CHAPITRE QUATRIEME, w
lëbre firosselesteî ces prohibitions, grâce a l’adresse des hommes de loi et h 3a présomption des juges, s’étaient multipliées m delà de loutcç bornes raisonnable* ; on avait, enlevé peu à peu la connaissance de toute espèce de causes aux tribunaux ecclésiastiques; ci les évoques et leurs officiers étaient continuellement interrompus et tracassés dans l'exercice de leur juridiction incontestable. I! était naturel que le souverain soutint les prétentions de ses propres cours; mais le besoin d'argent le forçait souvent de prêter à regret l'oreille aux plaintes du clergé, qui, toutes les fois qu'il votait un subside, avait soin* comme les communes, d'y mettre pour condition le redressemenl de ses griefs. A Mde de cet expédient, il arrachait de temps en temps quelque concession * Edo nard il permit aux cours spirituelles de prononcer dans certaines causes, en dépit des proh ibil î orîslaïques 1 ; et Edouard III accorda que les clercs* convaincus de tout autre crime capital que de celui de trahison, seraient remis h leurs juges naturels pour être condamnés par eux a l'emprisonnement perpétuel et à la pénitence ; qu'il serait interdit aux cours civiles de s'enquérir des procédures des cours spirituelles dans les causes qui seraient notoirement de Leur juridiction^ et qu'aucun prélat ne serait traduit devant les juges laïques sans V ordre exprès du souverain M -- Les papes, comme pasteurs suprêmes, continuaient h demander des secours pécuniaires pour pouvoir gouverner l'Eglise universelle ; et h peuple, h mesure qu’il était plus accablé de taxes pour les guerres d'Ecosse et do France, se plaignait davantage des sommes qu’on levait aussi pour soutenir la cour do Ètome. Les revenu* du pape un Angleterre provenaient de quatre sources principales. 1 . Le denier de Saint-Pierre avait été établi sous les princes anglo-saxons ; c’ëlait une taxe d’un penny sur chaque chef de famille, dont les biens-meubles étaient évalués à ironte pence; et elle avait été constituée au pape comme donation volontaire pour ITissisUmce dos pèlerins anglais. Elle paraît avoir été fixée par l'usage a une somme certaine au lieu d’une somme indéterminée, et elle resta toujours la même après un laps do cinq siècles, malgré l'accroissement considérable de h richesse du pays et de sa population. Los pontifes désirèrent alors
L CêKmt le® rnumls t pour lesquels mit pénitence publique était di-
îOintc; tés fiépBratioîw et ornements des églises, tes repnrntimis dos murs dns cimetyjçes* lés dîmes ai lu demande ifeicéduit juis au quarl de lu valeur du bénéfice, Lés legs pieux, la diffamation et le parjure. Ht ai. 13. Ed. at, 1,
a. Rot. Péri n, loi-lai, m. St ai, ipf Ed, IU t se 3.
itifl IKSTOIIU; f>rANii|aETEURK,
qu'elle lût gerçue ainsi que le portail la concession primitive ; mais cette demande éprouva une résistance vigoureuse et efficace, et la somme totale que les prélats payaient au collecteur du page ne monta pas à plus de deux cents livres K iL Le lecteur doit se rappeler le don du cens, comme ou rappelait, de mille marcs, qui avait été fait parie roi jean , pour reconuptro qu’il tenait la couronne en fief du souverain pontife. Le montant n'en était pas très-considérable en lui- meme; mais le payement entraînait une idée de vasselage , el les pontifes étaient forcés tous les ans de rappeler cette obligation aux successeurs de Jean, Si leur amitié sc trouvait être nécessaire au roi, i1 avertisse me fit était reçu avec respect et obéissance : si elle ne Fêtait pas, on inventa il une excuse, et le payement était différé* À la mort d’Edouard I*% il n'étall pas dû moins de dix-sepl mille marcs : son Æt§ satisfit avec fidélité à 1 ou tes les demandes: et Edouard lit imita la conduite de son père, jusqu’à ce qu’il sé fût engagé dans la chimérique entreprise d’arracher la couronne do France à celui qui la possédait. Les papes attend aient avec impatience le retour de la paix; et en 13116, Urbain Y demanda les arrérages #s trente- Irois dirhières années, en donnant à entendre que si Ton résistait h sa réclamation, il entamerait un procès dans sa propre cour pour le recouvrement des amendes stipulées dans la concession primitive, Quand le parlement s'assembla, le roi réunit les lords spirituels ot temporels dans la chambre blanche de Westminster, leur Communiqua la demande dn pape, el sollicita leur avis. Les prélats demandèrent un jour pour se consulter on particulier, et, revenant le lendemain matin, répondirent que ni Jean ni personne ne pouvait soumettre le royaume à mté autre puissance sans le consentement delà nation. Les pairs temporel furent de cet avis; on on Fit part aux communes , qm s’empressèrent d’y donner leur assentiment , et on dressa au nom du roi, des lords et des communes, an instrument public; où ou reproduis,! if la réponse des évêques, en ajoutant que Farte de Jean avait été fait sans le consentement du royaume, et contre ta teneur du serment qu'il avait prêté à son eomonnomenL 11 fut donc résolu par les lords elles communes (le roi et les prélats s’étaient retirés), que si le pape tentait de soutenir sa prétention parla voie judiciaire, ou par tout autre, ils résisteraient et lui tiendraient tête do tout
J. Rot. Pari, it ÿ:3(C Elle montait h SGl l. P s, ? aviron ü 1. de plus rju'i! n'est uie adonné dam te registre du Vuîiecun Mu» Durhmn est omis sur cc registre.
GltigpftE ÜtÀÎRUAlE.
leur pouvoir1. Cotte détermination solennelle mil pour jamais la question au néant,
3. On a rapporté l origiîie du payement des premiers fruits auï présents que, dans les siècles plus reculés, chaque évêque, lorsqu'il était consacré, et chaque prêtre h son ordination, devait faire aux prélats qui officiaient et h leurs assistants, Grégoire le Grand les abolit: après sa mort ils reparurent; et comme le montant du don se réglait sur là valeur du bénéfice, insensibleinenl il fu( taxé a une année du revenu. Dans maint diocèse on Pexigeaîl de tout le clergé inférieur ; h la cour de Home, c’était a chaque promotion : d’où il résu liai 1 que, comme beaucoup de prélats obtenaient leurs sièges par « provisions » papales, les premiers fruits de la plupart des évêchés étaient graduellement absorbés par le trésor du pape * En Angleterre, Pandolphc, évêque de IS envie h, fui, dit-6n, ie premier qui exigea cette taxe de sou clergé, sous prétexte des charges dont il se trouvait lui-même accablé 3 . bu 1246, llouiface, archevêque de Canlerlmry, ubtinl d Innocent ï\ la première année du revenu de tous les bénéfices do son diocèse, qui viendraient a vaquer durant les six années suivantes4 : cl d autres prélats demandèrent souvent du semblables concisions aux successeurs de ce pontife, A la lin Clément Y, donnant poitr excuse Jes besoins urgente d^i’Eglisf:? romaine, réserva pour son propre usage tous les premiers fruits qui pourraient survenir dans le cours de deux années et quelque temps après, son successeur Jean XXII imita son exemple, maïs étendit le terme h trois ans*
4, Il convient dé remarquer ici la manière dont la provision des bénéfices était dévolue à 1 Eglise de Home. Après la coures* >ion de la Magna Char ta, il devint d’usage qu’h ia vacance de tout siège, le chapitre sollicitât un congé d'élire , pour choisir a la majorité des suffrages, ou par voix de compromis, lu futur évêque, rt le présenter au roi a lin d’obtenir l'approbation royale. Cette approbation était signifiée au métropolitain, si c'étaît une Eglise «fin lui fût soumise, ou au pape, si c'était un siège métropolitain, ijuand ï élection avait été conlirmëe par le pape on le mélropoltlain, la confirmation était notifiée au roi, qui recevait l'hommage
L Bot. Part. u. $mt -mi De Marca, lih. viT c. lû, IL ♦‘L Angi Sw\ i, JUK 1, Rvm. 4 403.
Rvin, m, ~5.
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du nouvel évêque, et lui donnait le temporel dtesou évêché C Dons le cours de ces formalités comptexeSj il se présentait fréquemment des difficultés. Pour Rassurer do paonnes propres aux fonctions épiscopales , et pour prévenir une influence illégitime sur le choix* les canons avaient introduit tant de règlements, minutieux et rigoureux, qu'il était aisé an pape ou au métropolitain , s'il en avait le désir, de1 découvrir des motifs suffisants pour rejeter presque tout individu. À la vérité, le métropolitain, de qui on pouvait appeler nu pape , avait soin d’exercer son autorité avec modération ; mais le jugement du pape était définitif, et nos monarques avaient coutume d'exercer toute leur influence b ta cour de Home, pour s'affranchir d'un prélat qui leur déplaisait, et exalter un prélat favori. Par degrés, les papes attirèrent à eux le droit d'institution, qui anciennement appartenait aux métropolitains, et parle moyen des « provisions, » nommèrent a un grand nombre d'évêchés. Le monarque ne vit pas ce changement avec déplaisir* 11 trouvait en général le pontife plus Imitable que tes chapitres; et si de temps en temps il acquiesçait au choix du pape, il pouvait en retour attendre uno attention égale pour sa propre recommandation. 11 gagnait probablement au
change. •* *
Dans ces occasions, il avait ffusoge que le pape envoyai au roi une copie de la « provision,» avec requête de vouloir bien accorder te temporel du siège au nouvel évêque L II arriva que dans la première année du règne d'Edouard le,\ taudis que te roi revenait de la terre sainte, le pape nomma Robert de Kihvardby au siège archiépiscopal de Canterburÿ, Le .conseil admit le nouveau primat T mais avec protestation que la provision était contraire aux droits de la couronne, et déda ration qu h 1 avenir le roi ne se croirait pas obligé d'accorder le temporel aux prélats ainsi pourvus3. Six ans plus tard, llobOTl accepta lu dignité de cardinal et résigna son archevêché. Comme te résignation fut faite en cour papale, le pontife, selon te coutume, nomma son successeur; mais, probablement à cause dé la protestation du conseil, il omit dans sa lettre au mi te requête habituelle concernant le temporel. Cette omission fil hésiter: mais h te (in, sur la supposition que frétait une erreur du clerc , on passa outre h
1, Rym. ï vt VA. R&fc llom. 10. Ilî, BnuL ni. App. 116.