‹ Histoire d'Angleterre (vol.2)Chapitre 226 sur 327 · CHAPITRE SEPTIÈME. u · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. u

immédiate tuent derrière lui. Avant qu’il n'eftl atteint la troisième, le dauphin parut. Il fléchit le genou, et adressait ta parole au prince, lorsqu’il reçut au visage im coup d une petite hache que tenait Tanuegui du Chastel, Ce fut en vain qu'il saisit son épée; uuo foule du blessures l1 étendirent aussitôt mort h terre. Un des hommes de sa suite sauta pardessus la barrière , ei s’échappa ; un second fut tué : les antres restèrent captifs air pouvoir des assassins. Pour justifier ce meurtre iiïfâme, on eut recours h la raison qu'avait donnée jadis le Bourguignon luimème pour excuser celui du due d'Orléans, que, lorsqu'un criminel est trop puissant pour être puni conformément aux lois, le devoir de tout sujet loyal est de se faire le ministre de la justice publique. Quelle que fût sa culpabilité, les circonstances de cet assassinat , commis sous le masque de l'amitié, ou mépris des serments les plus solennels, et en présence do dauphin , imprimèrent une tache indélébile sur le nom de ce prince. Peut-être la faute est-elle atténuée par sa jeunesse et par la violence de ses conseillers, et peut-être doit-on accorder quelque créance è ses protestations réitérées, qu’on l’avait tenu dans l'ignorance de ce projet jusqu'au moment de l'exécution L Cel événement tragique excita dans le royaume un sentiment général d’exécration et d'horreur. Tout autre intérêt fut oublié ; et l'ancien cri élevé pour le salut du pays se perdît dans le cri plus violent encore de vengeance contre les meurtriers. Les partisans du feu duc voyaient évidemment que leur sûreté dépendait de ïa ruine du dauphin et de la protection du roi d’Angleterre* La ville de Paris se Mla de conclure un armistice1; Philippe, ilh> et héritier do Jean, sollicita son aide et son amitié ; et Tsabeau 1 informa que tous les arrangements qu'il ferait avec ce prince seraient ratifiés avec empressement par Charles. Henri ne fut pas ïong a fixer le prix auquel il consentait h être le ministre de leur vengeance, ou plutôt do sa propre ambition. Il demanda la main delà princesse Catherine, la régence du royaume pendant la vie du roi, et la couronne è sa mort \2 déc.]. Aveuglés par là colère 6] l intérêt personnel , la reine et le duc y donnèrent leur assentiment. Dix semaines après le meurtre, ces importants préliminaires furent signés; on employa cinq mois à régler tes dispositions secondaires. Heurt s’y obligeait a constituer è Catherine le

h M outre! p i, 931. El lu, 335.

Ryun iï, 813, 815.

4 SS IIISTOIÜE ^ANGLETERRE,

revenu ordinaire d'une reine ^Angleterre, s’élevant a vingt mille nobles: a gouverner durant sa régence avec ravis d’un conseil if indigènes; à conquérir au profit do son beau-père les territoires dont le dauphin était en possession : h renoncer au litre de roi de France dm ant le règne de ce monarque : a réannexer la Normandie n la couronne de France dès qu’il m onterait sur le trôna J à maintenir les parlements, les pairs, les nobles, Les cités, Les villes, les communes et tous individus dans la pleine jouissance de leurs libertés; et à administrer la justice cou formémont aux lois et coutumes du royaume J. Enfin, accompagné de seiite mille h o dvd) es d'armes, il entra dans Troyes [20 mai l/i20Jt résidence de la cour de Franco1 2, La « paix perpétuelle ■» Tut ratifiée le Jmdemain [21 mai], par Isa beau et Philippe comme commissaires üc Charles; les parlements, les nobles, les citoyens et les communes, reconnaissant actuellement son autorité, jurèrent üe la respecter; et F union des deux couronnes fut célébrée avec toutes les démonstrations possibles de joie. Selon la coutume nationale, Henri ei Catherine furent d’abord fiancés Fun h l’autre. Puis, après un court intervalle, ie mariage fut célébré; et deux jours plus lard, lo a régent et héritier de France » partit do Troyes avec sa belle épouse pour prendre le commandement du siège de Sens 3,

Los opéra! ions de la campagne se bornèrent a la réduction de cotte ville, de Mon Lereau , c! de L'i mpotUvn te forteresse de M cl un *. A rapproche do limer, les rois et les reines firent leur entré© trunupliule dans la capitale [18 nov. . Charles avait convoqué les trois états du royaume; et dans un long discours il leur exposa [G déc-j

Page 1