CHAPITRE CINQUIÈME
courage, il obtint la permission de se joindre aux chrétiens qui combattaient les infidèles en Prusse ; mais, soit que celte expédition ne fût qu'un prétexte, soit quo son courage se fût évaporé en mer, il revint au bout de quelques jours, et assura qu'il y avait été forcé par une tem pute. Il fut alors nommé au gouvernement üo T Irlande ; mais il négligea d"en prendre possession, probaloment parce que lTrlando était un pays dans lequel, disait-il, il ne pouvait récolter ni richesses ni gloire. Richard avait T esprit continuellement tracassé do co qu'il voyait ou entendait dire de Sa conduite de Glouce^ter ; de petites injures sans cesse renouvelées louaient son ressen liment en éveil, et le souvenir du passé le poussait à se débarrasser d'un prince qui 'continuait à témoigner le mémo mépris pour la personne du souverain, la même hostilité à ses favoris* On dit même que le duc venait de former [8 juillet] avec ses anciens confédérés, r archevêque actuel de Canlerbury J et les comtes d’Arundel et de Warwick, le plan do se saisir dn roi et de l’enftpi&gimôr2; mais ce récit ne parait être qu’un bruit inventé pour expliquer la cause de son arrestation- Ce qu’il y a de certain, au moins, c’esl qu’aucune charge semblable no fut produite par ses accusateurs dans le parlement.
Quand Richard eut pris sa résolution, elle fut mise à exécution avec secret et promptitude. Le comte de Warwick, qui avait dîné avec le roi, fut arrêté chez le chancelier, près de Temple-Bar, conduit en toute hâle à la Tour, et pour plus de sûreté, transféré au château de Tintagel dans le CornwaU s [1Ü juillet]. Le primat, qui était sans soupçon, fut employé à amener son frère, le comte tTÀmadel, a une conférence particulière avec Richard, qui aussitêt le fit appréhender 1 12 J, et l’envoya au château tio Carisbrook, dans The de IVight, mais avec la promesse, conQrinée par serment, qu’il ne souffrirait ni dans sa personne ni dans scs biens4*
champ grâce de la vie. a C inter ed^si.an de* prêtais, et qn lui accorda plein pardon le 57 mai. ïi est probable qu’ût^iCtLvait aucune ioteotîon de mettre Haïey ül Wiûrtï mais qça toute cette iiijiiitfifijibi a procédure avait pour objet dfî réprimer iebj tentatives des partUtms de Gïoucoster pour intimider Unis adversaires de la cour. Voyez HoL Pari. mt 33y, 041, 107, t ^ On voit par cet exemple qiCà cette époque k*i üUidéHMusuipieÿ siégeaient avec tus communes en parlement*
t- frétait Thomas d'Ànindel, frère du comte de ca nom, qui nvaît été evèque d Ely et chuocelier pondunt le proues des ùïDvia de Richard r et qui fat ensuite transfère an sîfcju U York, et de lu k Celui de Canterburv. Any. JSue, |p>f 1^$.
^ Fmissart Bf, 18. Notices des manuscrite de la Bibliothèque t tu roi dt F rance, n, p. SOS;
3, Rut, Pari, ut, 4®i*
T Ibid. 433.
pour prévenir l’évnsion ou la résistance de son oncle, Richard su j mit lui-même h In lôle du détachement chargé de l'arrêter, et se rendit nu château du due, à Ptashy. Celui-ci sortit aveu sa maison a la rencontre du roi; niais il (ut immédiatement remis a a gar c du comte de fiottingham, vomie maréchal », Ce seigneur fmgml de le conduire àln Tour; mais lorsqu’ils eurent atleint la Tamise, il le mit à bord d’un vaisseau, descendu la rivière, et logea son prisonnier au château de Calais, dont il était gouverne tir, U disparition subito du duc fit croire généralement qu il avait ete assassiné; et ses amis, alarmés do son sort supposé, eommencèreul à trembler pour leur propre sûreté. [15 juillet.] tueliara, pour tranquilliser l’esprit public, publia une proclamation, annonçant que ces arrestations avaient été (ailes avec ! assentiment des comtes de lUuland, de Kent, de Hunlingdon, de Nottmgham el île Salisburv, du lord Despenser et de sir W illiam Serope, el avec i approbation de ses oncles Lancaster el Verk, et de son cousin Derby; que les délits des prisonuiers étaient de fraîche date, ol u* a v aie n t au c an o co n nexion a v ec les é vé n emc n l s des d ixlt? 11 1 1 0 * onzième années de son régne, et qu’aucun de ses sujets n avau sujet de s'alarmer pour la part qu'il avait pu y prendre
Pour arranger ses plans avec plus de discrétion, d se rendit au cMleau de NoUingham, oîi Ton résolut d imiter l r temple donné par les prisonniers, et de les accuser de trahison, ainsi qu'ils avaient accusé les favoris du roi- Les seigneurs qui avaient ronseiné les arrestations étaient 'a dîner, lorsqu'ils furent inopinément appelés de la table aux portes du château, el requis d'apposer leurs sceaux à une formule if accusation qui avait tt< préparée pour la cireénslance. À leur retour. Us trouvèrent le roi dans la salle, assis sur lo trône, et la couronne eu tète. « ïSous » accusons, leur faisaiL-àii dire, Thomas, duo de Gloucester, » Richard, comte d’AnmdeL, et Thomas, comte de Wanvick, et n disons qu ils ont agi connue traîtres è votre majesté et h votre
1 11 exi'ittï difFêretits. récits de cette nrrüfttatioii. LT«iteur contemporain du
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prdclsâione aolcmni tmiuMter oceorrcjitem, Rot. Pari, in, mu.
&„ R ym.vm.-6. Aux sdgneur» qu'on dît avoir donne mrestnSia, oit nuraitdiU.ioun t k jHinft comfede Sommet. J m, .0 I.
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» royaume- Tels itou s les tenons, et tels nous le prouverons, » quand, où et dans telle cour que votre majesté décidera. El » nous supplùù$s votre majesté de nous entendre aussitul que » possible, et do faire plein droit et justice à notre accusation, u Leur requête fut admise, et fépoque du jugement fixée m proni tain parlement >,
A son retour, le roi resia quelques jours à Woôdstock, où l'on résolut de recevoir la déposition de Glouœster en prison, et une commission h cet effet fui signée et adressée a sir William Rickhili, un dos juges [1 S août J . Environ trois semaines après (5 sept,], Rickhili fut éveillé au milieu do la nuit h Essmgham* dans le Kent, par un messager du roi, qui lui ordonna de se rendre xm média tora ont à Douvres, et do suivre le comte de Not^ tingiiam à Calais. S’il fut surpris de la nature mystérieuse de ce message, sa su rprist* redoubla, lorsqu’à son arrivée [7 sept,] le comte lui remit une commission pour interroger le dur de Gloucester, que, depuis plusieurs semaines, il croyait mort. Dans cette délicate et dangereuse affaire, Rickhili procéda avec une circonspection qui plus lard lui sauva la vie. Il demanda quVui désignât deux témoins pour voir et entendre tout ce qui se passerait outre lui et le prisonnier ; et lorsqu’il fut introduit près de douces 1er [8 sept. il lui conseilla de faire sa réponse par écrit, Gtd’cn garder par devers lui une copie exacte. Au bout de quelques heures, le duc lui remit ce qu’on appela sa confession, en ^invitant à revenir le lendemain matin pour recevoir toutes les communications ultérieures qui pourraient être jugées nécessaires. Mais le matin, Rickhili ne fut point admis; et après être resté deux jours de plus h Calais, il s'en retourna en Angleterre [U sepî. j, et rendit compte au roi de sa mission, la veille de r ouverture du parlement 2 jlG sept.j.
[1/ sept.] Pour prévenir toute opposition a sas désirs, Richard se fH accompagner h Westminster par une troupe formidable, composée de chevaliers et d’écuyers qui portaient sa livrée du cerf, eL de sa garde d’archers levés dans le comté de Chester. 1 .es meneurs des communes avaient reçu leurs instructions de la cour ; et, le second jour de la session [18 sept,], sir John Bussy, l1 orateur, demanda au roi que les membres du clergé pussent nommer des fondés de pouvoirs pour les représenter en leur