation, étaient faux. Walsing'nam se releva tout ému , lui reprocha de parler contre sa conscience, et s'efforça de lui imposer silence avec les dépositions des conspirateurs déjà exécutés, et de quelques serviteurs de Marie. Mais Nau répéta sa précédente déclaration , somma les commissaires de répondre devant Dieu et tous les rois et princes chrétiens, si, sur des charges d'une telle fausseté, ils condamnaient une reine non moins souveraine que la leur, et demanda hautement que sa protestation actuelle fut inscrite sur le registre (1); ses efforts furent inutiles. A l'exception de lord Zoucher, sur la charge séparée d'assassinat, les commissaires, à l'unanimité , prononcèrent (29 octobre) que, depuis
(1) Dan* la rofroe dépêche Walsingham déclare «que Nau et Curie ont affirmé ouvertement • viva voce > au a.it qu'ils en avaient déposé auparavant parécrii ; » mais cène déposition écrite , comme le sait le lecteur, était loin d'être concluante. Nau lui-mêmedéclare qu'il nia et maintint «fanlx les principaux chefs de l'accusation mise eo avant contre Sa Majesté , et sur lesquels seul» on pouvait prendre couleur ou prétexte de la condamner. . . Accusai ion faulse, calomnieuse , et supposé.» Il écrivit ceci le 5 mars 1606 : « Mai* en appela , pour la vérité de sa déclaration . au souvenir de tous les seigneur» et Gentilshommes qui avaient été présents en celte occasion, et qui vivaient encore; «ajoutant que, si cette drrniére déclaration publique avait été contraire a ce qu'il avait déposé antérieurement , surtout devant les commissaires , • ledit sieur de Walsinr.bam n'eust point failly à me le reviler sur la face pour me convaincre de mensonge , et moy mesme je n'eusse jamais eu l'assurance derant ceulx inesmes qui m'avaieni interrogé de me desmentir et tenir un langage tout contraire. » Colton, M«. ( altg., B. V., 23*. Ce fut un malheur qu'il s'exprimât en français, langue qui . a ce qu'il parait . était moins généralement comprime que l'italien; car l'un des lords lui demanda de se servir de cette dernière langue. Harl. , M*.. 460-482.
lion de la commission, Marie, fille de Jacques V, communément appelée reine d'Ecosse, prétendant avoir desdroits à la couronne d'Angleterre, avait imaginé et arrangé, avec l'aide et la complicité de Nau et de Curie, ses secrétaires, plusieurs complots, tendant au préjudice, à la mort et la destruction de la personne royale de la reine, en contravention aux dispositions du statut spécifié dans la commission. Ce n'était là rien moins qu'une sentence de mort contre tous les trois, dont l'exécution était remise au bon plaisir de la reine. Us ajoutèrent néanmoins que cette sentence ne dérogeait en rien au droit ou à l'honneur de Jacques, roi d'Écosse, et qu'il conserverait toujours les mêmes dignité, rang et droit, que si elle n'eût jamais été prononcée (1). Le jugement fut ensuite formulé comme un rapport , puis signé par les divers commissaires, même par ceux qui ne s'étaient pas trouves à Folhcringay (2).
La vie de la reine d'Écosse était maintenant à la merci d'Elisabeth. Elle ne devait plus attendre de secours utiles des puissances étrangères : le roi d'Espagne était occupé à défendre ses possessions en Flandre , contre les armées combinées des insurgés et des Anglais; le roi de France, fatigué de guerres religieuses, pouvait supplier, mais non se faire craindre. Quant au fils de la victime , le roi d'Écosse , il était évident que la reconnaissance de son droit a la succession l'empêcherait de songer a prendre les armes pour sa défense , et que les pensionnaires de l'Angleterre, qui Composaient son conseil , le mettraient dans l'impossibilité de le faire. Mais l'iudécision était un des principaux traits du caractère de son ennemie. Elisabeth, lant que le but vers lequel elle tendait se trouvait éloigné, témoignait une extrême impatience d'y arriver; mais elle hésitait à le saisir, quand il était à sa portée. L'arrêt de mort de sa rivale était soumis à sa signature ; mais quelquefois son imagination lui présentait des fantômes de danger dans l'exaspération des partisans de Marie, dans le ressentiment de Jacques ou des puissances calholi-
(1) Camdrn, 407. ( bâ'cauneuf, dan* fcgerton , 83, 86, 80. Stamts du royaume , iv, 703.
Voyez la note C 4 la fin du volume.
ques; quelquefois elle frémissiit en songeant a l'opprobre dont el!e allait couvrir son nom , en versant le sang de sa parente et d'une souveraine. Selon son usage, elle chercha des appuis contre elle-même en prenant des délais. L'intervalle d'un mois ou deux ferait penser qu'elle ne |>ouvail se résoudre a disposer de la vie de Marie. Sur ces entrefaites , cette princesse pouvait mourir de mort naturelle, on pouvait s'en défaire par un secret assassinat : à tout événement , l'exécution pouvait se faire à l'insu de la reine, nu paraître lui avoir été arraché par le cri du peuple ( !
Sans attendre la condamnai ion de sa prisonnière, Êlisabeih avait convoqué, pour le 15 «l'octobre, une réunion du parlement, que les lenteurs de l'instruction à Kolhcringay la forcèrent de proroger au 29 du même mois. Les actes de la procédure furent soumis aux deux chambres; les commissaires soutinrent , par de ongs discours, la culpabilité de la royale captive; et les lords et les communes présentèrent ensemble une pétition, pour solliciter la prompte exécution de la condamnée 1*2 nov.). l-.lisabeth, les remerciant beaucoup de leur fidélité, demanda quelque lemps pour délibérer « et appeler les inspirations de l'esprit de Dieu i (M nov.;, puis elle s'informa s'il ne serail pas possible de trouver un expédient qui pût metlrc son existence à l'abri de tout danger. et qui lui épargnât en même temps la nécessité de la ravir .1 saparcule. Quand la question fut posée, les membres se levèrent, et déclarèrent qu'un tel expédient était impossible. Le chancelier et l'orateur communiquèrent le résultat de la délibéra lion à la reine, et Elisabeth leur fit cette réponse
(I) « Je ne voudrai» pas assurer que la royne face exécuter le jugement, nui* comme il fera donné, le* ennemys de la royne d Écosse la pourraient quelque jour prendre de telle humeur , que l'exécution se pourra suivre un matin , devant qu'an y ait pensé, et puis on dira qu'elle est morte d'un catarre. » Cbateauneuf , 27 oct. fcgertoo, 80. Il se trompait , les conseillers d Élisabeth poursuivirent en effet la mort de Marie , pour leur propre sûreté aussi liien que pour celle de la reine : Burghley craignait que « la mollesse dtlwabeih ne pût se concilier avec ta sûreté cl la leur . ( Burghley à Leicester , 26 ocL ). Walsingham croyait la mort de Marie nécessaire < pour la conservation de Sa Majesté et de ses serviteurs » ( Walsingbam a Shrewsbury, <> oct.]; mais p;>ur celle raison même Is désiraient qu'elle rnt lieu ouvertement, en conséquence du jugement déjà rendu.
ambiguë (25 nov.>: «Si je vous disais que j'ai résolu de ne pas consentir a votre demande , par ma foi , je vous en dirais peut-être plus que je ne veux ; et si je vous disais que j'ai l'intention de vous l'accorder , je vous en dirais plus qu'il n'est convenable que vous n en sachiez. Ainsi je ne puis vous donner qu'une réponse qui n'en est pas une an answer answerless) »(1).
!>ord Buckhursl fut chargé de la lâche pénible d'annoncer à Marie cet événement (22 nov.). En présence de Bcal, secrétaire du conseil, et de Paulet, son gardien, il l'informa du jugement des commissaires, de la ratification du parlement , et de la pétition des deux chambres; il l'invita à ne pas compter sur leur miséricorde , parce que son attachement à la religion catholique rendait son existence incompatible avec la sécurité de la religion réformée, et il lui offrit l'assistance d'un évèque ou d'un doyen de la nouvelle Kglise, pour la préparer à la mort. Elle répliqua que la sentence était injusle, qu'elle n'avait jamais conspiré le meurtre , ni songé à commeitrc aucune offense contre la personne de sa sœur d'Angleterre ; que son seul crime élait sa religion, crime pour lequel elle serait fière de répandre son sang; qu'elle n'avait nul besoin du secours des ecclésiastiques réformés, mais qu'elle demandait, au nom du Christ, qu'on ne la privât pas des services de son aumônier, qu'elle savait résider dans la maison, quoiqu'il eût été jusqu'ici exclu de sa présence. Sa requête lui fut ac-
(I) Journaux des lords, 124, 125. Howell, 1189-1201. D'Kwe* , 380. Puckering , le président, pour la déterminer a permettre l'exécution , fit usage de deux singuliers arguments. 1° Ceux qui avaient souscrit a l'association étaient obligés, par serment, à tuer la reine d'Êcosse. S'ils le faisaient sans autorisation , ils encourraient l'indignation de Sa Majesté. S'ils ne le faisaient pas, ils seraient parjures, et encourraient l'indignation de Dieu. 2° Non-seulement la rie , mais encore le salut de Sa Majesté étaient hasardés. Elle offenserait Dieu en épargnant la méchante princesse qu'il avait remise entre ses mains pour la faire mourir : elle se garderait d'imiter Saûl, qui avait épargné Agag, et Achat) qui avait épargné Beubadad. D'Ewes, 401. Sir James Croft, qui parait avoir excellé sur tous les autres dans le langage mystique des > dévols , proposa île compowr et de faire imprimer quelque prière pieuse et fervente a Dieu pour en obtenir qu'il dmposai le cœur de la reine à accorder la demande, et d'en faire usage journellement dans la chambre des communes, et en particulier par ses membres, dans leurs chambres et logements Ibid., 404.