‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 216 sur 327 · B.vm, i\, IB. Cotte, Üîo · texte numérisé non relu

B.vm, i\, IB. Cotte, Üîo

r.iiAMTufc sEirnÊMi;. n:

liiïile fut aussi arrogante cl insulta nie t|üe celle de sou juge fui digne et modérée. Non content de manifester sou dissentiment d’avec la croyance établie, il vomü un lorreuL d’ invectives contre tous ceux qui lu soutenaient, U prétendit que F Eglise avait cessé d’enseigner la doctrine de I Evangile du moment qu’elle était devenue infectée du poison dus richesses mondaines; que te clergé était Fanliebrisi ; que le pape était la lêLe do la tète, quo les évêques et les prélats en étaient les membres, et les ordres religieux la queue; et que le seul vrai successeur de saint Pierre était celui qui pratiquait le plus fidèlement les vertus de saint ■'terre. Puis , se tournant vers les spectateurs et étendant les bras, il s'écria : « Méfiez-vous des hommes qui siègent ici comme mes juges, ils vous séduiront ainsi qir eux- mêmes, et vous conduiront en enfer. » 11 fut amené a la barre b deux jours diiïé- |Jeiïts, et. persistant dans ses opinions, fui déclaré hérétique obstiné *. Cependant leT primat , lorsqu'il le remit au magistrat civil, obtint du roi un sursis de cinquante jours T durant lequel Oldeastle trouva moyen de s’échapper de la Tour [10 oct.j , et de rassembler les plus ardents de ses partisans. Ils envoyèrent a us- *Wt des émissaires dans les conviés voisins ; une armée fut secrètement Organisée, et un grand nombre do fanatiques se tinrent prèls h marcher sur la métropole, quoiqu'ils fussent dans Fignorauce du projet réel do leurs chefs. Le premier plan des conspirateurs, qui était de surprendre le roi h Eltham, échoua par suite de son départ imprévu pour Westminster j 7 janvier ], et ils formèrent alors b résolut ion de réunir tous leurs adhérents dans les champs de Saînt-Gilds, le lendemain dé l'Epiphanie. Henri, qui ''but parfaitement instruit do tours intenl ions, ayant, fait fermer les portes do la Cité pour séparer les bitords du dedans de ceux du dehors, se dirigea un peu après minuit, avec un corps de iroupes een sidéra blés , vers le lieu du rendez-vous. Les cheinius elaients couverts d’insurgës, qui accouraient de tou les les directions vers Siunl-Giles ; mais les premières bandes qui arrivèrent furent cornées et arrêtées; les fugitifs qui s’échappèrent répandirent F alarme , et celles qui étaient en marche se dispersèrent précipitamment

Ou a fait monter en celte occasion les insurgés au nombre exagéré de vingt mille ; et le but de leurs chefs , si nous en devons

; Eitrîui des Actes th Ht/ mer, nt, fil; fi teilr Southey Livre d# VMgIi.u\

'Ht. Lit. a. Wuk. 305, m Elm, 31. :i

ot de WillOns,

HH HISTOIRE jr ANGLETERRE,

croire les proclamations royales et les registres du parlement , était de la plus dangereuse tendance* Les commîmes exposent dans leur adresse que les bitords avaient cherché a h détruire la foi chrétienne, la roi* les dignités spirituelles et temporelles* et loule espèce de police et de loi* » Henri, dans sa proclamation, déclaré qu’ils a voulaient détruire lui, ses frères et plusieurs dos lords spirituels et temporels, confisquer les biens de rjfgltse, séculariser les ordres religieux, diviser le royaume en districts confédérés, et nommer sir John Oldcaslto président do la communauté ^ ïj Ce meneur s’échappa, et quoique le ruÉ offrît les récompenses les plus tentantes pour son arresfcltiqn, il éluda peu» dant plusieurs années tes poursuites et les recherches de ses ennemis. Beaucoup de ses complices furent pris, et trente-neuf furent condamnés et exécutés. L'insuccès de rinsurreclion eut l'effet ordinaire d'ajouter à la sévérité des lois pénales déjà existâmes* On décréta que tous les juges et magistrats seraient autorisés à appréhender les personnes suspectes de lollardisme , et a les livrer aux cours ecclésiastiques ; el qu’après conviction, on confisquerait les terres, biens et effets mobiliers dos prisonniers comme dans un cas de félonie

Le rétablissement de b tranquillité permit au roi de diriger son a tien lion sur le trône de France, qui était encore occupé par un monarque imbécile , et miné chaque jour par la fureur des factions rivales. Dans le cours de quelques mois, les rênes du gouvernement avaient successivement passé des mains de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, l\ celles du dauphin, jeune prince téméraire, opiniâtre et capricieux^; à celles de la populace de la capitale, dont le triomphe éphémère avait été suivi de remprison nemeut ou du massacre des seigneurs et des dames attachés h la cour4 [5$ avril 1413] ; et enfin h celles du duc d’Orléans, qui persistait à faire une gu en 0 heureuse, mais impoUtique, aux Bourguignons, les anciens ennemis de sa famille* Ces troubles offraient h l’esprit ambitieux do Henri la perspective la plus attrayante, 11 résolut de ressusciter la prétention et de suivre les

Mot Pari, iv, 24, 108. Rym. ïx, m, 11 % 120* 170, 103,

S, IhtJ. PftrL n% 21, Sd<*C of Heahn* u, 181. Dans ce parlement, les frères du roiT JùIi ü e. HLimpbrcy, furent fait ducs de Bedfo rd et de Gioucesier. FJ ni- JS*

3. Ou dit qu'il envoya pur dérision à Henri un présent de bulles de paume. Le roi promit de lui rendre le compliment avec des balles anglaises qui joueraient bus les murs de Paris, Otlerb- 273.

4. Voyou la lettre du roi de France dans Hynier, u. 51 . et le récit de Monstrelet, f, *65-170.

CHAPITKE SEPTIÈME. ,iJH

traœs de son bkàieul Edouard IH ; et s’il consentit à line série de Courtes trêves h la prière do Charles , ce fut seulement pour avoir le loisir do mûrir ses plans, de se procurer de Parlent pour ses dépenses j et de c'ommencfcr la guerre avec une armée proportion née h son objet. Un peu plus d'une année s’était écoulé depuis son avènement, lorsqu'il demanda inopinément la couronne de France, avec toutes les dépendances, comme héritier d'Isabelle, fille de Philippe IV [10 juillet 1414]. Les ministres français auraient pu répondre qu’il n1 était pas le représentant légitime de cette princesse; mais ils regardèrent cette réclamation comme une insulte â l 'indépendance nationale, et refusèrent de I admettre même comme sujet de discussion [août], Henri consentit alors h ce que Charles restât en possession de son trône; mais d requit, comme pris de sa modération, des conditions qui auraient réduit la France à une position secondaire parmi les puissances de l'Europe : h savoir, qu'ü cédât en pleine souveraineté a l'Angleterre les provinces do Normandie, do Maine et d'Anjou ; les territoires qui composaient autrefois le duché d'Aquitaine, et les villes et comtés compris dans la grande paix de Brehgny ; qu'il mît Henri en possession d'une moitié de la Provence. héritage d'Eléonore et de Sanchelte, femmes de Henri HJ et de son frère B inbord, et deux des quatre filles de Bérenger, jadis souverain de en pays; qu'il acquittât fidèlement les arrérages de la rançon du roi Jean, montant h doàte cent mille couronnes, et qu iî donnât sa fille Catherine en mariage au roi d'Angleterre, ayoc une dot de deux millions de couronnés Ces demandés avaient, été suggérées h Henri par son conseil, qui lui Ül1 1I,D Par un® teUe modération il jetterait le blâme du refus sur ses Adversaires, et « mériterait, par la grâce de Dieu, meilleure réussite et conclusion, » Le duc de Berri, organe du gouvernement français^ répondit que Charles, par amour de la paix, con- ^ntaii a restituer tous les territoires anciennement compris dans 0 duc^ d'Aquitaine, et h donner avec sa fille six cent mille coudot plus forte que u'm avait jamais donné aucun de ses prédécesseurs eu pareille occasion. Un prince d'une ambition or- ^imure eût accepté avec joie de telles offres. 11 était évident qu elles étaient faites non h cause de la supériorité réelle del'An-

-?ur lJmn2f^ r â que ueæ rois redammorn k cimrenae de France

M r! e ü pfwyim etre tmmmise par les femmes. Dr. dans cette hvtio- ^ el3e appartenait p™ k Henri, mute au comte de Mardi, ? 1

S- Dam couronnes équivalaient k un coble anglais.

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g lo t o n e r mais h cause des embarras momcutoiiés de ki France; tH H y avait lieu de craindre que, si on les refusait, les différentes factions né s’unissent contre Ee'nnemi coinimiu, ei par leur union ne déjouassent tous ses projets. Mais, tout avantageuses qu'elles étaient, elles ne remplirent pas Patiente de Henri1/ [3 oct.] Il rappela ses ambassadeurs , convoqua un partèmeut, avoua son jutent ion do revendiquer son droit par la voie des armes, et obtint un subside do deux dixièmes ei de deux quinzièmes1 1 * 4 [10 no*.]* L'octroi d'une si forte somme causa une vive inquiétude a la cour de France, et Henri résolut de recourir de nouveau aux négociations. Quelques jours avant la conclusion de l'armistice ; le rom te deJJorset, avec les évêques de Durham et de Norwîch et une troupe de six cents cavaliers, entra à Paris, od par leur faste et leur magni licence ils surprirent et mortifièrent la vanité des Français L [24 janvier 1.4 Ki, Ils atteignirent aisément leur premier objet, qui était de prolonger la trêve de quatre mois. [13 mars.] ils proposèrent ensuite un traité dé paix et d’alliance sur une nouvelle base. Us abandonnaient entièrement leurs prétentions sur la Normandie, le U aine et T Anjou ; ils consentaient à accepter la princesse avec la moitié de la somme primitivement requise; mais toutes les autres demandes faites par la dernière ambassade furent reproduites avec plus d’insistance. [14 mars, j Le duc de Ber ri lit la même réponse, avec celte différence peu importante qu’il offrait huit cent mille couronnes au lieu de six cent mille comme dot de Catherine. Les ambassadeurs ro vinrent immédiatement L

Il est probable que Le résultat de la négociation ne déplut point a HenruSes conseillers pouvaient désirer de détourner les calamités do la guerre; mais le jeune héros brûlait de ceindre, sou front du laurier des conquérants. ! lfi avril. Un conseil de quinze pairs spirituels et de vingt-huit pairs temporels fut assemblé iitfd mëdïûtémeui : le roi dédora sa résolution « do recouvrer son héritage i> par les armes5, et ion discours fut reçu avec des applaudissements et des promesses d’appui. Le duc de Bedford, un de ses frères, .accepta l'office de régent pendant l’absence du roi; ses

1. Tmm la négociation a® trouve ilans U y ni. tx, 3U8. Veye* ans*! Avitnf Üattn, ii, HL 150.

9; Hf»V, Par?. ivt 33,

:i. Mamircl. i, S!«.

4, llym . ix, S05, S1S-S15.

"p, Uvtîi. tx. Aeh of Com. il, 155.

citAfHTïti-; SKfrnr:.\i*;. 4^1

Avoirs et pou xom furnni spécifiés; les membre du laouseîl lu* jeul nommés , et on régla les termes du service militaire K Les barons ci les ehèVüliers, jaloux d’acquérir du renom ou d1 obtenir h faveur royale, s'engagèrent h fournir des troupes selon leurs moyens, et taudis qu’ils levaient des hommes, Henri lui-même nmttaiL ses joyaux en gage, cherchait à faire îles emprunts, et, après du grands efforts, ramassait la somme de cinq cent mille nobles*.

Les ministres français n'avaient fait aucuns préparatifs pour conjurer la tempête qui les menaçait. Occupés k maintenir leur supériorité sur leurs rivaux domestiquerais s'élafem nattés que b roi ÿAngioterre accolerait les conditions qui lui avaient été ulFerUss; ei dans ccd le trompeuse attente, ils envoyèrent en ce momem même l’archevêque de Bourges elle comte de Vendôme pour renouveler les propositions récemment faites par b? duc de Béni [juin]. Les ambassadeurs furent introduits auprès du roi à Winchester : le lendemain, Henry Oudmly . qui venait d’être promu a l archevêché de Canterbury. les informa que son sou venin acceptera il rien de moins que la restitution do tous les terri Loires qui avaient été possédés par ses prédécesseurs; ci llenn, arrivant a prè^ le primat, ajouta que la couronne de France fdau son droit, el qu il l'arracherait, en dépit de tous ses en.nouns, a celui qui eu élail I injuste détenteur. Les paroles soulevèrent l'indignation de l’ archevêque de Bourges, qui, après en avoir obtenu la permission, répondit que si le roi attribuait a la crainte m offres qui avaient été faites, il se trompait. Le trône de France

cûritmn conditions , ei la manière de lem l'armée : 1. ï)e>

liïS; f SSflwî! hî "Imic fl11 w«w> rrïv, avec differents lords et gentil^ unnrt iLï«ïrtL*ÆîlSS%pitt !1 *erVT cumin noinlm* d’hommes pendant

4“ J0,ir llu Ieur million. S La solde d'un dm- disait être llT i iorT ^ Hd, ; d'un baron OU bannere*, JT; dUeLy^

&MStîT$3â£; <U. a, La solde, ou Li mïrJ Su moi

nVtalt mï pw le tresorlerun qujwfccîrti ravance, et si ritraem

C ûiu m /W-mni^Lro^ cernent du quatrième . ITéngApemeiit devait cesser.. sm , K i hiujuü contrittnm reçut l'oidiïmiro v ,-e-

avoir utntm if]o- Wft ï ■ mHns l,nÇ | rente hommes d armes, J, Un duc de mil m di^v li ! ^v f Llû un baron nu buntorèt

fomSï 1 ü écuyer quatre, nu archer un. Les chevaux devaient c ire

vainnt u ^ Vacrta n t, l %mpo«ient par le roï. IL Tous les prisonniers dede Si 1 SdlKÎSSfi 'tu !f *SP“eît llris : mttî* ?' Paient des rois, des (ils tEiùsloiû démît 1 lrrS *'PVVtUs ^vomomndenicnt cl porteurs de coaiuhé r^onLSL! L^n4eilîiafllJ[irtBîl r :i Kct»Hronne, mm cumin i une îàdéflï-

N i' S ffiî '** T ,,r R ^Lebutluduraitêtr Æ

trois \ZÏ k! ? / Ui u'rnmes la troisième était encore- divisée en

di^ricImL* j* le^f preîimt déni et laissait U troisième nu rot. Vnm les ™ t ontrnU dans Rymer, n. 33a, 337-^Kh 4

*■ (bid . 341, 2:1 1 1-2*7,

HISTOIRE J}1 Aftü L ET EllliE .

était le premier de l’Europe; il fallait une force supérieure h celle de T Angleterre pour Pébrünler. Que Henri, si bon lui semblait, en fît la tentative : ou il serait repousse au delà de la mer, ou il payerait sa présomption de sn liberté et peut-être de sa vie. Quant a Lui, ajouta l’archevêquo , il n’avait plus rien b faire en Angleterre; il demandait des passe-ports, mais espérait que le roi voudrait bien Lui donner cette réponse par écrit, et lui éviter la peine de délivrer de vive voix un message aussi insultant, Henri ne fut point olïbnsé de la liberté du prélat, et le renvoya ainsi que son collègue avec des présents considérables1 [1*T juillet].

Tous les préparatifs étaient alors achevés ; Vannée s’était assemblée à Sou Ihâm pion, et le roi sur veilla rembarquement. En ce même instant où son esprit était occupé de rêves de conquêtes et de gloire [21 juillet] , il fut alarmé soudain par la nouvelle qu’une conspiration contre sa vie avait été formée au sein de a famille et de sa maison. Le chef en était son cousin Richard, frère du duc d’York, et créé depuis peu comte do Cambridge, Les principaux complices étaient sir Thomas Grey do Iletan, chevalier North ambre, et le lord Scrope de Mttsham, qui avait été honoré des plus haute emplois do l’état, et qui était, au lit cl h table, au conseil et ù la chassa; l’inséparable compagnon dti roi. 11 est impossible de découvrir quels motifs purent les engager ù former en dessein, ni sur quoi ils fondèrent leurs espérances de succès: fhistorièii doit se contenter de décrire les faits tels que les donnent les pièces authentiques, [2 août,] Une enquête de douze jurés du comté établi I, mais on ne dit pas sur quel témoignage, que le comte de Cambridge avait conspiré avec sir Thomas Grey pour réunir un corps d’hommes armés , conduire le comte de Mar ch aux frontières de Galles, et le proclamer héritier légitime delà couronne, dans le cas où lUchnrd il serait réellement mort-; qu'ils avaient aussi, parleurs émissaires, sollicité Thomas de Trumpyngton, qui continuait h passer pour Richard, Henry Percy, qui n’étail point encore revenu d’Ecosse, et plusieurs lords écossais, d’envahir les états du roi h une époque fixée; et que le lord Scrope avait reçu des traîtres la confidence de leurs intentions ; qu’il en avait caché la connaissance au rai

l. Voyiez Monstrelet [r, SsJ;T qui loue Undi frirntion du prélat frnnçuls, et El ni- 1mm [ i*. ac y et Walsiiijdtiim n. qui blâment son insolence. Lu répoiM# & roi est dani lu Thrésor des Char tnt rT 70-

xJ. 11 fniil fa ire remarquer que le comte de ü&mbrïtlge avait épousé À nue, ^cfut du comte de Murch , qui . à lu nmrt de son frère sans enfants, rntrcùt eu le droit réel à la couronne,

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