Rot. Par J. il, 3CKS, 3U3> %m. m
3. Rvm. Vf, 631a Tl demimilt préfliabkioont le çon*cntenmnt des prèSms en paricmenu qîiétut prel itî ^ramèrent de ce faire en uidu du Raialme, et de bemu EsgUite. Kof.Purf, ir, 302.
CU A inTUE QUATRIEME. 319
[B juillet]. Dés renforts furent envoyés au prince Noir, cl soir frère ,1e duc do Lancaster, débarqua avec une armée u Calais [nnv,]; mais Charles avait défendu à scs généraux de hasarder un engagement ; et tandis que les Anglais pillaient le pays, les Français étendaient leurs conquêtes en prenant des villes ci des forteresses [1370], Le prince était arec sa femme et son fils au château d'Àngoulêmo, en proie à la maladie et au chagrin ; il fut tiré de son inaction par la nouvelle que les ducs d’Anjou et do Berry ^avançaient de différents points pour T assiéger avec leurs forces réunies. Il annonça que ses ennemis le trouveraient sur le champ de bataille : son étendard fut déployé h Cognac; cl son nom avait encore une lelle magie, que les princes français licencieront Jours armées et mirent des garnisons dans les places qu'ils avaient conquises. Dans le nombre était limoges, capitale du Limousin, qui avait été livrée par la lâcheté, peut-être par la perfidie de l’évêque et des habitants* Edouard, qui leur avait toujours donné des marques particulières de sa faveur, jura par Tâme de son père qu’il punirait leur ingratitude ou périrait dans la tentative. I h mois fut employé b miner les murs. Le matin, de bonne heure, on mil le feu aux supports temporaires; et à six heures , une large* brèche ouvrit une entrée au cœur de la ville. Les habitants abandonnèrent immédiatement tout espoir de défense; et hommes, femmes et enfants se jetèrent aux pieds du prince , implorant sa merci, 11 sembla que Pâme vindicative de don Pedro eiU passé dans le sein du héros anglais : ni prières rit représentations ne purent adoucir son ressentiment: et l’ordre fut donné de massacrer indistinctement toute la population: «Il » rdy eut pas ce jour-lh, dit FroUsart, un homme dans Limoges » dont le cœur fût asseiç endurci ou assoE dépourvu de religion » pour ne pas déplorer la scène lamentable qu'il avait devant les » yeux. Plus de trois mille hommes, femmes et enfants, furent » massacrés. Dieu ait pitié de leur âme ; car ce furent de vert— » tables martyrs l y .
Les chevaliers fiançais qui formaient la garnison , au nombre de quatre-vingts , s’adossèrent h un mur, résolus a vendre leur vie aussi cher que possible; et les Anglais, mettant pied è terre pour être de niveau avec leurs adversaires, s’a1 vannèrent à T attaque. Le couragi? du désespoir balança la supériorité du nombre; el le prince, qui do sa litière était spectateur du combat, fut si ravi des prouesses des deux partis, qu'il offrit par une proclamation la vie et la liberté de se racheter l\ ceux qui voudraient se
m HtëTOmE LïfANCIXrEKIŒ,
rendre. Ceux qui survivaient acceptèrent cette grlce : la ville fut
pillée et réduite en remires b
Le lecteur a eu souvent L'occasion d'admirer le caractère du p, ii \ i ce \ d i r : 1 es éeri vains co n t empora i us le re p réseri te n t coin m e le miroir de la chevalerie, le premier et le plus grand des héros* Mais le massacré de Limoges a laissé une tache houleuse sur sa m et nuire. Il prouve, ainsi que mille autres faits semblables, que l'institution de la chevalerie a moins contribué à civiliser le genre humain qxCon ne le suppose parfois. Ole donna bien au courage certains ornements extérieurs, elle régla les règles de la courtoisie, elle inculqua des principes d’honneur, principes souvent erronés; mais les passions les plus dures et les plus vindicatives échappèrent réellement a son contrôle, et les chevaliers les plus accomplis do Tépoquc trahirent par moments mie férocité de caractère qui n’aurait pas déparé leurs barbares aftcélres du sixième siècle *, Mab la carrière militaire du prince était terminée. Cet effort avait épuisé sa. constitution affaiblie ; et d'après lavis de ses médecins . il retourna en Angleterre, ou, loin de la cour et des affaires politiques, il languit six aimées, égayant la tristesse qui l’accablait, de l'espérance que sou second fils Richard (rainé était mort] ■monterait sur le trône et soutiendrait la renommée de sa famille.
Toutes les grandes opérations militaires des Anglais sous le règne d’ Léonard semblent avoir été conduites d’après le mémo plan , celui de pénétrer an cœur de la France, et de risquer le succès delà campagne sur l'Issue d’une bataille generale. Mais la politique de son rival était d’éviter un engagement [juillet 1370]. Sir Robert Kmovles, ifln tète de Tannée anglaise, put ma relier ii son gréa travers k Picardie, la Charo pagne et la Prie, insulter les murs de la capitale, et revenir dans ses quartiers d hiver sur les frontières delà RrMagn#. Hans une autre occasion [20. juillet 1373], b due de Lancaster conduisit aussi facilement ses troupes par le centre môme du royaume, traversant la Picardie, la Champagne, la Bourgogne et PÀuvergne, jusqu’en GmeimeL Mais ces
1. Fr nia», iv, UL. iOl-lUlï. Miiiim, C(wl. ISO* W i) . Wyrcos, tdU.
2, 3*« dois ajouter m* la obt-Tiilérte engendrai! imsjji' «t nourrissait un profond ménrîa p our lus autres ordres do ta étiole. Le prince Noir épargna la y io des rhcwlwn, f|iii dofoEidironi Limoges contre lui : nui? il répandu avqo piawir Je mng pluti vil de train uiillu iiabiauiU, hoimiics, femmen et euJants.
a, Froiss. Ht e. -Ut, gÿ.
j. \ltirim. Cmit m,
IcuApmvE quatrième. m
expéditions , quoiqu’elles causassent des maux cruels aux in for- Lu nés habitants, no se faisaient pas toujours sans de grandes pertes, et u’iigsuraient aux envahisseurs aucun avantage durable ;
1 * tandis que les Français poursuivaient avec constance leur plan do démembrer le territoire anglais et d’assurer leurs conquêtes par dns forteresses et dos garnisons redoutables. La seule action importante de toute celle guerre eut lieu entre les flottes anglaise et espagnole dans la rade de la Rochelle. Quand Pèdre,
[ * roi de Castille, tomba sops les coups de son frère billard, ses deux tilles, Constance et Isabelle, résidaient en Gmenne, d'oit elles Tinrent en Angleterre , et furent mariées aux deux lils d'Edouard, la première au duc de Lancaster, la seconde au comte de Cambridge L Le duc prit sur-le-champ les armes et le litre de roi de Castille, et don Henri, convaincu que la sûreté de sa couronne dépendait du succès dos Français, en entra d'autant plus volontiers on campagne. La Hotte espagnole se tint devant lu Rochelle pour intercepter les secours aUendus d'Angleterre sous les ordres du comte de Pombroke , qui soutint deux jours cette lutte inégale [23 juin 1372]. Les vaisseaux des ennemis étaient iFu ne plus grande dimension, mieux disposés pour l'action, et munis do canon ; èt le courage des Anglais ne servit qu’a augmenter l'étendue do leurs pertes. Pas une voile n'échappa. Le corn Le fut pris : la plupart de ses vaisseaux, avec la caisse militaire, furent coulés bnsL
En 137/l H ne restait h V Angleterre de ses possessions d'outremer que Calais, Bordeaux, Bayonne et quelques places de la Hordogne. Edouard, fatigué de cette suite de désastres, obtint imo trêve qui fut prolongée plusieurs fois [Il fêv. 27 juin 1375] ii de courts intervalles jusqu'à sa mort. Le pape exhortait coût inuellement les rois à convertir la trêve en paix ; mais leurs ressentiments étaient trop violents, leurs prétentions trop élevi en pour admettre aucun accommodement, Charles demandait la restitution de Calais, et le remboursement des sommes qui avaient été avancées comme partie de la rançon do son pète 12 mars 1376]: Edouard repoussait ces conditions, et insistait pour que son adversaire renonçât à toute prétention à ta suzeraineté de la Guienno 3.
1. Us étaient tous fiera illégitimes: Bsiüs don Pèdire, après la mort dû Marie du PndiJJa, prêta germant quYdlo était réellement sa femme, et recoimul punir sus liêridères le* filles quVlffi laissait, Muriaim, xvnf Lî.
..i Frtjjiwi. c. 31-3B. Murim. Gont. UU Wil. Wyr. 437. a. Ry m. vil, 51,53, sa, m
322 UÏStOIRE D'ANGLETERRE.
Aux yeux du peupla, une administration malheureuse est tou 4 jours incapable* Tant que le roi fut environné de l'éclat de la victoire, ses sujets, pleins d’admiration et d' obéi s son ce, s’empressèrent d1 exécuter ses ordres et de fournir ;i ses besoins. Mais J lorsque In fortune commença h l'abandonner, Us critiqueront librement les mesures de son gouvernement, bîâmèrénl ses ministres, et h chaque vote de subsides lui arrachèrent quelque nouvelle concession. Le duc do Lancaster, qui, pour suppléer sou frère aîné malade et son père sur le déclin des ans, avait pris les rênes de l'administration , devint l'objet de la haine publique; et le prince de Galles, soit qu’il bit jaloux de l'ambition du duc, soit qu'il on désapprouvât b conduite, prêta son nom et son influence à l'opposition 1 [28 avril]. Le parlement (il fut longtemps connu parmi le peuple sous la nom de bon parlement) accompagna le vote d’un subside, d'une forte quoique respectueuse remontrance. Les communes, par la bouche de leur président, sir Peter de la More, intendant du comte de Maich, énumérèrent les aides nombreuses que lo roi avait obtenues de son peuple et les sommes immenses qu’il avait reçues pour les rançons des deux rois d'Ecosse cl de France, et proclamèrent leur ferme conviction que si le revenu royal eiU été fidèlement administré, il n'eiH pas été nécessaire d'imposer de nouvelles charges a la nation. Elles donnèrent b entendre que la présente administration li rait pas en éUlde conduire les ‘affaires publiques, et demandèrent que le conseil fut augmenté de dix ou douze nouveaux membres* Quoiqu'elles n'allassent pas jusqu'à mentionner le due lui-même, elles mirent en accusation plusieurs de ses favoris pour avoir commis des extorsions, vendu des concessions illégales, levé des emprunts h leur profit, acheté les dettes du roi h bas prix, cl se les être fait payer tnlégralemenl parle trésor. Le lord Lalimer, chambellan, fut expulsé pour toujours du conseil et mis en arrestation ; le lord Jîevil: fut privé de tousses emplois; et Richard Lyons, William Elys, John Peeche et Adam llttry, fermiers des droits de douane et de certains monopoles, furent jetés en prison et mis a la merci du roi-. Après eux, l'objet des poursuites fut Alice Perrers, femme mariée,
1 Nous tenons ci* fait du touimuiileur de MiuriuiutL qui était eüiiien&îxiriiiii qdo prinpige eïtmciol prodniiB extinctus est cirai eo eût i- lus parlîamenti. Nam illi e uoELummîUité, eum qiûhns ipso tetwbat s non auiit tiÙejo eriium djoiï pturliamenti soraiLi, qutOem pro meîiori nabuisse speralutnL, p. 131. Voyc* aussi la copie d'n ne ehremique contemporaine, Arch#oI. xx, 315.
% liot* Pari it, tm<m>