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fut découverl et condamné à expier se» erreurs dans les flammes ; mais Jacques, informé des murmures occasionnés par les premières exécutions, le sauva prudemment du bûcher, et commua sa peine en prison perpétuelle (I). Il persévéra dans cette conduite jusqu'à I» fin de son régne ; et si le feu s'éteignit, ce ne fut pas faute de combustibles, mais par suite de l'humanité et de la politique du souverain.
De ces exemples d'intolérance religieuse, nous reviendrons aux affaires civiles qui remplirent la fin du régne de Jacques. Bacon avait pris possession de son emploi tandis que le roi était en Écosse. La vanité du nouveau garde des sceaux, le luxe qu'il dép'.oya, et l'importance qu'il se donna, le couvrirent de ridicule et de mépris. Mais son élévation fut une leçon instructive pour sir Édouard Coke, à qui le favori avait offert sa protection, s'il voulait consentir a marier sa fille (riche héritière) au frère de Buckingham, sir Jean Villiers. Coke avait d'abord refusé : il donna ensuite son consentement, à la sollicitation de ton ami le secrétaire Windvood. Celte nouvelle excita la jalousie de Bacon. Il écrivit pour dissuader le roi de donner son assentiment : il encouragea secrètement lady Nation, femme de Coke, dans son opposition; et quand son mari , aidé de douze hommes armés, fit enlever de force sa fille de la maison du comte d'Argyle, le garde des sceaux l'accusa, au Inireau du conseil, d'avoir rompu la paix publique. Mais l'orgueil de Bacon fut bientôt humilié. Il reçut du roi une lettre de réprimande, et du favori une lettre de reproche, qui lui donnait à entendre que celui qui l'avait fait pouvait le défaire (2). A leur retour, H sollicita une audience du roi, et fut refusé. U attendit Buckingham, resta plusieurs heures . dans l'antichambre, et fut renvoyé sans pouvoir
(1) Fu I If r, 1.1,62-64.
(2) Voyez les kUres dant le* OFuvres de Bacon , vi, 137-173, et Weldon , 127-132. Buckiitfibam fail connaître non mécontentement à Bacon dans les termessuivanfs: • Dant cette affaire de mon frère je sais que voua vous êtes comporté arec beaucoup de mépris et de nécliftence eu • vers moi-même et mes amis; et »i cela est vrai , ce n'est pan vous que je blâme, mais moi qui étais jadis votre véritable ami. G. Buckingham. • lbid., 165. Lorsqu'ils k réconcilièrent, le comte l'assura qu'il s'était mis a genoux pour conjurer le rot de ne point l'accabler d'une disgrâce pubique.
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se justifier. Il revint le jour suivant; son humeur set vile adoucit le ressentiment de son protecteur, et le garde des sceaux, tombant aux pieds du jeune favori, implora houlcusement son pardon. Une réconciliation s'ensuivit. Coke fut de nouveau membre du conseil privé; Villiers reçut la main de l'opulente; héritière, qui l'épousait à regret; et Bacon obtint, en récompense de son repentir, le titre de lord chancelier, avec une pension de 12C0 livres par an, outre les émoluments de cetic charge (1).
Buckingham régnait alors sans opposition. U avait rapidement obtenu les dignités de baron^ août 1616 , de vicomte (3 janv. 1617), de comte (Ier janv. 1618), et de marquis; on l'avait fait conseiller privé et chevalier de la Jarretière, et, par la destilulion du comte de Worcester, il avait succédé à la place de grand écuyer, qu'il échangea ensuite contre celle de lord grand amiral, par la démission forcée du comte de Noltingham. Il créa des pairies, distribua des emplois, et fit, à son plaisir, des promotions ecclésiastiques. Son influence s'étendait jusque sur les cours de justice et toutes les divisions du gouvernement ; et la foule des gens qui recherchaient sa faveur, tels que des pairs, des prélats, et des particuliers, eurent soin de l'acheter pour des sommes considérab'es en argent ou en remises annuelles sur leurs salaires ou leurs émoluments. Jacques semblait jouir de l'autorité et des richesses de son favori: il ne se trouvait heureux qu'en sa compagnie, et il le fit à la fois le dépositaire de ses secrets et l'arbitre de ses plaisirs. Sous les auspices de Buckingham, la cour prit une apparence de gaieté qu'elle avait perdue dans 1rs dernières années : les bals, les mascarades, les fêles, se succédèrent rapidement , et on y mêla, pour satisfaire au goût du monarque, les conceptions les plus bizarres, une basse bouffonnerie, et des moqueries ridicules (2). Le roi avait déjà scandalisé les puritains, en permel-
(1) l-a charge de chancelier produisait 2,7fl0 lir. p"»r an. ilixioire secrète de Jacques, i , 450, note.
(2) Weldom , 91. Aul. Coq , 263. C'était probablement pour faire allusion a quelques-unes de ces farces, que, daus la correspondance entre Jacques, la reine, et Buckinffbara , le roi était souvent appelé par le titre de « voue Sotvship, voire corbonnenc •
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tant de certains divertissements les dimanches (1); le cercle des dissipations de Whilchall les remplit d horreur et de chagrin. Ils crièrent contre le libertinage de la cour, exagérèrent les dangers auxquels était exposée la vertu des femmes, parmi la foule des galants licencieux, et accusèrent ouvertement le roi d'approuver et d'exciter les insignes immoralités de son favori (2).
Ruckingham eut bientôt renversé les am;s et les partisans de Somerset : il osa alors diriger ses attaques contre son beau-père, le comte de Suffolk, lor 1 trésorier, en l'accusant de péculat lorsqu'il s'était démis de son emploi, lacques montra le désir d'épargner au comte un jugement; mais Suffolk soutint son innocence, et fut condamné, à la chambre éloilée , à être renfermé dans la Tour, et à payer une amende de 30,000 livres, l'eu de temps après, celte amende fut réduite, et le prisonnier recouvra sa liberté; maison lui intima en même temps le vœu du roi, que ses deux fils quittassent les places qu'ils occupaient dans sa maison, parce qu'il avait le projet de les donner à des créatures du favori. Mais le comte avait trop de fierté pour se soumettre, cl il défendit ù ses fils, quelle que pût en être la conséquence pour lui-même, dé se démettre de leurs charges ù moins qu'on ne les y forçât absolument (3;.
Un* autre procès, singulier dans toutes ses circonstances, occupait en même temps l'attention du roi. W illiam Gecil , appelé lord Roos par les droits de sa mère, avait épousé
(1) Collier, il, 71t. Pendant ion retour d Écoute, il déclara publiquement sa volonté, •qu'après le service divin , le peuple eut la permission de te livrer le dimanche aux divertissements permis, lelsque la danse pour Ira hommes ou les femmes, l'exercice de l'arc pour les hommes, celui de la course , ou toute aulre recréation permise ; qu'il pût aussi se p< rmeltre les jeux de campagne, la danse moresque, le jeu de barre, l'érection des mais, et autres divertissements en usage, et que les femmes eussent la liberté de porter de» jonca odorants a l'église pou r servir d'ornements, suivant leur ancienne coutume. ■ Cette permission, cependant, ne devait pas s'étendre aux réfraclaire» , ni même aux conformistes qui n'auraient pas assisté le même jour au service divin. 20 mai 1618. Traité de Somers , u , 55.
(2} «Il n'y a pas un cabinet ou une chambre (si l'on peut parler ainsi}, qui ne soit témoin de ses excès * Peylon , 3G9 et 354 , 355. Wilson , 728.
(3) Voyez deux lettres écrites par lui au roi eU Buc- Lincham dans Cabala, 362.
la fille du secrétaire l-ake ( 1616, 12 févr.); l'année suivante, quittant le royaume sans permission, il envoya de Calais un cartel au père de fa femme (1617, 2 août). On fit d'abord courir le bruit que son départ était causé par une dispute relative à la dot de sa femme ; on l'attribua ensuite à la découverte qu'elle avait faite d'un commerce incestueux entre lui et Françoise, seconde femme de son grandpère, le comte d'Kxeler. Celle dame fut indignée d'un bruit si injurieux à son honneur : elle en informa lady Lake et sa fille, et en appela immédiatement à la justice de la cour de la chambre étoilec. Les défendeurs produisirent en leur faveur une lettre écrite de la main de la comtesse, dans laquelle elle avouait son crime ; ils affirmèrent qu elle la leur avait remise en présence de lord Roos, et de Diégo, son domestique, placé près de la croisée de la galerie de Wimbledon ; et ils présentèrent ensuite Sarah Swarlon, servante, qui jura qu'étant cachée derrière la tapisserie à l'extrémité opposée , elle avait vu et entendu tout ce qui s'élail passé. Jacques, qui se vantait de sa sagacité pour découvrir le mensonge et l'imposture, voulut éclaircir ce mystère. Il envoya secrètement un messager en Italie, au lord Roos, qui jura, ainsi que Diégo, sur le saint sacrement, que toute cette histoire était un mensonge (I). I>e roi, sur ce rondement, compara h> document écrit aux lettres de la comtesse ( 1618, 27 juin ), et découvrit une différence dans les caractères: il se rendit inopinément à Wimbledon, et se convainquit par lui-même que Swarlon n'avait pu être cachée derrière les tapisseries, ni entendre ce qui s'était dit à la croisée. Le Salomon anglais prit alors place parmi les juges de la chambre éloilée : cinq jours furent consacrés aux plaidoyers ; le sixième jour, lady Roos reconnut que l'acte avait été fabriqué par son père et sa mère ( 1619, 13 févr.); et le jugement déclara qu'en considération de son repentir et de ses aveux, elle ne serait condamnée qu'à un emprisonnement au bon plaisir du roi; que Swarlon serait foueltée derrière une charrette, et ferait pénitence à l'église de Saint-Martin,
(1) Il mourut bientôt après; et, si l'on doit croire au bruit qui se répandit , il mourut empoisonné.