CHAPITRE QUATRIÈME. m
la nation par une suite d'efforts gigantesques * mais infructueux. YvanJ sa mort, toutes ses conquêtes, h l’exception de Calais, lui étaient échappées; la plus grande partie de ses états héréditaires sur le continent lui avaient été arrachés par un rival qu’il méprisait jadis ; et une succession de trêves courtes et précaires avaient été sollicitées et acceptées comme une faveur par le monarque, qui, dans des jours plus heureux, avait dicté la paix de Bréligny.
Cependant les expéditions militaires d’Edouard, malgré tout Targem et le sang qu’elles coûtèrent, produisirent, en résultât, des avantages qui tT avaient été ni cherchés ni prévus par leur auteur. En endettant le roi, elles le rendirent plus dépendant dé ses sujets, qui, tout en se plaignant amèrement de Tonéreiix accroissement des impôts, s’assurèrent, par le sacrifice temporaire de leur argent, des bénéfices durables pour eux et leur postérité. 11 y eut h peine un abus, introduit par la finesse des légistes féodaux ou par l’arrogance de la suprématie féodale, auquel ils n’nblmssent un remède légal et souvent efficace. A cette époque, il est vrai, les statuts parlementaires notaient pas bêlement observés. Mais pendant un règne de cinquante ans, les connu unes présentèrent annuellement les mêmes plaintes; le roi fU annuellement les mêmes concessions ; et à la Un, par la seule force do ces plaintes et de ces concessions réitérées, les abus furent, dans beaucoup de cas, considérablement mitigés, et dans quelques-uns entièrement réformés.
I , En des abus les plus intolérables était celui du droit de provision, qui, en dépit des anciens décrets, continuait de peser fortement sur le peuple. Partout oii le roi voyageait, tous les chevaux et tomes les voitures, ii plusieurs milles de chaque côté de la route, étaient mis en réquisition pour le transport de sa suite, qui était rarement de moins de mille personnes, et montait souvent plus haut. Toutes ces personnes se logeaient à discrétion dans le voisinage, exigeaient des provisions des habitants, tant clercs que laïques, et en beaucoup d'occasions détruisaient a plaisir ce qu’elles n’avaient pu consommer. C’est de la même manière que les officiers du roi approvisionnaient sa table et sa maison, partout ou il s'arrêtait; Tordre était donné aux différents comtés de garnir ses lieux habituels de résidence, de viande, de blé, do fourrage et de tous Les objets nécessaires à la subsistance des hommes et dos animaux ; et toutes les fois qu’on le trouvai! utile, on approvisionnait ainsi tes garnisons royales, les expéditions qui faisaient voile pour le continent, et parfois les armées
HlSTOntE nW-LETERRE.
slflitammées on pays étranger. Et ce privilège n'était pas limité au roi ou aux membres de sa famille : il était revendiqué souvent, quoique illégalement, par les grands officiers de Tétai, et de temps à outre, par les seigneurs, que leur puissance avait mis au-dessus des lois* Dans T origine, il est vrai, T intention avait éio que, dans lu vis les cas, les propriétaires fussenl payés intégralement; niais des fraudes et des extorsions sans nombre étaient pratiquées par les pourvoyeurs, qui prenaient tout ce qu’il leur plaisait, fixaient eux-mômes le* prix; et eu considération des présents qu'on leur faisait, surchargeaient les uns pour alléger les autres* Et il n’était pas aisé de se faire payer. Souvent les réclamants étaient renvoyés par le trésorier do la maison du roi au shéritT du comté, et de nouveau par la shérif! aux officiers de l'échiquier : chaque demande était soumise b la plus minutieuse investigation; toutes les subtilités légales étaient employées pour éluder ou retarder le payement; et souvent le créancier était obligé, après plusieurs années de démarches infructueuses, d’abandonner sa prétention de lassitude ou de désespoir. Edouard, h chaque remontrance, répondait qu'il ne voulait pas renoncer à un des droits les plus avantageux de là couronne; mais qu* était toujours prêta concourir a toutes les mesurés qui pourraient alléger ce fardeau pour m sujets. Par des slaiuts successifs on décréta que le droit de provision serait limilé au roi, h la reine et h l'héritier du trône; que même ils se fourniraient do chevaux et de voitures; que les personnes de leurs maisons seraient logées chez les habitants sur billets délivrés par les officiers de chaque municipalité; que toutes contestations relatives au prix seraient décidées par le connétable et quatre jurés du voisinage ; que le payement des petites sommes serait, lait dans les vingt-quatre heures, celui des grosses sommes dans 1 espace de quatre mois; que toute infraction a eos ordonnances sérail de la compétence des juges de paix : et que les transgresseurs seraient traités connue des voleurs et des félons, suivant la nature du délit l. C’est ainsi qu'une forte barrière finit par être